
Par Pepe Escobar, le 2 octobre 2026
Nous avons eu droit à un spectacle en prime time - en réalité un double canular : le 11 septembre remixé sur FlyDubai.
Le 30 septembre - date butoir d'une éventuelle riposte militaire iranienne contre le blocus naval de Trump - est passé sans nouvel incident. L'Iran est resté sur ses positions - sans pour autant intervenir contre la marine américaine "bloqueuse" (mais de si loin). Mais le show doit continuer. En guise de plan B, on a eu droit à un spectacle en prime time - en réalité un double canular : le 11 septembre remixé sur FlyDubai.
Cette manœuvre pathétique n'a jamais été une "attaque terroriste". Il s'agissait d'une opération psychologique du Mossad au scénario médiocre avec une multitude de figurants invraisemblables, dont un plombier qui aurait pris le contrôle de l'avion parce qu'il "a vu ça à la télévision".
Les manipulateurs n'étaient autres que la secte de la mort d'Asie occidentale, les Émirats arabes unis et Washington. Le récit officiel s'adresse à ceux dont le QI est inférieur à 50 : un copilote "djihadiste" - originaire d'Oman, comme il se doit pour la diabolisation - tente de faire s'écraser un avion rempli de sionistes. Les passagers héroïques de service - plombier compris - le maîtrisent à mains nues. Le culte de la mort met tout en œuvre pour absoudre les Émiratis de toute responsabilité. L'accent est mis sur le "terroriste" omanais.
On peut parler là du tiercé parfait : les musulmans sont et seront toujours des terroristes, le culte de la mort est toujours une victime, et l'Arabie saoudite doit livrer le "terroriste" au culte de la mort.
Un jeu d'enfant, donc, pour un copilote de faire passer clandestinement un couteau à l'aéroport de Dubaï ultra-surveillé, puis à bord d'un des vols les plus fliqués de la planète. Et que dire de l'incapacité de l'armée de l'air de la secte de la mort à empêcher l'atterrissage de l'avion à Tabuk ?
Parce que le plan a toujours été d'atterrir à Tabuk. C'est la plus grande base aérienne saoudienne du nord-ouest, et la plus proche d'Israël. La secte de la mort tente depuis des années d'y avoir accès. Elle pourrait bien finir par obtenir le "Full Monty", soit l'accès à l'espace aérien saoudien, des renseignements privilégiés, et bien plus encore, grâce à la pression conjointe d'Abou Dhabi et de Washington.
Sur Transition Protocol, nous avons établi que lorsque le chef de la secte de la mort s'est rendu "en secret" à Abou Dhabi pour rencontrer le grand patron des Émirats arabes unis, MbZ, lors d'un entretien bilatéral, il a sans doute rencontré des représentants de plusieurs pays arabes, notamment du Qatar, d'Oman, de la Libye et du Maroc.
Les Saoudiens ont catégoriquement nié avoir participé à cette initiative. La Jordanie a fait de même. Oman n'apparaît que dans une seule source israélienne. Aucune confirmation officielle du Qatar, d'Oman, du Maroc ou de la Libye n'a été donnée.
Téhéran a néanmoins réagi avec une extrême irritation, mettant en garde contre des "conséquences extrêmement dangereuses". La détermination iranienne est claire : ne pas laisser cette bande de charognards faire dérailler le processus fondamental visant à réduire au maximum l'influence américano-israélienne en Asie occidentale.
Islamabad, quant à lui, poursuit sa tâche de Sisyphe en avançant à petits pas vers des progrès modestes en jouant le rôle de médiateur tant entre l'Arabie saoudite et Ansarallah qu'entre les États-Unis et l'Iran.
Le Qatar a bien remis mardi dernier à Doha la réponse américaine au ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Le désaccord semble porter sur le déroulement des étapes plutôt que sur le fond. Le texte, tel qu'il se présente, est une sorte de version améliorée du fameux protocole d'accord mort-né, ou cadre d'Islamabad. Personne ne parie que cet accord pourra renaître de ses cendres.
Russie, Iran, Yémen : écrasons ces salauds sans pitié
Venons-en maintenant au cœur du sujet : le Yémen. Et au degré d'anéantissement que les durs à cuire de Sanaa sont prêts à infliger à Riyad. La destruction des installations pétrolières est trop facile - ce n'est qu'un début. Le Yémen est en ébullition. Et Sanaa ne reculera devant rien.
On observe déjà une convergence surprenante entre la maison des Saoud, la marine américaine au large de la Perse et l'OTAN dans le pays 404 : tous se font pilonner sans pitié. Et la Russie et l'Iran n'ont même pas encore commencé. Sans parler du Yémen.
Sergey Karaganov a une nouvelle fois annoncé publiquement en début de semaine que la Stavka russe a enfin pris la décision fatidique de mettre fin aux souffrances des néonazis de Kiev. Et lors d'une séance à huis clos de deux heures au forum de Valdai, près de Moscou, un Sergey Lavrov totalement détendu a réaffirmé que la Russie est prête pour la guerre en Europe. Et oui, elle sera courte. Et sans merci.
Ansarallah et les Forces armées yéménites attendent que trois facteurs se concrétisent : une "heure zéro" inéluctable qui sonnera dans toute l'Asie occidentale, la montée en puissance et l'ébullition des affrontements intra-royaux et intertribaux en Arabie saoudite, et le rassemblement de toutes les pièces du puzzle pour que la "tempête yéménite" puisse se déchaîner sur l'Arabie saoudite.
À l'heure actuelle, Riyad ne confirme aucune attaque en provenance du Yémen, tandis que Sanaa annonce chaque jour, avec une régularité d'horloge, le nombre de frappes aériennes saoudiennes sur le Yémen - visant des marchés, des fermes, des habitations, des ponts, des installations hydrauliques, des réseaux de télécommunications : le scénario proverbial de la mafia Epstein à l'œuvre.
L'Iran a quant à lui déjà fait monter les enchères en frappant le site de Bu Hasa de l'ADNOC, au sud-ouest d'Abou Dhabi : c'est l'un des plus grands gisements terrestres de pétrole et de gaz des Émirats arabes unis qui alimente l'oléoduc stratégique Habshan-Foujaira, la seule voie d'exportation des Émirats contournant le détroit d'Ormuz.
La propre voie de contournement de l'Arabie saoudite, l'oléoduc Est-Ouest, a été touchée il y a trois semaines, puis à nouveau bombardée par le Yémen en début de semaine, à Abqaiq.
Les frappes quasi simultanées contre l'ADNOC et Abqaiq pourraient représenter un déficit de pas moins de 13 millions de barils de pétrole par jour sur le marché. On ne soulignera jamais assez que l'Iran et le Yémen forment un tout indissociable. C'est cette réalité qui compte - et aucun faux drapeau crypté de type 11 septembre, aussi minable soit-il, n'y pourra rien changer.
Traduit par Spirit of Free Speech