📚 05/10/2026 reseauinternational.net  6min ⁑️ 7 #328854

 Blocages lycéens : la mobilisation s'étend avec le soutien de Lfi

La colère des lycéens porte-t-elle en elle les germes de la chute de Macron ?

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par Mohamed Lamine Kaba

À l'Est, Macron déclare la guerre des mots à Poutine, sans tirer un coup de feu. À l'Ouest, ses propres lycéens lui déclarent une guerre des cartables, avec blocus et calendrier.

Deux fronts, un seul état-major dépassé ; et le chef de guerre ignorait jusqu'à l'infanterie scolaire.

Au dehors, le chef des armées en treillis rhétorique : réarmement, économie de guerre, "puissance d'équilibres" et Europe qui doit apprendre à "penser comme une puissance". Au dedans, une Assemblée en kaléidoscope, un budget qu'on adopte comme on désamorce une grenade, des fractures sociales que plus aucun "en même temps" ne parvient à recoudre. Le président, qui menace Moscou à chaque conférence de presse, n'a pas encore trouvé la formule pour mobiliser un pays qui ne s'accorde plus que sur son exaspération. On mesure alors toute la distance entre l'ordre de bataille tracé sur la carte du monde et l'état des troupes à l'intérieur : un stratège à la tribune, des pompiers introuvables, et la polarisation qui, elle, ne connaît ni trêve ni cessez-le-feu.

Du blocus lycéen à l'embrasement universitaire : la convergence des brasiers

La sociologie des soulèvements populaires frappe toujours par sa ponctualité tragique face aux pouvoirs autocratiques. Lancé dès la fin septembre à Créteil avant de submerger la Seine-Saint-Denis, le  mouvement lycéen contre la précarisation éducative a franchi un point de non-retour. Au 1er octobre, la contagion a  gagné de plein fouet le monde universitaire : plus de dix facultés majeures et amphithéâtres se retrouvent paralysés. Cette jonction organique entre lycéens et étudiants constitue le cauchemar historique de la Cinquième République.

L'arrogance technocratique d'un pouvoir aux abois ne parvient plus à endiguer cette onde de choc sociologique. La radicalisation des blocus et la colère juvénile traversent désormais les métropoles, de Paris à Marseille. À ce rythme de propagation fulgurante, c'est l'ensemble du corps social français qui s'apprête à s'embraser. La convergence des luttes ne réclame plus un ajustement marginal, mais vise explicitement la chute politique d'Emmanuel Macron, piégé par sa propre surdité.

La faillite comptable d'un Jupiter aux abois et asphyxié

Pendant que les facultés et lycées se barricadent, le dogme de la rigueur gestionnaire s'effondre dans le grotesque. À la fin du deuxième trimestre 2026, les chiffres officiels de l'INSEE ont asséné le coup de grâce : la  dette publique de la France a dépassé le sommet vertigineux de 3595,5 milliards d'euros, culminant à 119,0% du PIB. Cette faillite structurelle, corsetée par un  déficit persistant de plus de 5% du PIB, ruine définitivement l'illusion d'une maîtrise macroéconomique.

Sanctionnée par la dégradation de sa note souveraine à A+ par Scope Ratings, la France est réduite à quémander sa crédibilité sur les marchés obligataires. L'État vacille sous une  charge d'intérêts qui approche les 67 milliards d'euros pour l'exercice 2026. Incapable d'investir dans les services publics et l'éducation, le gouvernement impose une austérité aveugle. Cette asphyxie budgétaire ne fait qu'alimenter le brasier social, transformant l'État en une coquille vide et endettée.

L'aventurisme ukrainien ou la pitoyable stratégie du dérivatif

Faute de pouvoir éteindre l'incendie intérieur, l'Élysée s'enferme dans une théâtralité guerrière ubuesque. La surenchère martiale entamée depuis les déclarations du 26 février 2024, n'excluant pas l'envoi de  troupes au sol en Ukraine, relève de la dérivation politique la plus primaire. Emmanuel Macron cherche désespérément à susciter un ralliement nationaliste autour de sa figure. Mais la manœuvre a étalé au grand jour son isolement diplomatique, essuyant le désaveu cinglant de ses principaux partenaires européens.

