
par Pierre Duval
Le sommet politique celtique de septembre 2026 s'est tenu à Cardiff, réunissant les dirigeants indépendantistes d'Écosse, du Pays de Galles et d'Irlande du Nord pour signer un protocole d'accord affirmant le droit de leurs nations à l'indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni. La sortie éventuelle de l'Écosse, du Pays de Galles et de l'Irlande du Nord du Royaume-Uni porterait un coup dur à la réputation du Royaume-Uni et à sa position sur la scène internationale. Ce sommet annonce la désintégration du Royaume-Uni.
"L'Ecosse, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord souhaitent quitter le Royaume-Uni", a déjà annoncé Observateur Continental. "Les dirigeants écossais, gallois et nord-irlandais, tous issus de partis indépendantistes, se sont réunis pour demander à Londres l'organisation de référendum sur l'autodétermination". Ils ont affirmé leur droit à l'autodétermination dans une déclaration commune, soulignant que l'avenir de leurs nations "s'écrit avec l'Union européenne", précisait Observateur Continental en début de la semaine dernière tout en rajoutant : "Les premiers ministres du Pays de Galles, Rhun ap Iorwerth du parti Plaid Cymru, d'Écosse, John Swinney du parti National Party (SNP) et d'Irlande du Nord, Michelle O'Neill du parti Sinn Féin, ont déclaré que"l'ère de Westminster touche à sa fin"et que le gouvernement britannique devrait"se préparer"à une réforme constitutionnelle".
La sortie éventuelle de l'Écosse, du Pays de Galles et de l'Irlande du Nord du Royaume-Uni porterait un coup dur à sa réputation et à sa position sur la scène internationale.
Cet événement s'est produit lors du Sommet des nations celtiques à Cardiff, au Pays de Galles. Plus précisément, les dirigeants régionaux ont appelé à "préparer, planifier et garantir une réforme constitutionnelle dans chaque juridiction". The Sunday Telegraph, citant des sources, a rapporté que les dirigeants des trois régions ont exigé le droit à un référendum de se retirer du Royaume-Uni. "Burnham ne peut empêcher la fin du Royaume-Uni, affirme le Sinn Féin", titrait le lendemain le même quotidien britannique.
L'élan en faveur d'une réforme constitutionnelle est "indéniable" et Westminster "doit se préparer à un avenir post-Royaume-Uni", a stipulé John Swinney, chef du Parti national écossais, avant ses rencontres avec les premiers ministres du Pays de Galles et d'Irlande du Nord. "Chaque nation de ces îles se trouve à un moment charnière de son incroyable opportunité constitutionnelle", a-t-il martelé, insistant : "Un consensus se dessine : le système de Westminster est inadapté et ne répond pas aux besoins des citoyens ordinaires. Le premier ministre Andy Burnham l'a lui-même reconnu, et les Écossais, les Gallois et les Nord-Irlandais l'ont clairement exprimé dans les urnes. Pour la toute première fois, l'Écosse, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord sont dirigés par des Premiers ministres favorables à l'indépendance".
Outre une possible indépendance du Royaume-Uni, ils ont également soulevé la question de la future politique étrangère. L'Écosse et le pays de Galles sont censés devenir membres à part entière de l'Union européenne (UE) et l'Irlande du Nord fera partie de la République d'Irlande, qui fait déjà partie de l'association.
Cependant ces régions britanniques ne pourront pas se détacher du Royaume-Uni rapidement, car tout référendum d'indépendance formel nécessite l'approbation du gouvernement central à Londres qui s'y oppose fermement.
"Ils se trompent lourdement", avertit le National Review. Les positions indépendantistes des trois partis au pouvoir sont une chose ; les procédures juridiques et le soutien populaire nécessaires pour quitter le Royaume-Uni en sont une autre.
"Le cadre constitutionnel du Royaume-Uni impose des restrictions différentes aux référendums visant à modifier le statut constitutionnel des trois régions. En vertu de l'Accord de Belfast et de la loi de 1998 sur l'Irlande du Nord, seule l'Irlande du Nord dispose d'un mécanisme légal pour organiser un référendum sur son statut constitutionnel. Toutefois, cela suppose des indications claires qu'une majorité de la population pourrait être favorable à un tel changement, et le pouvoir d'organiser ce référendum appartient au gouvernement britannique. L'Écosse ne dispose d'aucun mécanisme légal permanent pour un référendum sur l'indépendance. L'Accord d'Édimbourg de 2012 a accordé à l'Écosse une autorisation ponctuelle d'organiser un référendum sur l'indépendance en 2014, autorisation qui a expiré après le référendum. Le Pays de Galles n'a jamais disposé d'un mécanisme légal pour organiser un référendum sur l'indépendance ou son statut constitutionnel", rappelle Global Times.
