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À peine dix minutes après la première estimation des résultats, Elif Eralp est montée sur scène et a déclaré : "À partir d'aujourd'hui, nous allons changer ensemble notre Berlin et en faire un endroit meilleur". Dans la ville, "l'amour et la justice ont triomphé de la haine". Elle a été interrompue par les cris de "Alerte, Alerte, Antifasciste" de ses partisans. Car ici, tout le monde le sait : le succès de Die Linke a aussi servi à freiner l'AfD (malgré ses résultats dans le SPD de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale). "Ce signal parvient au monde entier", s'est exclamée Elif Eralp.
Dans son discours de 20 minutes, Elif Eralp a remercié toutes les personnes qui l'ont soutenue et ont rendu ce résultat possible : sa famille en Turquie, ainsi que tous ceux qui l'ont soutenue par des appels au vote, tant du monde culturel que des syndicats.
La stratégie Eralp contre Evers a porté ses fruits
Erik Peter
La stratégie de Die Linke a porté ses fruits lors de cette campagne électorale. Bien que la députée Elif Eralp fût une inconnue pour la majorité de l'électorat, son parti a décidé il y a un an de la désigner comme tête de liste et, depuis lors, un duel a été mis en scène entre Eralp et la CDU, faisant comme si le SPD et les Verts - qui jusqu'alors étaient à un niveau similaire dans les sondages - n'existaient pas.
Le thème récurrent : Elif Eralp contre Stefan Evers - le candidat tête de liste de la CDU [de 2016 à 2023, il a été secrétaire général de la CDU de Berlin et se caractérisait par ses dures critiques envers la gauche] - a monopolisé les gros titres de tous les médias : dans les débats diffusés par plusieurs chaînes de télévision privées, à la une des journaux nationaux et aussi dans une multitude de vidéos virales sur Internet. Lors du meeting de clôture de la campagne électorale de Die Linke, le vendredi 18 septembre devant l'hôtel de ville rouge, Elif Eralp était entourée d'un nombre de journalistes sans précédent pour cette section régionale de Die Linke. Alors qu'une victoire possible de la CDU ne promettait que le statu quo, la perspective d'une victoire de Die Linke a fait grimper l'émotion. La tête de liste a promis : "Nous allons écrire une page de l'histoire qui ne se limitera pas à l'Allemagne".
Avec ce duel en scène, Die Linke a dépassé les deux autres partis du bloc de centre-gauche lors des élections de dimanche : elle a clairement laissé derrière elle les Verts, qui ont obtenu environ 14,3 % des voix, et a largement dépassé le SPD, qui s'est arrêté à 12,1 %. Et pourtant, sans ces deux partis comme alliés, Elif Eralp ne deviendra pas la prochaine maire de Berlin.
Les 25,7 % des voix constituent un record historique pour Die Linke à Berlin. En 2001, le PDS (Parti du socialisme démocratique - Partei des Demokratischen Sozialismus)(1), dirigé par Gregor Gysi(2), avait obtenu 22,6 % après le scandale bancaire(3), ce qui ne lui avait toutefois valu que la troisième place.
Résultats à Berlin

Les bastions de Die Linke sont répartis dans toute la ville
La première place dans la capitale marque un tournant et a une grande signification symbolique, surtout comme réponse à la montée de l'AfD. De plus, Die Linke remporte pour la première fois des élections régionales grâce, entre autres, aux quartiers de l'ouest de Berlin. Ses bastions sont répartis dans toute la ville.
Il y a à peine deux ans, le parti était au plus bas, affaibli par la polémique autour de Sahra Wagenknecht [qui a rompu avec Die Linke en octobre 2023 puis a formé le BSW], et à Berlin, il s'approchait même du seuil des 5 %. Mais depuis, la tendance est à la hausse, surtout grâce à un nouvel élan après les élections fédérales de février 2025. Dix mille personnes ont adhéré au parti à Berlin. Aucun autre parti n'a autant de présence dans la capitale, que ce soit dans les assemblées de locataires, dans les campagnes de porte-à-porte, dans les collectes de déchets ou sur les réseaux sociaux. Le parti a frappé à un quart de million de portes, a annoncé le dirigeant du parti à Berlin, Maximilian Schirmer, à la clôture de la campagne électorale : "Aucun parti n'y était jamais parvenu lors d'élections régionales".
