📚 06/10/2026 reseauinternational.net  3min ⁑️ 11 #329012

« Yémen et Iran : même paradigme, on doit à présent payer ! »

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par François Meylan

La prise de contrôle du détroit de Bab-el-Mandeb par le mouvement Ansar Allah (communément appelés "houthis", nom de son fondateur Hussein Houthis) a comme objectif de faire payer l'Arabie saoudite. La facture s'annonce être très élevée.

Quand en 2015 le prince saoudien Mohammed ben Salmane (MBS) décide d'écraser le mouvement insurrectionnel Ansar Allah - les partisans de Dieu - dans le Yémen voisin que les Saoudiens considèrent comme leur chasse gardée, il estimait qu'en deux semaines tout serait réglé.

Onze ans plus tard, malgré le fait que l'Arabie saoudite soit le premier importateur d'armes au monde (7% de son PIB) et malgré toute l'aide occidentale reçue - notamment de la part des États-Unis et de la France - il a perdu. Les Saoudiens sont embourbés.

Les Houthis sont parvenus à être la puissance dominante dans la région. Ils menacent directement le Royaume d'Arabie saoudite et ils lui réclament des compensations financières depuis 2022.

Le conflit au Yémen (43 millions d'habitants) a duré 12 ans. On dénombre plus de 400 000 morts et 5.2 millions de déplacés. Aujourd'hui encore, les deux tiers la population sont dépendants de l'aide internationale.

Quant à l'Arabie saoudite qui a vu ses exportations pétrolières chuter de plus de 60% depuis janvier appelle militairement à l'aide, les États-Unis - qui n'ont plus les moyens de la secourir ni politiquement ni militairement - lui notifient deux refus.

Ryad ne peut non plus se réfugier derrière l'Accord de défense conjointe de la Mecque ratifié avec la Turquie et le Pakistan le 7 août 2026. Cet accord concerne les agressions à venir et non les conflits actuels ou du passé.

Il reste à Mohammed ben Salmane (MBS) à quémander l'aide des Israéliens ou à cracher au bassinet. Plus que jamais, les Houthis veulent de l'argent. Ils savent que l'Arabie saoudite en a encore beaucoup et qu'elle est isolée comme jamais.

Si par malheur, MBS s'avisait à demander de l'aide aux israéliens, il se mettrait la rue saoudienne qui est pro palestinienne à dos et ses deux nouveaux alliés militaires la Turquie et le Pakistan qui ont justement décidé d'unir leurs forces contre Israël, principale puissance belliqueuse et expansionniste de la région.

Du côté oriental de la péninsule arabique, l'Iran aussi exige des réparations de guerre pour les bombardements illégaux qu'il a souffert depuis le 28 février dernier de la part de l'axe chrétien sioniste messianique israélo-américain.

Soit une autre guerre illégale dont l'Occident a le secret. En attendant, le passage du détroit de Ormuz sera payant. Cela ne s'appellera pas un droit de passage mais émoluments pour services techniques. Voisin et potentiel bénéficiaire du détroit, le sultanat d'Oman a signifié qu'il était d'accord.

Ansar Allah (Houthis) qui est allié de l'Iran sans pour autant en être le proxy - c'est-à-dire que le mouvement a son propre agenda - et l'Iran ouvrent le chemin d'un nouveau paradigme : dorénavant tout se paiera sonnant et trébuchant.

En attendant, les occidentaux qui sont si coutumiers des guerres illégales, en piétinent le droit international, ont rendez-vous avec une crise énergétique sans précédent.

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 François Meylan

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