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Belgique : deux Gazaouis hospitalisés après onze jours de grève de la faim à Bruxelles

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Depuis plus de dix jours à Bruxelles, cinq Gazaouis mènent une grève de la faim dans l'église Saint-Jean-Baptiste-au-Béguinage pour réclamer l'évacuation vers la Belgique de leurs proches, titulaires de visas, mais bloqués dans la bande de Gaza faute d'accord politique.

L'état de santé des grévistes s'est toutefois dégradé. Deux d'entre eux ont été hospitalisés après des malaises. Le premier a été transporté mercredi à l'hôpital Saint-Jean, tandis qu'un deuxième y a été conduit en ambulance vendredi. Tous deux y sont toujours hospitalisés.

"La situation des deux personnes est actuellement instable", a expliqué Ismaël Najar, qui participe également à la grève. L'un des deux hommes souffrirait notamment de problèmes gastro-intestinaux.

Les trois autres grévistes poursuivent leur action dans l'église du Béguinage. Malgré leur fatigue et l'hospitalisation de deux d'entre eux, ils n'envisagent pour l'instant pas d'y mettre fin.

Mohareb Mousleh, dont la femme et les quatre enfants se trouvent à Gaza, affirme qu'il n'a encore jamais rencontré son plus jeune enfant, âgé de trois ans. "En tant que père expatrié et malade, j'ai été hospitalisé à deux reprises. Je ne demande pas au gouvernement de modifier les lois ni d'exercer une quelconque pression. Je demande simplement que ma famille soit évacuée de cette zone de guerre", a-t-il déclaré.

Odey Abed, qui espère également obtenir l'évacuation de sa femme, a déploré pour sa part l'absence de réponse concrète des autorités belges après plusieurs réunions. "Jusqu'à présent, nous n'avons absolument rien reçu. Nous avons eu plusieurs réunions, mais concrètement, nous n'avons encore reçu aucune réponse du gouvernement belge", a-t-il affirmé.

À noter que plus de 1 840 Gazaouis ont obtenu un accord formel pour un visa de la part de l'administration belge, leurs dossiers ayant été validés par l'Office des étrangers, notamment pour des raisons humanitaires, médicales ou de regroupement familial. Mais ces personnes restent bloquées à Gaza, où elles ne peuvent pas se rendre au consulat belge ni quitter l'enclave.

Les grévistes demandent aux autorités belges de permettre l'évacuation de leurs proches, notamment de leurs enfants, vers un lieu sûr, en Belgique ou dans des pays comme l'Égypte ou la Jordanie. Ils invoquent les bombardements quotidiens, le manque de nourriture et les difficultés d'accès à l'enseignement dans la bande de Gaza.

La solution politique envisagée consisterait notamment à ce que le gouvernement belge adresse une demande d'évacuation au régime israélien. Mais le dossier reste bloqué en raison de désaccords entre les partis de la coalition fédérale.

Devant le Parlement jeudi, le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévôt, a appelé à prendre des mesures allant au-delà des règles existantes. "Malgré le fait qu'aucune obligation légale ne l'impose, la Belgique, selon moi, doit pouvoir prendre des mesures en matière d'évacuation de Gaza qui soient nouvelles et complémentaires", a-t-il indiqué.

En dépit de ces propositions et de la dégradation de l'état de santé de deux participants, la grève de la faim se poursuit, les grévistes affirmant vouloir obtenir une réponse des autorités belges concernant l'évacuation de leurs proches.

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