📉 03/10/2026 french.presstv.ir  4min ⁎️ 6 #328649

France : la crise de la dette fait craindre un risque de contagion à la zone euro en cours

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La Banque centrale européenne (BCE) pourrait être confrontée à un dilemme alors que les tensions sur le marché obligataire français s'intensifient et que la hausse des rendements accroît la pression sur les responsables européens.

Selon les éléments rapportés par BFMTV, la question porte notamment sur la possibilité pour la BCE de recourir à son instrument de protection de la transmission (IPT), créé en 2022 pour limiter les écarts excessifs entre les coûts d'emprunt des différents États de la zone euro.

Le "spread", qui correspond à l'écart de rendement entre les obligations françaises et allemandes à dix ans, a atteint vendredi son niveau le plus élevé depuis 2011. Cette évolution alimente les spéculations sur une éventuelle intervention de la BCE.

Créé en 2022 dans le contexte de la crise obligataire qui touchait notamment l'Italie, l'IPT vise à garantir une application homogène de la politique monétaire dans l'ensemble de la zone euro et à éviter une fragmentation des marchés.

L'instrument permet à la BCE d'acheter des obligations d'État lorsqu'elle considère que les dynamiques de marché sont "injustifiées et désordonnées" et qu'elles représentent une menace pour la transmission de la politique monétaire dans la zone euro.

La situation française pose toutefois une difficulté particulière. Les taux d'emprunt de la France se rapprochent de 5 %, un niveau qui n'avait plus été atteint depuis 2012. La hausse des taux est notamment liée aux inquiétudes concernant la dégradation des finances publiques françaises et au contexte politique.

Selon Piet Christiansen, stratège en chef à la Danske Bank, cité dans les éléments rapportés par BFMTV, "l'élargissement de la propagation est justifié compte tenu de la position budgétaire et de l'incertitude politique", rapporte BFMTV.

"Mais c'est aussi ce qui complique la vision du marché sur la BCE. Si cela entrave la transmission de la politique monétaire, c'est un travail pour la BCE. Si ce n'est pas le cas, laissons le marché fixer le prix des conducteurs sans intervenir", a-t-il ajouté selon la même source.

Le principal problème pour la BCE réside dans les conditions d'utilisation de l'IPT. Si la hausse des taux français résulte en partie de la dégradation des finances publiques liée à la politique menée par la France, une intervention de la BCE pourrait être considérée comme un soutien ciblé à la dette d'un État membre.

Or, l'achat d'obligations dans le cadre de l'IPT est destiné à répondre à des mouvements de marché considérés comme "injustifiés et désordonnés". Un soutien direct à la dette française pourrait ainsi entrer en contradiction avec les règles encadrant l'action de la BCE.

Malgré ces difficultés, plusieurs experts estiment que l'institution pourrait être amenée à utiliser son instrument de protection de la transmission si les tensions venaient à s'étendre à d'autres pays de la zone euro.

Jusqu'à présent, les responsables de la BCE n'ont pas indiqué s'ils étaient prêts à intervenir. Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, a déclaré cette semaine que le seul objectif de la BCE était la stabilisation de l'inflation autour de 2 %, toujours selon BFMTV.

De son côté, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, s'était montrée optimiste le mois dernier à Dublin, alors que l'écart de rendement entre les obligations françaises et allemandes était encore plus faible. Elle avait également insisté sur la nécessité de considérer le contexte plus large.

Cette position pourrait toutefois devenir plus difficile à maintenir si les tensions françaises commençaient à se répercuter sur les pays voisins présentant eux aussi des niveaux d'endettement élevés.

L'Italie a déjà enregistré une hausse de son écart de rendement avec les obligations allemandes, même si celui-ci demeure à un niveau nettement inférieur à celui observé par le passé.

La question centrale reste donc celle de la capacité de la BCE à distinguer une perturbation injustifiée et désordonnée des marchés d'une hausse des taux reflétant les inquiétudes des investisseurs concernant les finances publiques françaises.

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