🧱 04/10/2026 reseauinternational.net  7min ⁑️ 5 #328765

Le sionisme comme perversion

740px/431px - 73.99 Koreduce by 50%del

Les propos de Ségolène Royal lors d'une discussion récente entre candidats à l'investiture du Parti Socialiste pour la prochaine élection présidentielle ont fait  couler  beaucoup d'encre et suscité beaucoup de réactions  hostiles. Mme Royal avait formé le vœu que plus de citoyens de l'entité sioniste et de juifs prennent position pour dénoncer ce qu'elle a appelé le génocide à Gaza au grand dam de ses sparring-partners Jérôme Guedj et Raphaël Glucksmann.

Les mauvaises langues ont prétendu que Ségolène Royal imputait aux Français juifs une part de responsabilité dans les crimes du gouvernement de Benjamin Netanyahou.

Or, ce n'est pas du tout ce qu'elle a dit et elle n'a d'ailleurs pas parlé des "juifs de France" [parler de juifs de France suggère d'ailleurs que ces juifs ne sont pas ou pas vraiment français, qu'il se trouve simplement qu'ils sont en France comme ils auraient pu être en Belgique ou en Angleterre. Or ces juifs ne sont pas de France mais français]. Outre le fait que son appel était un vœu et non une injonction, ce qui cadre son propos c'est le fait que le gouvernement actuel de l'entité sioniste [Mme Royal distingue l'entité sioniste de son gouvernement actuel] prétend agir au nom des juifs du monde entier. Cette prétention, a-t-elle suggéré, est de nature à entraîner des actes antisémites de la part d'individus à la réflexion élémentaire qui la prennent pour argent comptant.

Et on parle bien ici du gouvernement d'un État, membre de l'ONU avec lequel la France et les autres pays européens entretiennent des relations diplomatiques et de coopération très suivies, pas d'une bande de guerilleros violents reconnus par personne et prétendant parler au nom des juifs du monde entier.

L'idée fondamentale de Mme Royal consiste à ne pas identifier religion juive avec le gouvernement de l'État sioniste, donc avec l'idéologie sioniste. On dira qu'lle se fait encore des illusions sur la nature du projet sioniste dont l'État actuel ne représente qu'une phase transitoire.

Cette identité ou cette relation essentielle entre la religion juive et cette idéologie coloniale est rejetée par des obédiences juives traditionalistes comme  Satmar et elle l'a été pendant longtemps par le judaïsme réformé très présent aux États Unis. Elle est cependant la norme pour la grande majorité des juifs aujourd'hui, ce qui suggère que le sionisme a modifié, perverti la religion juive et en a donné une nouvelle version qui s'est intégrée dans les différentes obédiences à quelques exceptions près et à des degrés différents.

Cette nouvelle version agrège les textes bibliques à une idéologie dont le projet est explicité dans la formule d' Israel Zangwill "Une terre sans peuple pour un peuple sans terre", formule qu'il aurait lui-même empruntée au sionisme chrétien issu d'un protestantisme dont les références génocidaires ne sont pas à démontrer.

Cette formule peut se lire autant comme un constat que comme un projet.

La Palestine n'était pas une terre sans peuple et les juifs n'étaient pas un peuple sauf dans la tête des antisémites et des Sionistes. Le projet sioniste échouera tôt ou tard mais pas sans avoir au préalable fait couler encore beaucoup de sang dans la région où il s'est greffé.

Mounadil al Djazaïri

*

Netanyahou a incité au génocide lors de son discours à l'ONU. Voici ce que vous avez manqué

par Jonathan Ofir

À la fin de son discours décousu à l'ONU, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a récité un verset biblique apparemment obscur. Mais il s'agit en réalité d'un appel codé au génocide.

Hier, Benjamin Netanyahou a pris la parole à l'Assemblée générale des Nations unies à New York. Des centaines de manifestants ont bloqué les voies d'accès au siège de l'ONU et une centaine de personnes ont été arrêtées pour avoir exigé l'arrestation de Netanyahou, parmi lesquelles les actrices Susan Sarandon, Hannah Einbinder et Debra Winger.

À l'intérieur de la salle, alors que Netanyahou montait sur à la tribune, plusieurs dizaines de personnes ont quitté les lieux pendant environ une minute et demie, tandis que les proches d'Israël scandaient "Am Yisrael Chai" ("la nation d'Israël vit").

Le discours lui-même était un pot-pourri de mensonges et d'incitations à la haine, oscillant entre la condamnation de Zohran Mamdani et Hassan Piker et le récit propagandiste israélien habituel sur les atrocités du 7 octobre, tout en répétant sans vergogne l'affirmation selon laquelle Israël possède "l'armée la plus morale du monde".

