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🇺🇸 01/10/2026 reseauinternational.net  9min ⁑️ 8 #328447

La sécurité nationale américaine, une arnaque inusable

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par Philip Giraldi

Qui fait quoi à qui ?

Fut un temps où les États-Unis d'Amérique étaient convaincus que, protégés par de vastes océans à l'est et à l'ouest, et entourés au nord et au sud de pays amis qu'ils dominaient économiquement et militairement, ils seraient à l'abri de toute menace émanant d'une nation étrangère, voire d'une coalition de nations. Washington était convaincu de pouvoir vaincre n'importe quel adversaire dans une guerre conventionnelle et, en cas d'extrême nécessité, sa capacité nucléaire lui conférait un avantage unique et décisif qu'aucun ennemi n'oserait défier, après Hiroshima et Nagasaki.

Cet âge d'or, qui a couvert quelques années après la Seconde Guerre mondiale, n'a toutefois été que de courte durée car les décideurs politiques à Washington ont pris conscience que l'Union soviétique, autrefois alliée contre Hitler, représentait une grave menace transnationale en raison de l'adhésion de son gouvernement à la doctrine politique du "communisme". Le "communisme" était ce poison politique capable de porter atteinte au capitalisme alors souverain aux États-Unis et, à ce titre, constituait une menace croissante pour la sécurité nationale avec l'implantation et la montée en puissance des partis communistes dans toute l'Europe comme dans quelques parties de l'Asie et de l'Amérique latine. Pour bien souligner les implications potentiellement fatales de cette menace, les Soviétiques ont même réussi à mettre fin au quasi-monopole nucléaire américain grâce à l' opération d'espionnage de Julius et Ethel Rosenberg, qui a révélé entre autres à Moscou des secrets hautement classifiés sur l'armement nucléaire.

Du jour au lendemain, les Américains ne semblaient plus vraiment en sécurité. La crainte que l'Asie du Sud-Est ne succombe au rouleau compresseur communiste a déclenché la guerre de Corée, même si ni l'orientation politique de la Corée ni ses capacités militaires ne représentaient une menace plausible pour les États-Unis. La peur du communisme a persisté longtemps après la fin de la guerre de Corée qui s'est soldée par un armistice toujours en vigueur, pour finalement entraîner la guerre du Vietnam, où les Nord-Vietnamiens, soutenus par la Chine communiste et la Russie, représentaient selon les États-Unis une menace pour leurs alliés dans la région. Pourtant, le faux incident du golfe du Tonkin aura été nécessaire pour entraîner les États-Unis dans ce conflit où 58 000 Américains et près de 2 millions de Vietnamiens ont été tués.

Pendant et après la guerre du Vietnam, la perception de la menace s'est déplacée géographiquement pour se focaliser sur les événements en Amérique latine et dans les Caraïbes, qui, il faut l'admettre, sont tout de même plus proches de la "maison-mère". La CIA s'est activement employée à renverser les régimes de gauche dès leur apparition, notamment Salvador Allende au Chili en 1973, avantageusement remplacé par le général Augusto Pinochet, favorable à Washington.

Les États-Unis se sont aussi consacrés avec ardeur à leur stratégie de défense face aux Soviétiques en Europe, par le biais de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), qui, en théorie, était censée constituer un rempart contre l'expansion communiste. Les États-Unis ont été le pilier de cette alliance, fournissant la plupart des soldats et des fonds. Lorsque l'Union soviétique s'est effondrée en 1991, les contribuables américains finançaient déjà un budget militaire supérieur à celui de la plupart des grandes nations du monde confondues, tant sur le plan économique que politique. Ils étaient considérés comme la seule superpuissance. Puis vint le 11 septembre et la sécurité nationale est revenue sur le devant de la scène avec George W. Bush, qui s'est autoproclamé "le nouveau shérif en ville", sa vision binaire divisant le monde entre les nations "avec" les États-Unis, et les "contre".

Le budget de la "défense" a augmenté proportionnellement à la menace perçue, pour soutenir une politique étrangère interventionniste et active. Les déclarations se sont succédées, laissant entendre que la sécurité nationale américaine serait menacée par la majeure partie du monde. C'est du moins ainsi que la situation a été présentée, justifiant l'ouverture de centaines de nouvelles bases militaires américaines aux quatre coins du monde. Cette perception s'est notamment manifestée de manière très virulente dans les interactions avec des pays comme la Syrie, l'Irak et, plus récemment, l'Iran, dont aucun ne représente quelque menace que ce soit pour les États-Unis. Et cette campagne de "peur" relayée par les médias nationaux a été renforcée par l'influence politique considérable et croissante du puissant lobby israélien aux États-Unis, qui a su exploiter et manipuler les prétendues préoccupations sécuritaires avancées par l'État juif pour corrompre le Congrès et la Maison Blanche, et présenter les intérêts israéliens comme des "impératifs de défense" nationaux américains.

Le gouvernement américain pense donc que la "sécurité nationale" est la carte à jouer en cas de besoin, quand il faut faire croire au public qu'il est en sécurité, même s'il n'est évidemment absolument pas en danger ni soumis à aucune menace. Lors de la récente élection au poste de gouverneur de Virginie, la gagnante, ancienne agente de la CIA, a jugé opportun de se vanter d'avoir "assuré notre sécurité". Exploiter la peur est une technique éprouvée pour soutenir des politiques sans lien avec la moindre menace internationale. Notre gouvernement actuel nous espionne et s'immisce dans la vie des citoyens ordinaires comme jamais auparavant, et explique que c'est juste pour assurer notre sécurité. Mais même si la plupart des gouvernements savent se comporter de manière répréhensible et ne se privent pas de le faire, la peur exploitée à outrance par Donald J. Trump a largement outrepassé ce que ses prédécesseurs avaient instauré au nom de la "sécurité", alors qu'ils sont au service de lobbies tels que les Israéliens et les industriels de la défense.

