
Andrea Marcigliano
Source: electomagazine.it
La Chine se taille, avec force et détermination, un nouveau rôle sur la scène internationale.
Et ce rôle correspond parfaitement tant à sa nature historique qu'à sa projection politique pour l'avenir.
Le rôle de médiateur. Ou plutôt de Grand Médiateur, celui qui cherche à apporter une solution politique aux différends internationaux.
En évitant qu'ils ne dégénèrent en conflits armés.
C'est le rôle que Pékin est en train de se tailler. Et non par quelque "pacifisme" idéologique. Bien au contraire, c'est précisément l'histoire de la Chine qui dicte l'agenda de la Cité interdite.
Pékin ne cherche pas à étendre son territoire à la manière d'un empire. Il cherche plutôt à exercer un contrôle sur les flux et les échanges commerciaux, tout en demeurant à l'intérieur de ses frontières, qui sont déjà extrêmement vastes.
Cela ne signifie naturellement pas une quelconque forme de neutralité. Ni, à plus forte raison, de "pacifisme".
Le gouvernement chinois poursuit des objectifs précis. Et il les poursuit avec une extrême détermination.
Parmi ceux-ci, le commerce avec la Russie joue un rôle primordial. La Russie est en effet un grand producteur de matières premières, en particulier de gaz et de pétrole, qui sont indispensables à la croissance de l'économie chinoise.
Vient ensuite la liberté de commercer et d'exporter dans le monde entier les produits de son industrie. La nouvelle Route de la soie 2.0 et le "noble collier de perles" maritime en sont les deux exemples les plus connus, bien qu'ils ne soient pas les seuls.
Le gouvernement chinois, les maîtres de la Cité interdite, préfèrent éviter autant que possible les confrontations directes.
Cela ne signifie toutefois pas qu'ils ne se préparent pas à la guerre.
Ils savent parfaitement qu'ils sont dans la ligne de mire de Washington. Et que seul l'enchevêtrement complexe des intérêts financiers rend plus difficile — ou, à tout le moins, retarde — le moment de la confrontation ou de l'affrontement avec les États-Unis.
Mais celui-ci viendra tôt ou tard. C'est pourquoi Pékin s'y prépare selon une logique typiquement chinoise.
Une logique difficile à comprendre pour nous, Occidentaux, et plus encore pour les Américains, qui considèrent que l'histoire n'a commencé qu'il y a deux siècles.
La Chine et les Chinois raisonnent selon des perspectives et des horizons temporels infiniment plus longs.
Et ils ont de la patience. Beaucoup de patience.