Mais le premier ministre israélien a ensuite choisi de conclure son discours par un verset biblique apparemment obscur : "Nezah Israel lo yeshaker", ou "l'éternité d'Israël ne vacillera pas". Ce verset est parfois traduit par "l'éternel d'Israël ne mentira pas.

Quoi qu'il en soit, les lecteurs non-initiés à la Bible trouveront sans doute tout cela vague. Mais les partisans de Netanyahou, appartenant au camp national-religieux, savent parfaitement à quoi il a fait allusion : c'est un appel au génocide.

Il est important de rappeler que les élections israéliennes auront lieu dans un mois (le 27 octobre), son discours s'adresse donc en grande partie à cet électorat.

Voici donc le contexte de ce verset.

Cette expression, tirée du premier livre de Samuel (15, 29), fait référence au génocide d'Amalek, ou des Amalécites, ennemis jurés des Israélites. C'est une référence biblique que Netanyahou a utilisée à maintes reprises pour désigner les Palestiniens d'aujourd'hui, notamment au début du génocide de Gaza.

Le roi Saül fut tancé par le prophète Samuel pour ne pas avoir exterminé complètement les Amalécites. Saül avait épargné leur roi Agag ainsi que "les meilleures brebis et les meilleurs bœufs", que les Israélites "refusaient d'anéantir entièrement". Selon la Bible, cette extermination était insuffisante et révélait la faiblesse supposée du roi Saül. C'est pourquoi le prophète Samuel le réprimanda :

"L'Éternel t'a oint roi d'Israël. Il t'a envoyé en mission, en disant : "Va et extermine complètement ce peuple pervers, les Amalécites ; fais-leur la guerre jusqu'à ce que tu les aies anéantis". Pourquoi n'as-tu pas obéi à l'Éternel ? Pourquoi t'es-tu jeté sur le butin et as-tu fait ce qui est mal aux yeux de l'Éternel ?"

Saül tenta de justifier ses actes, mais Samuel délivra un message sans concession :

"Tu as rejeté la parole du Seigneur, et le Seigneur t'a rejeté comme roi d'Israël !"

Saül demanda pardon, mais Samuel transmit le message dépourvu de remords :

"Aujourd'hui, l'Éternel vous a arraché le royaume d'Israël et l'a donné à l'un de vos voisins, à un homme meilleur que vous. Celui qui est l'Éternel d'Israël ne ment point et ne se repent point ; car il n'est point un homme pour se repentir".

Le contexte de cette phrase est crucial. Transposée à l'Israël d'aujourd'hui, cette déclaration de Netanyahou à ses partisans leur enjoint d'aller jusqu'au bout dans l'anéantissement de l'Amalek contemporain. Tout autre choix reviendrait à rejeter la parole de Dieu.

Ce n'était pas la première fois que Netanyahou employait cette expression précise. En mai 2024, lorsque le procureur général de la CPI, Karim Khan, annonça qu'il requérait un mandat d'arrêt contre Netanyahou, entre autres, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, Netanyahou répliqua par deux vidéos, l'une en anglais et l'autre en hébreu. Il qualifia l'affaire de "calomnie rituelle" et compara Khan à un juge nazi. Alors que la version anglaise de son discours se terminait par "plus jamais ça", la version hébraïque se terminait par la même phrase : "Netzah Israel lo yeshaker".

Cette citation avait également été utilisée par Netanyahou en 2017, lors d'un autre discours prononcé à l'ONU, mais elle était limitée à la transcription hébraïque.

L'utilisation par Netanyahou de références bibliques n'est pas arbitraire. C'est un message qu'il adresse à son électorat, et aujourd'hui, ce message signifie : génocide jusqu'au bout.

Dans son discours d'hier à l'ONU, il a résumé la situation ainsi : "La raison est simple. Nous n'avons pas d'autre choix. Merci à tous. Chag Sameach le'Am Yisrael", ou "Joyeuses fêtes à la nation d'Israël".

Autrement dit, nous n'avons d'autre choix que le génocide.

Il serait possible d'évoquer bien d'autres choses à propos de son discours, qui comprenait également les histoires kitsch et bravaches habituelles sur son frère Yonatan (Yoni), tué lors de l'opération d'Entebbe en 1976, mais nous ne devons pas perdre de vue l'essentiel : un criminel de guerre recherché est monté sur la tribune à l'ONU pour inciter à la poursuite du génocide - un autre abaissement pour cette institution en ruine.

source :  Mondoweiss via  Mounadil al Djazaïri

 reseauinternational.net