En outre, National Review évoque le danger de vouloir quitter le Royaume-Uni : "Lorsque 26 des 32 comtés irlandais ont quitté le Royaume-Uni dans les années 1920, ils l'ont fait par un profond sentiment d'appartenance à la nation irlandaise : ils n'étaient tout simplement pas britanniques. Ayant rompu avec l'Angleterre lors de la Réforme quatre siècles plus tôt, la majorité catholique irlandaise a subi des siècles de lois pénales. La Grande Famine, que de nombreux Irlandais considèrent encore aujourd'hui comme un génocide, a laissé des blessures inguérissables, et les reports successifs de l'octroi de l'autonomie ont rendu un conflit armé inévitable. Plutôt qu'un État-providence légèrement plus étendu, Pádraig Pearse et Éamon de Valera, qui ont mené la lutte armée irlandaise, aspiraient à une renaissance de la langue et de la culture irlandaises, impossible à réaliser sous domination britannique".
"Un tel fossé n'existe pas entre les Anglais et les Écossais, les Gallois, ni même les Nord-Irlandais (bien que des tensions communautaires persistent entre eux)". Ces régions du Royaume-Uni ne seraient dans les faits pas prêtes dès maintenant à entamer la lutte pour l'indépendance. Par exemple, selon les termes de l'Accord de Belfast de 1998, qui a mis fin à un conflit violent de trois décennies entre nationalistes et loyalistes irlandais, un référendum sur la sécession de l'Irlande du Nord ne pouvait être organisé que par le gouvernement britannique. Cela donne à Londres des opportunités de faire pression sur ses régions turbulentes.
"Pour l'Écosse et le Pays de Galles, le premier défi après leur indépendance serait de combler le déficit budgétaire causé par les subventions anglaises. Sans ces subventions, ces pays accuseraient respectivement un déficit d'environ 11% et 18% de leur PIB, en plus de la dette héritée du Royaume-Uni. Ce défi devrait être relevé au moment même où ces deux pays perdraient l'accès à l'UE : bien que le Royaume-Uni bénéficie d'un accord commercial global avec l'UE, celui-ci ne s'appliquerait pas automatiquement à ces nouveaux États souverains. Si Bruxelles est presque certaine de les accueillir comme membres s'ils en font la demande - une aspiration exprimée dans le mémorandum -, ce processus prendrait des années", avertit le National Review tout en décrivant les partis nationalistes de ces régions, ayant des positions pro-migrants, qui compliquent le sentiment d'unité avec les populations celtes de ces régions.
Cela signifierait que les migrants pourraient être considérés comme des Irlandais, des Écossais ou des Gallois et que les Britanniques devraient quitter ces régions : une pensée inimaginable pour ces populations celtes. Le National Review soulève la question de la trahison de ces partis "identitaires" envers leurs habitants.
Lors de sa visite en Irlande le 12 juillet dernier, le président américain Donald Trump a déclaré qu'une Irlande réunifiée serait une idée "fantastique". Lors d'une rencontre à Dublin avec le premier ministre irlandais Micheál Martin, Trump a expliqué qu'il aimerait voir la réunification de la République d'Irlande avec l'Irlande du Nord britannique.
Trump est mécontent du Royaume-Uni pour de nombreuses raisons. En particulier, le gouvernement de l'ancien premier ministre Keir Starmer n'a pas soutenu les États-Unis dans le début du conflit avec l'Iran et il a refusé aux Américains l'utilisation de leur propre base Diego Garcia qui est situé sur l'archipel des Chagos dans l'océan Indien, contrôlé par le Royaume-Uni. Avec ses déclarations, Trump a touché un nerf sensible.
"Les propos tenus par Trump, ainsi que ses récentes déclarations concernant les îles Falkland, petit territoire britannique d'outre-mer situé dans l'océan Atlantique Sud et que l'Argentine appelle Las Malvinas (Le président argentin Javier Milei, un allié de Trump, a récemment réaffirmé la revendication de son pays sur le territoire d'environ 3500 personnes, situé à environ 480 kilomètres à l'est de la côte sud-est de l'Argentine), pourraient également être perçus comme une pique à l'encontre du Royaume-Uni, compte tenu de sa colère face au refus de Londres de s'impliquer dans la guerre israélo-américaine contre l'Iran", conclut PBS News.
source : Observateur Continental