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Raffinerie aux États-Unis. [Photo d'illustration]
Washington demande à la France et à l'Allemagne de libérer davantage de gazole de leurs réserves stratégiques et menace, en cas de refus, de limiter les exportations américaines. L'Europe est fragilisée par la baisse de ses capacités de raffinage et les perturbations des approvisionnements russes, chinois et moyen-orientaux.
Les États-Unis accentuent la pression sur l'Europe pour tenter d'enrayer la flambée mondiale du gazole. L'administration Trump a demandé à la France et à l'Allemagne de puiser davantage dans leurs stocks d'urgence, faute de quoi Washington pourrait restreindre ses propres exportations de diesel. Une menace sensible pour l'Europe, devenue plus dépendante des cargaisons américaines après la chute de ses capacités de raffinage et la disparition d'une grande partie des approvisionnements russes.
Washington souhaiterait que l'Union européenne libère environ 120 millions de barils sur six mois. Paris et Berlin sont particulièrement visés car ils concentrent à eux deux près de 35 % des réserves européennes de gazole et de diesel. L'UE impose à ses États membres de conserver l'équivalent d'au moins 90 jours d'importations nettes ou 61 jours de consommation intérieure. Les gouvernements hésitent donc à entamer davantage ces stocks alors que la situation énergétique reste très incertaine. Face à cette situation, Macron appelle les pays du G7 à "agir de manière concertée, sans restriction aux exportations".
Une Europe sans solution
Néanmoins, la tension dépasse largement le face-à-face transatlantique. La guerre avec l'Iran a perturbé les flux pétroliers du Moyen-Orient, tandis que la Russie a prolongé jusqu'à fin octobre son interdiction d'exporter du diesel. La Chine a elle aussi suspendu une partie de ses ventes de produits raffinés. Résultat, le gazole européen a dépassé les 1 500 dollars la tonne, dans un marché où les capacités disponibles se réduisent rapidement.
Les États-Unis subissent eux-mêmes cette pénurie. Leurs stocks de diesel sont tombés à leur plus bas niveau saisonnier depuis plus de quarante ans, tandis que les exportations américaines ont progressé de plus de 20 % en un an, à environ 1,3 million de barils par jour. À l'approche des élections de mi-mandat, Donald Trump cherche donc à faire baisser les prix domestiques, quitte à menacer ses partenaires européens.
Pour l'Europe, le dilemme est clair : libérer ses réserves pour calmer les prix aujourd'hui, ou les préserver afin de disposer d'un filet de sécurité si la crise énergétique mondiale devait encore s'aggraver.
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