Mais cela ne suffit pas à expliquer pourquoi Die Linke a pu répéter, et même consolider, son succès des élections fédérales, où elle était déjà en tête dans la ville [Die Linke a obtenu 19,9 %, le SPD 15,1 %, les Verts 16,6 %, la CDU 18,3 %, l'AfD 15,2 % et les listes de parti]. La candidate elle-même a joué un rôle fondamental : elle a su se démarquer de ses rivaux, ne serait-ce que parce qu'elle n'est pas un homme nommé Stefan ou Steffen. Elif Eralp n'a même pas eu besoin d'insister sur son parcours d'immigrée, mais dans une ville où 42 % de la population est d'origine immigrée, et où beaucoup de ces gens, comme elle, sont d'origine turque, c'est un avantage. "Il n'est pas écrit que l'un de nous y parvienne", fut l'un de ses messages. Et après les élections en Saxe-Anhalt, Elif Eralp s'est présentée avec assurance comme "la réponse à l'AfD".
En même temps, Elif Eralp non seulement n'a commis aucune erreur pendant la campagne électorale, mais elle a gagné en assurance. Ses discours ne semblaient plus récités par cœur ; elle donnait la véritable impression de connaître les grands problèmes des Berlinois et Berlinoises par expérience personnelle, par exemple en expliquant qu'elle-même, en tant que mère, avait dû chercher un logement [la crise du logement est l'une des principales préoccupations sociales à Berlin]. En tant que candidate proche des gens, qui prône une politique inclusive, elle s'est rapprochée de plus en plus de la comparaison souvent faite avec le maire new-yorkais Zohran Mamdani, bien qu'elle n'ait pas suscité un véritable enthousiasme dans la ville.
La seule note discordante de ces dernières semaines a été le manque de volonté d'une partie de son parti de ne pas pousser trop loin la solidarité avec la Palestine jusqu'à ce qu'elle se transforme en antisémitisme, surtout après qu'un rappeur a loué les mérites de l'Intifada lors d'un meeting électoral de Die Linke à Neukölln(4). Elif Eralp elle-même, engagée depuis longtemps dans la lutte contre le racisme, a sans doute su défendre de manière crédible son opposition tant à l'antisémitisme qu'au racisme, mais aucun autre sujet ne l'a amenée à se prononcer aussi fréquemment.
Elle-même a bénéficié du soutien d'un appel au vote lancé par des survivants et des familles de victimes d'attentats d'extrême droite. Ce n'était pas un appel en faveur de Die Linke, mais en faveur d'Elif Eralp. La mesure dans laquelle les factions rebelles du parti ont néanmoins nui à la campagne ne se révélera peut-être que lors des prochaines négociations exploratoires ou de coalition.
Mais Die Linke a marqué des points non seulement grâce à sa candidate, mais aussi par le fond de ses propositions, en mettant l'accent sur les loyers, la collecte des déchets, le nettoyage urbain, la gestion des déchets et les transports publics. La chaîne dorée que portait la candidate, sur laquelle on lisait le slogan "limiter les loyers", était plus qu'un simple gag : elle exprimait que le parti avait réussi à se positionner comme l'option la plus crédible pour les locataires victimes d'abus dans la ville. Les contrôles des loyers abusifs et des frais de chauffage ont apporté une aide concrète à des dizaines de milliers de personnes, tout comme les rassemblements organisés dans les grands quartiers contre des groupes immobiliers peu scrupuleux ou indifférents. À cela s'ajoute toute une série de mesures en matière de politique du logement qui sont gardées dans les tiroirs, ainsi que la promesse d'impulser enfin la socialisation des grands groupes immobiliers.
