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Octobre Rose : des cancers radio-induits ? - avec le Dr Daniel Corcos

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À votre santé

Une émission du Dr Eric Loridan.

Invité : Dr Daniel Corcos, ex-chercheur à l'INSERM.

Thème : Octobre Rose - des cancers radio-induits ?

Chaque année, Octobre Rose nous rappelle une évidence : le cancer du sein reste un enjeu majeur de santé publique.

Dépister plus tôt pour traiter plus tôt. Depuis des décennies, ce principe est au cœur des campagnes de prévention.

Mais peut-on parler sérieusement du dépistage sans parler également de ses limites, de ses effets indésirables et des interrogations qu'il soulève ?

Dans ce nouveau numéro de "À votre santé", le Dr Eric Loridan reçoit le Dr Daniel Corcos, ancien chercheur à l'INSERM, pour aborder une question rarement placée au premier plan des campagnes destinées au grand public :

Les rayonnements utilisés pour dépister un cancer peuvent-ils eux-mêmes contribuer à en provoquer ?

La question peut déranger. Elle mérite pourtant mieux qu'une réponse passionnelle.

La mammographie utilise bien des rayons x

C'est un fait : la mammographie utilise des rayonnements ionisants.

C'est également un fait établi que l'exposition aux rayonnements ionisants peut augmenter le risque de cancer du sein, avec un risque qui dépend notamment de la dose reçue et de l'âge au moment de l'exposition.

Mais une troisième donnée est indispensable pour comprendre le problème : la dose compte énormément.

Les doses utilisées lors d'une mammographie moderne sont faibles. Le National Cancer Institute considère ainsi que le risque qu'une mammographie de dépistage provoque un cancer est très faible ; ses estimations théoriques évoquent jusqu'à environ un cancer du sein radio-induit pour 1000 femmes effectuant une mammographie annuelle entre 40 et 80 ans.

Ce chiffre ne signifie donc ni que le risque est nul, ni que la mammographie serait responsable d'une proportion importante des cancers diagnostiqués.

Et c'est précisément là que commence une discussion scientifique intéressante.

Bénéfices contre risques : la vraie question

En médecine, pratiquement aucun acte n'est dépourvu de risque.

La question pertinente n'est donc pas :

"Existe-t-il un risque ?"

Mais :

"Pour quelles personnes et à quel âge le bénéfice attendu est-il supérieur au risque encouru ?"

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC) reconnaît parmi les effets indésirables du dépistage mammographique les faux positifs, le surdiagnostic et le risque de cancer radio-induit. Mais son évaluation conclut également que, chez les femmes de 50 à 69 ans, les bénéfices du dépistage mammographique l'emportent nettement sur ce risque radiologique.

La cinquième édition du Code européen contre le cancer recommande aujourd'hui des programmes organisés de mammographie numérique tous les deux ans entre 50 et 69 ans, avec une extension à certains autres groupes d'âge pouvant être envisagée.

Alors, que faut-il questionner dans Octobre Rose ?

C'est probablement ici que le débat devient beaucoup plus large.

Faut-il présenter le dépistage comme une évidence identique pour toutes les femmes ?

Comment expliquer correctement le rapport bénéfice-risque ?

Quelle place accorder à l'âge, aux antécédents familiaux, à la densité mammaire ou à certaines prédispositions génétiques ?

À partir de quelle fréquence l'accumulation des expositions devient-elle pertinente ?

Que savons-nous réellement du surdiagnostic, c'est-à-dire de la détection de cancers qui n'auraient peut-être jamais provoqué de maladie clinique au cours de la vie ?

Et une femme invitée à participer à un dépistage reçoit-elle toujours suffisamment d'informations pour exercer un consentement véritablement éclairé ?

Car les limites de la mammographie ne se réduisent pas aux rayonnements : faux positifs, faux négatifs, examens complémentaires et surdiagnostics font également partie des effets indésirables documentés du dépistage.

Informer n'est pas dissuader

Parler des risques du dépistage ne signifie pas qu'il faudrait renoncer au dépistage.

Et défendre le dépistage ne devrait pas davantage conduire à taire ses limites.

Entre le slogan "faites-vous dépister" et son contraire "refusez la mammographie", il existe un espace essentiel : celui de l'information médicale, de l'évaluation individuelle du risque et de la décision éclairée.

C'est dans cet espace que le Dr Eric Loridan et le Dr Daniel Corcos confronteront analyses, données scientifiques et interrogations.

Une émission pour questionner le dépistage sans caricature, examiner ce que nous savons du risque radiologique et distinguer ce qui est établi, ce qui est estimé et ce qui demeure discuté.

Car une véritable politique de prévention ne devrait jamais demander de choisir entre la peur et la confiance aveugle : elle devrait donner à chacun les moyens de comprendre.

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