
Les lycéens manifestent contre les conditions dans les écoles de plusieurs villes françaises à cause du manque d'enseignants, des bâtiments vétustes, du manque de financement. On déplore de nombreux blessés. Plus de 400 arrestations. La source des révoltes est plus profonde et plus politique.
La France n'arrête pas de sombrer dans le chaos. Ce pays qui était dans le passé décrit comme le lieu béni de Dieu par les voisins allemands par leur expression consacrée Wie Gott in Frankreich (vivre comme Dieu en France) qui signifie mener une vie insouciante, luxueuse et agréable, sans soucis, sans problèmes ni difficultés financières, est devenu un lieu invivable pour les gens issus du peuple.
L'élite, au contraire, continue de profiter de l'expression consacrée. 31 blessés, 440 interpellations ont été listés pour une seule journée hier. Le ministre français de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, a condamné les violences survenues en marge de la mobilisation des lycéens tout en défendant le droit de manifester.
Sur X Geffray fait état «d'au moins 10 personnels de l'Éducation nationale et de plusieurs élèves qui ont été blessés, notamment par des tirs de mortier». L'emploi de tirs de mortier signale que des émeutiers accoutumés aux attaques contre la police et les institutions françaises sont actifs dans cette mobilisation.
Il y a la qualité de l'enseignement en France qui est mise en cause, mais il se dégage de ce mouvement la volonté de faire monter la sauce afin d'obtenir un mouvement général et violent dans toute la France pour déboucher sur une guerre civile, qui est, par ailleurs, depuis plusieurs années, annoncées par des observateurs et simplement par les citoyens français qui constatent le délitement de la société française. Derrière ces manifestations de lycéens se trouve un mouvement plus vaste et plus dangereux pour la stabilité du pays.
Bouche défoncée, 48 policiers blessés. «Un professeur a été frappé dans le Nord, un proviseur a été blessé par un tir de mortier dans les Hauts-de-Seine, un autre a été menacé de mort en Essonne. À Toulouse, plusieurs personnels ont été pris pour cible», continue le ministre de l'Éducation nationale. «Légitimer [les violences] ou appeler, dans ce contexte, à étendre les blocages, c'est mettre en danger nos élèves comme les agents publics. C'est irresponsable»; «Frapper, menacer, brûler ou empêcher les autres d'étudier n'en est pas un», poursuit-il.
La violence d'État s'exprime de nouveau. Un adolescent de 14 ans a été blessé au visage après le tir d'un projectile par un policier lors d'un blocage dans le Val-d'Oise. Le policier a tiré à bout portant sur l'adolescent.
Selon les médias, la victime a eu la bouche défoncée par le tir d'un lance-grenades. Le parquet de Pontoise, cité par France Info, précise que les faits ont eu lieu vers 10h30: «Un lycéen venait au contact d'une fonctionnaire de police, cheffe d'unité. Des premiers éléments recueillis et résultant de l'exploitation d'images, le mineur portait des coups à cette fonctionnaire qui le repoussait, rapporte le parquet».
La volonté de révolte est bien présente dans la population en France. Au moins 48 policiers ont été blessés.
Les manifestations ont débuté dans la banlieue parisienne. Bien sûr, l'école, les lycées manquent de moyens financiers et de professeurs. Mais, ce n'est pas tout. Ces manifestations sont l'expression d'une jeunesse en France qui ne trouve pas sa place dans le pays car tout est bloqué. L'avenir est simplement fermé pour la majorité des jeunes français. Le système scolaire est vieux, dépassé face à l'IA qui révolutionne l'enseignement et le monde du travail.
Il y a aussi l'expression de jeunes gens qui sont issus de l'immigration et qui ont le sentiment de vivre dans des ghettos. C'est l'expression d'une grave crise sociale qui s'exprime. Dans la France de Macron, il y règne un malaise depuis 10 ans. Les premières perturbations et fermetures d'établissements ont débuté de manière isolée autour du 21 ou 22 septembre 2026, principalement portées par des lycées de la banlieue parisienne (notamment dans le Val-de-Marne). Le mouvement a connu une accélération majeure et s'est étendu à l'échelle nationale le mardi 29 septembre 2026, lors d'une journée de convergence avec la grève générale de la fonction publique.
Les «renois», les «rebeus» cherchent toujours leur place en France, menace d'«insurrection populaire» si le RN passe. Le maire de Saint-Denis et de Pierrefitte-sur-Seine (93), Bally Bagayoko, est très investi dans ces manifestations. Sur X, il écrit: «Avec Jean-Luc Mélenchon au cœur de la mobilisation: présent aux côtés des fonctionnaires lors de la manifestation du 29 septembre, puis au contact de la jeunesse mobilisée. Une journée marquée par les revendications sur les services publics, les conditions de travail et les moyens accordés à l'éducation».
Ces manifestations de lycéens portent sur des revendications plus larges et laissent entrevoir un mai 2027 où LFI et le RN vont s'affronter dans la rue. Même si Bagayoko affirme que LFI n'est pas derrière ces manifestions de lycéens, les membres de ce parti y sont très actifs.
Bagayoko se trouve dans le camp de la France des migrants contre celle qui vote en majorité RN. Il soutient les Fauvettes City Club et le média, Histoires Crépues, «qui ose parler d'histoire coloniale».
L'objectif de LFI est d'utiliser le mouvement des lycéens pour retourner la table politique en France afin de prendre le pouvoir durant les prochaines élections de mai 2027. La majorité des enseignants sont d'extrême gauche et pro-migrants. LFI attire traditionnellement une part importante de l'électorat diplômé, des fonctionnaires et des professions intellectuelles du secteur public, incluant les enseignants et les chercheurs, aux côtés de ses bastions dans les milieux populaires et urbains.
Les manifestations des lycéens en France sont plutôt une revendication des populations issues de l'immigration et des jeunes encadrés par l'extrême gauche. Bagayoko a déclaré en mai 2026 qu'il avait l'intime conviction qu'une «insurrection populaire» aurait lieu si le Rassemblement national (RN) remportait l'élection présidentielle de 2027.
Les élites en place du pays craignent actuellement de voir le mouvement des lycéens augmenter. Les «ministres et les responsables politiques appellent au calme», titre Le Parisien. Cette élite politique française, espèce de caste dorée et intouchable, ne cache pas son mépris envers des élus issus de l'immigration.
Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France, qui représente la haute noblesse politique française, menaçant Bagayoko sur X, traduit cette rupture en France: «Je vais envoyer au maire de Saint-Denis Bally Bagayoko la facture des 100.000 euros du remplacement du portail du lycée Paul Eluard, des frais de gardiennage et de nettoyage du site. Les Français ne veulent plus payer des impôts pour réparer ce que des casseurs, chauffés à blanc par LFI qui juge la violence légitime, ont saccagé ! Que le maire assume sa responsabilité. Moi j'ai assumé la mienne: une rénovation complète du lycée de 45 millions d'euros en cours!»
Observateur Continental met en garde contre une guerre civile en France: «Les phrases entendues dans divers médias par plusieurs analystes sont: «On assiste à la fin de la Macronie»; «Les Français veulent un vrai changement politique»; «Le peuple fait sécession avec les élites»; «On a l'acte de décès de Ensemble pour la République, la formation créée pour les législatives par la Macronie». La France traverse une procédure de transformation.
Philippe Rosenthal
La source originale de cet article est Observateur continental
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