L'application du référendum de 2021 [sur l'expropriation des entreprises immobilières de Berlin possédant plus de 3000 logements, avec leur achat par le gouvernement régional, a obtenu 60 % des voix], qui fut un véritable succès, devrait constituer le principal obstacle dans les négociations pour former une coalition de gauche. La tête de liste du SPD, Steffen Krach, a rejeté ce projet dès le départ. Mais les Berlinois et Berlinoises n'ont pas récompensé cette position du SPD.
Cinq leçons à tirer des élections
Kersten Augustin et Anna Lehmann
1. La solution pour faire face à l'AfD : unité et pouvoir d'achat
À première vue, Elif Eralp et Manuela Schwesig [candidate du SPD de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale] sont très différentes : l'une est une social-démocrate de centre, ferme partisane de baisser le prix du carburant ; l'autre, une socialiste, ferme partisane de l'expropriation [du secteur immobilier des grands propriétaires] ; l'une vient de la province, l'autre d'une grande ville. L'une a perdu les élections de justesse [voir le graphique], l'autre les a gagnées.
Cependant, si l'on regarde de plus près, elles ont beaucoup en commun. Elles démontrent comment il est possible de gagner face à l'AfD. Bien que le SPD de Manuela Schwesig ait finalement terminé derrière l'AfD, sa remontée a été impressionnante et elle peut continuer à gouverner. Elle a obtenu près de trois fois plus de points de pourcentage que son parti fédéral dans les sondages.
Die Linke à Berlin et le SPD en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale se sont concentrés sur la question du pouvoir d'achat et ont évité que le sujet délicat de l'immigration ne domine les campagnes électorales.
Manuela Schwesig a toujours rejeté les plans de réduction des pensions [proposés par le gouvernement fédéral]. En tant que ministre-présidente de la coalition "rouge-rouge" [SPD-Die Linke], elle incarne un SPD soucieux des familles et de la cohésion sociale. Elif Eralp et Die Linke de Berlin ont placé la question des loyers élevés au centre de leur campagne. Le thème principal des élections à Berlin était une question sociale. Et lorsqu'il s'agit de questions sociales, l'AfD n'a pas grand-chose à offrir.
Ces deux résultats électoraux le démontrent : il existe des alternatives à l'AfD. Les partis qui misent sur la solidarité et le pouvoir d'achat peuvent vaincre l'extrême droite. Deux femmes contre l'alternative brune : n'est-ce pas un bon présage ?
Résultats en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale

2. "Reprendre notre pays" : cela est aussi possible avec la gauche
L'AfD transmet le message suivant à ses électeurs : tout est possible, et pour cela, tout dépend de ton vote. À Berlin, Die Linke a réussi à faire sien ce message depuis la gauche. Selon les données sur le transfert des voix, elle a été choisie par plus d'anciens abstentionnistes que tout autre parti.
Pour y parvenir, Die Linke a osé montrer beaucoup d'émotion. "Nous luttons pour le grand amour", entend-on dans une publicité électorale du parti diffusée à Berlin. L'émotion peut aussi être positive, sans parier sur la division ni rêver d'une révolution d'extrême droite.
Die Linke a montré ce qu'elle défend, et pas seulement ce qu'elle combat. On lui a reproché que son projet d'exproprier les grands groupes immobiliers soit trop radical et peu réaliste. Cela n'a pas découragé ses électeurs, mais au contraire les a motivés à réagir avec une attitude provocante : "On verra bien !".
3. Les démocrates le prennent comme quelque chose de personnel
Les bons résultats électoraux du SPD à Schwerin [capitale du Mecklembourg-Poméranie] et de Die Linke à Berlin n'ont été possibles que parce que Manuela Schwesig et Elif Eralp ont su convaincre par leur personnalité. Manuela Schwesig, qui est en poste depuis neuf ans, a mené une campagne électorale entièrement sur mesure et a parcouru les 36 circonscriptions électorales en se faisant la porte-parole des personnes défavorisées. Quiconque voulait lui parler a eu largement l'occasion de le faire.
Die Linke a osé, avec Elif Eralp, parier sur une seule personne, tout comme Zohran Mamdani à New York : une candidate d'origine immigrée pour une ville post-migratoire. La campagne sur les réseaux sociaux s'est concentrée sur son parcours, et le nom d'Eralp occupait également une place de choix sur les affiches traditionnelles. Auparavant, ce culte de la personnalité était mal vu dans les partis de gauche. Aujourd'hui, nous savons que le socialisme et la célébrité ne sont pas incompatibles.
