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Soldats de l'armée éthiopienne. [Photo d'illustration]
Une milice alliée au gouvernement fédéral éthiopien a affirmé avoir pris le contrôle du principal aéroport de la capitale tigréenne, Mekelle, que les forces du TPLF auraient désormais quitté et qui serait actuellement dépourvu de toute présence sécuritaire.
La milice progouvernementale des "Tigray Peace Forces" (TPF) a indiqué dans un post sur X, publié dans la soirée du 2 octobre, avoir "pris le contrôle total de l'aéroport de Mekelle Alula Aba Nega", alléguant dans la même publication être en train de "libérer la ville de Mekelle", capitale de la région du Tigré et bastion des forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Pour l'heure, aucune source indépendante n'a encore pu vérifier la véracité des affirmations de la milice et les autorités éthiopiennes n'ont encore émis aucun commentaire officiel à ce propos.
Les forces du TPLF auraient quitté leur capitale, Mekelle
Citant un journaliste local et des témoignages d'habitants, l'AFP a, pour sa part, indiqué que les forces du TPLF ont abandonné leur capitale, Mekelle, ce 3 octobre. D'autres sources de presse avaient signalé, la veille, une offensive des forces gouvernementales éthiopiennes et de leurs groupes armés alliés dans la région du Tigré, dans le nord de l'Éthiopie, après le début des combats qui ont éclaté le 23 septembre. D'après le journaliste local, "les militants et les dirigeants du TPLF quittent Mekelle", précisant que les forces gouvernementales n'ont pas encore été aperçues dans la ville.
Des témoignages d'habitants de Mekelle ont, de leur côté, fait savoir que les commissariats et les bureaux gouvernementaux seraient désormais dépourvus de la présence de personnel sécuritaire, faisant craindre des actes de pillage. "Je crains que l'anarchie ne se propage dans la ville, et je crains aussi pour ma vie. Je souhaite que nous retrouvions rapidement l'ordre public", a déclaré un autre habitant à l'AFP.
Pour l'heure, le TPLF n'a encore émis aucun commentaire officiel concernant ces informations.
Le TPLF opterait-il pour une guerre mobile ?
Le retrait présumé des forces du TPLF serait survenu après les déclarations de leur président, Debretsion Gebremichael, qui a suggéré la possibilité d'un recours à des tactiques de guerre mobile plutôt que de tenter de tenir chaque ville et chaque position. Le dirigeant avait d'ailleurs reconnu, lors d'une allocution télévisée le 1ᵉʳ octobre, des pertes territoriales, affirmant dans la foulée que ses forces mèneraient une contre-attaque "en temps voulu". Selon des analyses de médias africains, cette stratégie des forces du TPLF laisse supposer que les retraits des territoires et des villes tigréennes ne signifient pas forcément la fin des combats.
Crise diplomatique régionale
Le retour des hostilités dans le nord éthiopien a été suivi par une crise diplomatique régionale, notamment avec le voisin érythréen. Addis-Abeba a, en effet, fermé son ambassade à Asmara et expulsé dix diplomates érythréens le 1ᵉʳ octobre, accusant l'Érythrée d'activités hostiles et de soutien aux forces opposées au gouvernement fédéral éthiopien. Le gouvernement érythréen a nié ces accusations d'implication dans le conflit et a rompu à son tour ses relations diplomatiques avec son voisin du Sud. L'Égypte et le Soudan sont également accusés par l'Éthiopie de soutenir les mouvements opposés au gouvernement, des allégations qui ont aussi été démenties par Le Caire et Khartoum.
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