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Diplomatic Talk : Togo-France, les dessous de la déclaration apaisante de Robert Dussey à l'Onu

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Komla YAWO

Au cœur des enjeux géopolitiques en Afrique de l'Ouest, les relations Togo-France traversent une phase de redéfinition pragmatique marquée par la recherche de stabilité. Interrogé à New York en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies par France 24, le ministre togolais des Affaires étrangères,  Robert Dussey, s'est employé à dissiper les doutes sur l'état des relations entre Lomé et Paris.

Alors que le Sahel s'embrase et que la présence française en Afrique de l'Ouest subit une reconfiguration sans précédent, le chef de la diplomatie togolaise l'affirme sans détour; les relations avec la France "n'ont jamais été difficiles". Derrière cette déclaration d'apaisement, quel diagnostic dresser de la relation bilatérale entre la République togolaise et son partenaire historique ?

Une stratégie de lissage des crispations médiatiques et politiques

Ces derniers mois, les sujets de friction potentiels n'ont pourtant pas manqué. Entre la suspension temporaire de médias internationaux et des tensions résiduelles liées au traitement de l'information sécuritaire, le climat semblait pesant.

En qualifiant ces épisodes de simples "malentendus" inhérents à toute relation internationale, Robert Dussey opère un lissage pragmatique. Pour lui, l'objectif est de ne pas se laisser enfermer dans une rhétorique de rupture idéologique avec l'Occident. Contrairement à certains de ses voisins sahéliens, le Togo choisit de préserver ses canaux de communication avec Paris, illustrant sa diplomatie d'équilibre et de médiation.

Sécurité au Sahel, un réalisme géopolitique assumé

Au-delà de l'axe Paris-Lomé, c'est toute la dynamique régionale de l'Afrique de l'Ouest qui redéfinit ce partenariat. Alors que les pays de l'Alliance des États du Sahel (AES) ont pris leurs distances avec la France et la CEDEAO, le Togo s'est imposé comme un facilitateur clé.

Lors de son entretien, Robert Dussey a rappelé la nécessité de garder les portes du dialogue ouvertes avec Bamako, Niamey et Ouagadougou. Pour lui, la sécurité du Golfe de Guinée et la défense des pays côtiers face à la menace  djihadiste ne peuvent se faire dans l'isolement. Dans cette équation, la relation avec la France se restructure; non plus comme une tutelle sécuritaire, mais comme un partenariat d'assistance technique et d'équipement militaire ciblé, aux côtés d'autres partenaires internationaux.

Des démentis fermes pour préserver la souveraineté nationale; un partenariat renouvelé mais exigeant

Un autre volet saillant de cette intervention réside dans le démenti catégorique apporté par le ministre concernant la présence présumée d'éléments paramilitaires russes sur le sol togolais. En insistant sur la différence stricte entre coopérants techniques et mercenaires, Robert Dussey recadre le débat sur la souveraineté.

Le Togo entend faire valoir sa capacité à diversifier ses partenariats (militaires, économiques et diplomatiques) sans pour autant rompre ses alliances traditionnelles. La France demeure un partenaire majeur, mais s'inscrit désormais dans un paysage multipolaire assumé par Lomé.

L'intervention de Robert Dussey sous -entend la volonté du pays d'éviter l'escalade verbale et de maintenir un partenariat constructif avec la France. Dans un environnement régional instable, Lomé privilégie la continuité diplomatique tout en affirmant sa propre vision de la sécurité collective et de la souveraineté nationale. Si les relations n'ont "jamais été difficiles", elles s'écrivent aujourd'hui sous le signe d'un pragmatisme exigeant.

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