La mobilisation lycéenne se poursuit ce mardi 6 octobre à travers la France, se lançant dans son troisième acte. Près de 900 lycées sont perturbés et la mobilisation gagne aussi les universités. L'Union étudiante estime à 450 000 le nombre de manifestants mobilisés dans toute la France, dont 100 000 à Paris.
À Paris, le cortège parti de la place de la République ce mardi 6 octobre s'est dirigé vers Nation dans un contexte tendu. La préfecture de police indique avoir identifié un pré-cortège de 300 personnes "hostiles", qui a été "contenu jusqu'à la place de la Nation". Ces personnes "tentent désormais d'aller au contact des forces de l'ordre", précise-t-elle. Les forces de l'ordre tentent de "les pousser" afin de permettre au cortège d'atteindre la place de la Nation.
Les pompiers viennent d'arriver Place de la Nation pour un feu, ils sont applaudis par les manifestants. Des projectiles ont été lancés en direction des forces de l'ordre aux abords de la place. En réponse, les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène.
Les lycéens mobilisés, l'exécutif se réunit
Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, figure de La France insoumise (LFI), était présent dans le cortège en soutien aux lycéens. Sa présence a été saluée par les manifestants, qui l'ont applaudi et remercié. Des manifestations sont également organisées à Strasbourg, Nantes, Nice et Montpellier, où plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées. Le syndicat L'Union étudiante recense 450 000 manifestants dans toute la France, dont 100 000 à Paris.
Pour la première fois depuis le début du mouvement, les lycéens bénéficient du soutien de plusieurs syndicats de l'Éducation nationale. La Confédération paysanne a également appelé les agriculteurs à rejoindre la mobilisation.
Des blocus ont également été installés dès ce matin devant plusieurs les lycées. La mobilisation gagne aussi les universités : une vingtaine d'étudiants étaient notamment présents devant la Sorbonne Nouvelle, tandis que Rennes 2 a voté le blocage de l'université en soutien aux lycéens.
Le président français, Emmanuel Macron, réunira ce soir plusieurs membres du gouvernement pour faire un point sur la situation, parmi lesquels le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray.
De son côté, Sébastien Lecornu a annoncé devant l'Assemblée nationale la suspension des cours dans les lycées jeudi et vendredi, afin de permettre aux établissements d'organiser un "temps de démocratie interne" avec les élèves.
Des établissements fermés
Dans ce contexte, certaines autorités ont choisi de fermer préventivement des établissements scolaires ou d'en assurer le fonctionnement à distance.
Selon le gouvernement, les cours ont été suspendus, totalement ou partiellement, dans près de 900 lycées, soit environ un quart des établissements du pays. L'Union syndicale lycéenne avance de son côté un bilan deux fois supérieur, avec 1 800 lycées touchés par la mobilisation.
Dans l'enseignement supérieur, l'Union étudiante affirme que 90 % des universités françaises sont "mobilisées" ce mardi. Selon les dernières informations communiquées par l'organisation, plus de 57 sites universitaires étaient bloqués et au moins 27 universités avaient pris des mesures de fermeture administrative préventive.
