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⚔️ 06/10/2026 lesakerfrancophone.fr  5min ⁑️ 7 #328990

La guerre d'usure contre l'Otan. Attaques contre des ponts en Ukraine

Par English Outsider - Le 5 octobre 2026 -  Moon of Alabama

Il y a quelques années, Helmer avait une théorie sur les premières attaques contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Il estimait qu'elles n'étaient pas faites pour détruire mais pour sonder. Pour cartographier les connexions critiques, évaluer la vitesse de réparation et, avec ces informations, préparer des plans pour une attaque plus invalidante si cela devait être décidé plus tard.

Je me demande simplement si les attaques actuelles sur les ponts sont du même genre. Les Russes ne veulent pas détruire les ponts. Ils veulent juste confirmer qu'ils peuvent arrêter la logistique ukrainienne s'ils le souhaitent. Le moment choisi pour cela sera critique. Pas trop tôt car cela laisserait du temps pour des solutions de contournement. Pas trop tard car il serait difficile de tout faire en même temps.

Les attaques seront incapacitantes mais pas destructrices. Les Russes voudront que les ponts soient intacts pour plus tard. Cela suppose que les Ukrainiens eux-mêmes ne détruiront pas les ponts pendant la phase finale.

Quant à savoir pourquoi les ponts du Dniepr n'ont pas été détruits beaucoup plus tôt, il semble qu'il y avait deux raisons au début.

La première est évidente. Faute de négociations fructueuses, les Russes savaient dès le premier jour de leur OMS qu'ils devaient détruire tout ce que l'OTAN pouvait leur lancer. Les proxys et leur équipement. L'endroit le plus pratique pour cela était le Donbass, alors il fallait laisser les proxys et leur matériel traverser le Dniepr pour être détruits.

Cela parait un argument simpliste mais, en pratique, c'est ce qui s'est passé. Non seulement l'OTAN est maintenant à court d'hommes et de matériel, mais on peut considérer l'OMS comme une hémorragie systématique des ressources financières de l'OTAN. Les proxys doivent être financés. Sans l'argent occidental, ils auraient depuis longtemps négocié une reddition. Il devient de plus en plus difficile de les financer. En ce qui concerne le matériel, l'OTAN en manque et il est très coûteux d'en envoyer davantage.

Si les Russes avaient décidé de saigner l'OTAN à l'ouest du Dniepr, ils auraient été des imbéciles. Ils auraient couru partout sur un grand territoire à la recherche de concentrations d'hommes et d'équipements et auraient fait face à une guerre de maquis. Ce n'est pas un hasard si l'entraînement et les armes fournis par l'OTAN avant l'OMS étaient en grande partie destinés au combat pour de petites unités, comme cela aurait été nécessaire pour une guerre de maquis, et ce genre de guerre aurait coûté de très nombreuses pertes russes. En fait, l'OTAN s'attendait au tout début à ce que les Russes s'enlisent ainsi dans, comme on l'appelait à l'époque en Occident, "l'Afghanistan de la Russie."

Les Russes ont évité ce scénario. Il était plus simple de laisser les proxys et l'équipement venir à eux, sur les lieux de mise à mort à l'est du Dniepr, où ils pourraient être plus facilement éliminés. Par conséquent, il fallait laissez les ponts du Dniepr debout.

La deuxième raison est également évidente. C'est très bien de parler froidement de l'hémorragie des ressources de l'OTAN et d'examiner comment cela a été fait. Mais c'est un jeu de guerre impersonnel. Il n'envisage pas ce que c'est que d'être un pion sur ce Grand échiquier. Récemment, j'ai lié à une vidéo dans laquelle Havrysho détaille ( vidéo ) l'ampleur des destructions résultant de l'utilisation de l'Ukraine par l'OTAN comme moyen d'attaquer la Russie. Les destructions sont si horribles et le nombre de morts si important qu'il est tout à fait possible que l'Ukraine cesse d'exister en tant que pays viable.

Depuis 2022, la grande question est de savoir combien de temps encore cela durera-t-il avant que l'OTAN laisse enfin nos proxys se tirer d'affaire ? Nous avons maintenant la réponse. Il ne semble pas que l'OTAN abandonnera, à moins d'y être obligée. Les politiciens américains et européens ont encouragé Kiev à alimenter les champs de la mort avec davantage d'hommes. En disant à Kiev d'abaisser l'âge du recrutement ou d'utiliser des femmes comme soldats, par exemple. Nous sommes généreux en effet avec la vie de nos proxys, tant que nous n'avons pas besoin de risquer la nôtre. Cela continuera ainsi tant que l'OTAN pourra continuer.

Était-ce prévisible en 2022 et aux premiers stades de l'OMS ? Prévisible, oui, mais pas, à ce moment-là, inévitable. La destruction massive d'infrastructures cruciales n'est pas ce dont les Russes avaient besoin ou ce qu'ils voulaient faire jusqu'à ce qu'il devienne clair que la détermination de l'OTAN à utiliser l'Ukraine comme chien d'attaque, quel qu'en soit le coût pour les Ukrainiens, n'avait pas de limites.

Jusqu'à ce que cela devienne inévitablement clair, il fallait laisser autant d'infrastructures que possible debout. C'est, je crois, la deuxième raison pour ne pas démolir les ponts du Dniepr dès le début, ou du tout si possible, et avec la première raison, cela explique ce qui est souvent considéré comme un échec de la Russie de ne pas l'avoir fait au début.

En regardant au-delà des ponts du Dniepr, ces raisons expliquent également en partie la conduite russe de leur OMS jusqu'à ce jour. À défaut de négociation, cela allait toujours être une mouture lente. Car cela va durer longtemps avant d'épuiser l'OTAN.

English Outsider

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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