Trump, au cours de son premier mandat en 2018, a déjà invoqué la "sécurité face à une menace internationale" alors que ce sont ses décisions qui menacent la sécurité des États-Unis et du Moyen-Orient. C'est là qu'il a déchiré le Plan d'action global conjoint (JCPOA) de Barack Obama qui engageait l'Iran à se soumettre à des inspections régulières de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour s'assurer qu'il ne développe pas d'arme nucléaire. Fidèle à lui-même, Trump a joué la carte de la sécurité nationale en faisant ce qu'Israël lui avait vraisemblablement ordonné de faire, affirmant que les Iraniens trichent et développent secrètement leurs propres armes nucléaires dans des installations dissimulées aux inspecteurs. Comme on pouvait s'y attendre, il n'a pas fourni l'ombre d'une preuve à l'appui de ces allégations. Les services du renseignement américains ont par la suite confirmé des informations fiables attestant que l'Iran a renoncé en 2003 à tout programme nucléaire militaire. En d'autres termes, Trump a menti et s'est plié aux exigences d'Israël sur une question où les intérêts réels des États-Unis étaient tout autres, justifiant ses décisions en invoquant l'existence d'une "menace".

Depuis le début de la guerre d'Israël et des États-Unis, en février 2026, contre un Iran qui ne représente aucune menace, les déclarations de Trump sur les relations avec les Perses ont invariablement repris sa conviction affichée d'avoir empêché les Iraniens de se doter de l'arme nucléaire - une menace pour les États-Unis. Ce n'étaient bien sûr que des mensonges. Et pour aggraver encore son tristement célèbre déni de réalité, il est allé jusqu'à menacer de détruire complètement l'Iran au moins sept fois, appelant à ce que le pays soit "ramené à l'âge de pierre" et/ou "anéanti", tout récemment encore lors de son discours devant les Nations unies la semaine dernière. Évoquer 90 millions de Perses morts comme thème de discours à l'Onu semble indiquer que Trump est encore plus sanguinaire que son bon ami "génocidaire", le premier ministre Benjamin Netanyahou.

Et semble-t-il, Trump ne sait pas s'arrêter. Il a menacé les membres de l'OTAN parce qu'ils n'ont pas réagi à la "menace" que l'Iran ferait peser sur la sécurité américaine. Sans oublier cette série de monologues diffamatoires typiques de Trump où il se plaint de ses alliés de longue date, le Canada et le Groenland, en insistant invariablement sur la menace qu'ils représenteraient, selon lui, pour la sécurité des États-Unis. Et ils devraient s'estimer heureux d'avoir été traités avec tant de ménagement ! Quant à la menace posée par une Cuba "communiste", le président n'a eu que ceci à ajouter la semaine dernière :

"Je pense que je vais avoir l'honneur de conquérir Cuba. Ce serait une bonne chose. Ce serait même un grand honneur. Je peux la libérer. Je peux la conquérir. Je pense que je peux en faire ce que je veux".

Trump a aussi sorti l'épouvantail de la "sécurité nationale" pour deux de ses principales folies à Washington DC, alors qu'il cherche à transformer la ville en "Trumpland". La première, c'est sa salle de bal bling-bling pour laquelle il a fait démolir l'aile Est de la Maison Blanche. Lorsque le projet a pris des proportions gigantesques et que "Trumpster" a réalisé qu'il ne pourrait pas le financer, il a fortifié le sous-sol, déclarant que ces modifications, soi-disant recommandées par l'armée et les services secrets, seraient indispensables pour la sécurité. Ce n'est bien sûr qu'une ruse pour que le budget du Pentagone couvre l'achèvement des travaux et permette à la "salle de bal Trump" de voir le jour. Idem concernant l'ignoble Arc de Triomphe - ou devrait-on plutôt dire "Arc de Triump", car c'est bien ce qu'il est en réalité. Alors que les coûts estimés de son extravagance, qui va obstruer la vue sur le cimetière national d'Arlington et le mémorial de Lincoln, grimpent en flèche, un dispositif de sécurité a été ajouté. Il y aura désormais des postes de snipers au sommet de l'édifice et, vraisemblablement, à l'intérieur aussi, dissimulés derrière des ouvertures pratiquées sous le toit pour tirer à couvert. Un dépôt de munitions est aussi prévu pour que personne ne se retrouve à court, sans oublier un espace de stockage pour les drones pouvant être utilisés pour éliminer des cibles plus importantes.

On peut présumer que Trump n'hésitera pas à dire "feu" sur des touristes vraisemblablement illégaux rassemblés près des monuments de Washington, et qu'il ordonnera certainement des lâchers de drones sur la Maison Blanche, le Capitole et les bâtiments du Congrès si les Démocrates devaient en prendre le contrôle après ce qu'il qualifiera de fraude électorale. Mais pas d'inquiétude ! Une bonne raison, liée à la sécurité nationale, sera certainement invoquée en 2028 pour faire enfermer les Démocrates et nous offrir quatre années de plus avec Donald Jr Trump...

source :  The Unz Review via  Spirit of Free Speech

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