🗺️ 01/10/2026 french.presstv.ir  4min ⁎️ 3 #328505

Washington aurait pressé Paris et Berlin de puiser dans leurs réserves d'urgence de diesel

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L'administration Trump presse la France et l'Allemagne de libérer une partie de leurs réserves de diesel, en agitant la menace d'interdire les exportations de diesel américain, qui pourrait faire bondir les prix de 40 % à 50 % en Europe.

Donald Trump met la pression sur la France et l'Allemagne. Son administration a demandé à Paris et Berlin de puiser dans leurs stocks de diesel pour faire baisser les prix mondiaux du carburant, sous peine d'interdire les exportations de gazole américain dont dépend l'Europe, ont déclaré trois personnes proches des discussions à l'agence Reuters.

Une source, basée dans une capitale européenne, a indiqué que les États-Unis ont demandé à l'UE de libérer 120 millions de barils de diesel au cours des six prochains mois, soit une quantité très significative par rapport aux réserves connues des pays européens. La Commission européenne, l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Irlande et la Grande-Bretagne en discutent ce jeudi, a dit à Reuters un responsable de l'UE.

"Alors que les États-Unis et le Japon respectent leurs engagements, plusieurs pays membres européens n'ont libéré qu'une fraction du pétrole brut et des produits pétroliers promis. Nous exhortons chaque pays membre à honorer ses engagements", avait précédemment indiqué Chris Wright, le secrétaire d'État à l'Énergie, le 29 septembre.

Le président américain Donald Trump a redit mercredi qu'il envisageait toujours une interdiction des exportations de diesel américain, pour détendre les prix aux États-Unis à l'approche des élections de mi-mandat prévues en novembre. Le gazole bat record sur record outre-Atlantique, où il a atteint un plus haut à 6,53 dollars le gallon (3,78 litres) en moyenne cette semaine, pesant lourdement sur les transports et l'agriculture.

Toutefois, en notant mercredi qu'un embargo sur le diesel cela pourrait "faire augmenter le prix d'autres produits" pétroliers, Donald Trump semble conscient des risques que ferait courir une telle interdiction, y compris pour l'économie américaine, et semble préférer faire pression sur l'Europe pour libérer des stocks afin de calmer les cours.

Les États-Unis exportent actuellement plus de 1,5 million de barils de diesel par jour. Une interdiction des exportations pourrait donc conduire à court terme à une baisse de l'ordre de 30 % des prix du gazole sur le sol américain, mais risque de provoquer une flambée de 40 % à 50 % des prix du diesel en Europe, selon une étude d'Oxford Economics. Dans le cas de la France, cela pourrait faire bondir les prix bien au-delà de la barre des 3 euros le litre.

Dépendance au gazole américain

Selon les dernières données d'Eurostat, en mai 2025, les pays de l'Union européenne détenaient des réserves de 39 millions de tonnes de diesel, soit environ 290 millions de barils. La France avait de loin les plus grandes réserves (21 % du total), devant l'Allemagne et l'Espagne.

En mars, l'Agence internationale de l'énergie avait annoncé le déblocage de 400 millions de barils de pétrole, dont 20 % venaient de l'Union européenne, mais tous n'ont pas encore été mis sur le marché. "Environ les deux tiers ont été libérés et sont arrivés sur les marchés, et le tiers restant est encore à venir", a précisé Fatih Birol, le président de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), le 29 septembre.

Ces vingt dernières années, une trentaine de raffineries ont fermé sur le sol européen, obligeant le Vieux Continent à importer de plus en plus de carburant, et notamment de diesel. Progressivement, l'Europe est devenue de plus en plus dépendante du carburant américain après avoir interdit les importations russes et après que l'agression américano-israélienne contre l'Iran a perturbé les approvisionnements en provenance du Moyen-Orient.

"L'Europe est l'une des régions les plus exposées - voire la plus exposée - en matière de diesel, car l'Europe importe une quantité massive de diesel et nous entrons dans la période difficile, la saison hivernale", avait déclaré Fatih Birol, le président de l'Agence internationale de l'énergie, en début de semaine.

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