La crédibilité personnelle d'Elif Eralp explique aussi pourquoi Die Linke a obtenu de si bons résultats malgré les dénonciations d'expressions antisémites dans un secteur de la gauche. Eralp était crédible ; en tant que candidate, elle a réussi à éclipser les faiblesses de son parti.
L'importance de disposer de figures crédibles devient évidente, a contrario, dans les résultats de la CDU et du SPD. La CDU a changé son candidat à la hâte peu avant les élections, tandis que le SPD a présenté un candidat réimporté de Basse-Saxe.
Seule l'extrême droite semble ne pas avoir besoin de figures convaincantes : cette fois, l'AfD a remporté des élections régionales sans figure emblématique. Cela rend le résultat dans le nord-est particulièrement préoccupant.
4. Les problèmes de la CDU vont au-delà de Friedrich Merz
Le chancelier est plus impopulaire que tout autre avant lui. Non seulement il n'a apporté aucune aide pendant la campagne électorale, mais il a même nui ; son apparition avec un sandwich au poisson fut assez embarrassante.
Mais Merz est désormais un paratonnerre très bienvenu pour la CDU. Ainsi, les sections régionales du parti peuvent masquer le fait qu'elles ont elles-mêmes un problème. En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, on n'a pas besoin de la CDU pour le moment - et à Berlin non plus, d'ailleurs.
Dans ce grand Land [une population de 1,6 million, mais une grande superficie : le sixième des 16 Länder par sa taille], le parti a mené une campagne électorale qui a laissé une impression de désarroi. Il s'en est pris à la coalition rouge-rouge sans apporter la moindre idée sur ce qu'il ferait mieux. Une aide économique pour le permis de conduire et une prime de logement pour les familles ? Soyons sérieux !
À Berlin, l'Union a au moins résumé son vide programmatique avec une touche d'autocritique : "Il faudra revenir voter pour la CDU", pouvait-on lire sur ses affiches. Mais celui qui se présente comme le moindre mal ne peut pas gagner des élections. Il ne suffit pas de caricaturer Die Linke en la qualifiant d'extrémiste, sans avoir soi-même une réponse à la question de savoir comment on peut encore se payer un logement à Berlin.
Après la fin de l'ère Merkel, la CDU a donné libre cours à sa facette néolibérale et hostile à l'immigration en nommant Friedrich Merz président et candidat à la chancellerie. Il est maintenant temps de revenir à la tradition sociale-libérale, car la "CDU à l'état pur a tout simplement un goût trop amer pour garantir de bons résultats électoraux".
Il est regrettable que précisément le chancelier fédéral ne l'ait pas compris, comme cela est apparu clairement lors de son intervention la nuit des élections. Merz veut poursuivre les coupes sociales et semble vraiment croire qu'il suffit d'augmenter la dose pour que le remède fasse effet.
En réalité, la CDU démontre dans d'autres Länder qu'une certaine ouverture lui sied bien. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, par exemple, un partisan de la ligne dure en matière d'ordre public occupe le poste de ministre de l'Intérieur, tandis que l'ancien président de longue date de l'aile syndicale, la CDA (Christlich-Demokratische Arbeitnehmerschaft Deutschlands), est ministre des Affaires sociales et du Travail ! Dans six mois, il y aura des élections en Rhénanie-du-Nord-Westphalie ; Hendrik Wüst, qui dirige une coalition vert-noir, a de bonnes chances d'être réélu. Une autre CDU est possible.
5. La coalition rouge-rouge-verte ne peut que s'attirer des ennuis par elle-même
Dans ces deux Länder, l'opportunité se présente maintenant pour des gouvernements de centre-gauche. À Schwerin, Manuela Schwesig ne peut pas continuer à gouverner avec une orientation de gauche très modérée. Cependant, une alliance tripartite avec les Verts pourrait être envisagée.