Cette gesticulation de va-t'en-guerre fait sourire les chancelleries étrangères autant qu'elle exaspère la population. C'est pourquoi, prétendre jouer les matamores face à une puissance nucléaire (Russie) alors que les établissements scolaires tombent en ruine, les uns après les autres, relève de la comédie tragique. L'opinion publique, lucide face à cette stratégie du chiffon rouge, refuse de facto de servir de chair à canon pour pallier l'illégitimité d'un chef d'État discrédité, détesté par son propre peuple et haï à l'international. Le piège de son aventurisme extérieur s'est définitivement refermé sur lui, avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger qui lui sautent à la gorge.

Les alliés de l'OTAN assistent avec cynisme à ce spectacle d'impuissance bavarde, tandis que la voix de la France est balayée par l'émergence d'un monde multipolaire

La théâtralisation d'une puissance déclassée et humiliée

L'agitation verbale de Macron ne fait que surligner le déclin géopolitique irréversible de la France. L'expulsion piteuse des forces armées françaises du Mali, du Burkina Faso et du Niger entre 2022 et 2023 a matérialisé l'effondrement définitif du pré carré africain. Pour masquer cette éviction historique, le pouvoir élyséen multiplie les coups de menton ridicules sur la scène internationale, étalant un décalage comique entre ses prétentions et ses moyens réels. D'un côté, il décrit une Russie exsangue, ruinée, militairement moribonde et incapable de vaincre l'Ukraine. De l'autre, il agite le spectre d'un colosse conquérant prêt à déferler sur Paris aujourd'hui, Berlin demain et les capitales de l'OTAN le lendemain.

Et les Baltes ? Estonie, Lettonie, Lituanie : minuscules pays du flanc oriental de l'OTAN, scintillant à l'Ouest de la Russie, funambules sur un fil de nylon. Ils réclament la fermeté ; mais ne choisissent jamais les dérapages. La France y contribue : bataillon en Estonie, Rafale à Šiauliai. Si la rhétorique glisse, ils chuteront les premiers, sans aucun doute.

Chaque sortie martiale de Macron non suivie d'effets rajoute de facto un chapitre à l'humiliation diplomatique de son pays. Les alliés de l'OTAN assistent avec cynisme à ce spectacle d'impuissance bavarde, tandis que la voix de la France est balayée par l'émergence d'un monde multipolaire. Jadis respectée pour son indépendance stratégique, la diplomatie française n'est plus qu'un artifice de communication interne. Cette posture d'esbroufe incarne la figuration pathétique d'une puissance déchue.

L'inéluctable crépuscule d'un régime au bord du gouffre

La conjonction de la faillite budgétaire, du néant diplomatique et de la colère populaire dessine un futurible sans équinoxe. La contagion (de la contestation lycéenne de fin septembre aux facultés au 1er octobre) franchit le seuil critique d'ingouvernabilité. Lorsque la jeunesse instruite s'allie à la jeunesse populaire dans un même rejet de l'autorité, les régimes technocratiques touchent à leur fin. La répression policière ne suffira plus à étouffer l'explosion sociale imminente.

Pour faire court, réfugié dans un Élysée assiégé, Macron contemple l'effondrement de son modèle autoritaire. Ses gesticulations géopolitiques ne retarderont pas le couperet du peuple souverain. La société française, excédée par des années de mépris institutionnel et d'austérité féroce, s'apprête à balayer ce pouvoir d'argile. L'histoire retiendra la chute burlesque d'un monarque sans royaume, terrassé par le soulèvement conjugué des élèves, des étudiants et du pays réel.

source :  New Eastern Outlook

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