À Berlin, la coalition rouge-rouge-verte [Die Linke, SPD, Grüne] dispose certes d'une claire majorité, mais les négociations peuvent être compliquées : même pas un peu d'expropriation, cela ne se fait tout simplement pas. Le SPD berlinois devrait mettre en pratique ce que le parti veut interdire au niveau fédéral et ce que son dirigeant a écarté pendant la campagne électorale. Et au sein même de Die Linke, face aux caisses vides, certains préfèrent rester dans la pureté de l'opposition plutôt que de se salir les mains avec des compromis.
Si la coalition rouge-rouge-verte finissait par échouer, ce serait non seulement fatal pour la majorité de gauche berlinoise, qui devrait continuer à cohabiter avec un maire de la CDU, mais cela constituerait aussi un signal tragique pour les prochaines élections au Bundestag : l'absence d'une alternative démocratique complique la lutte contre l'AfD.
Notes
(1) Le PDS, fondé en 1990, est issu du SED d'Allemagne de l'Est, fondé en 1946. En décembre 1989, une structure SED-PDS a été créée et, en février 1990, le PDS s'est consolidé en tant que parti, libéré du SED, mais principalement présent dans l'est de l'Allemagne. En juin-juillet 2005, dans le contexte des élections fédérales, une alliance s'est formée entre la WASG (Alternative électorale Travail et Justice) - une organisation regroupant des opposants à la ligne de Schröder au sein du SPD et des syndicalistes - et le PDS. Cette coalition s'appelle Linkspartei, ce qui a finalement donné lieu, en juin 2017, à la naissance de Die Linke, qui regroupe le PDS -1990- et le Linkspartei-PDS -2005- (Rédaction Al'Encontre).
(2) Gregor Gysi (né en 1948), membre du SED depuis 1967, s'est fait connaître sur la scène politique lors de la crise ouverte du régime de la RDA en novembre 1989. Il a été l'un des promoteurs de la transformation du SED en PDS. De 1990 à 2002, il a été député au Bundestag. Pendant une brève période, il a été ministre de l'Économie et maire adjoint de Berlin. Après s'être retiré de ses fonctions - il s'est vu, comme d'autres députés, sous pression médiatique pour l'usage privé de bons de voyage Lufthansa -, il est revenu sur la scène politique lors des élections de 2005 et a présidé le groupe parlementaire de Die Linke, d'abord aux côtés d'Oskar Lafontaine puis seul (Rédaction Al'Encontre).
(3) En juin 2001, la faillite de la Bank Gesellschaft Berlin est survenue, annonçant un trou de plus de 2000 millions d'euros. La ville-État de Berlin possédait 56,6 % de cette banque. Cette crise a été provoquée par l'effondrement du marché immobilier à Berlin et par une gestion tout sauf transparente de la part de ses dirigeants, issus de la CDU. Ce scandale a finalement donné lieu à de nouvelles élections (Rédaction Al'Encontre).
(4) Le samedi 29 août, le rappeur Dahabflex, lors du meeting électoral de Die Linke à Neukölln, un quartier multiculturel de Berlin, a lancé les slogans : "Yallah, yallah, Intifada, Cisjordanie, Palestine, Gaza" et "Mort aux Forces de défense d'Israël". Cela a provoqué de vives critiques de la part de la CDU, du SPD et des Verts, qui ont accusé Die Linke d'avoir des tendances antisémites, une accusation utilisée facilement en Allemagne. Dans ce contexte, Die Linke doit faire face à une double pression. D'une part, maintenir les liens avec des formations comme le SPD et les Verts pour former une coalition de gouvernement ; d'autre part, sa présence et les liens qu'elle a tissés avec les mouvements sociaux, parmi lesquels la solidarité avec la Palestine, aux côtés du thème du logement et de l'expropriation des spéculateurs. Elif Eralp, en ce qui concerne les slogans lancés par ce rappeur, s'en est distanciée, mais a souligné comment l'accusation d'antisémitisme est utilisée contre Die Linke. Elle a réitéré à plusieurs reprises son opposition au racisme et à l'antisémitisme (Rédaction Al'Encontre).
