📚 07/10/2026 reseauinternational.net  17min ⁂️ 9 #329119

Vivons-nous tous sur la même planète ?

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par Serge Van Cutsem

On nous avait promis que le progrès technique allait unir l'humanité. Internet, le téléphone portable, puis l'intelligence artificielle devaient faire de la Terre un seul village. Pourtant, pendant que nos experts se demandent ce qu'on va "faire des humains" rendus inutiles par les machines, des centaines de millions d'hommes et de femmes vivent sans électricité ni papiers, et plus de deux milliards n'ont jamais eu accès à Internet. Ceux-là ne se posent pas du tout cette question. Deux humanités partagent le même globe, mais s'éloignent l'une de l'autre. Qui sont ces oubliés du récit dominant ? Qu'est-ce qui sépare encore ces deux mondes, et quels fils invisibles les relient ? Et si, demain, la démographie renversait les rôles ?

Le recensement de l'invisible

Il y a parfois des vidéos qui m'emportent dans des réflexions plus larges. "IA : que va-t-on faire des humains ?" est de celles-là. C'est le titre d'un entretien récent entre Alexis Poulin et Fabrice Epelboin, deux personnes qu'on ne peut pas soupçonner d'ignorer leur sujet. On y parle de bulle financière, de rivalité entre Washington et Pékin, de cadres remplacés par des logiciels et d'ouvriers remplacés par des robots. On y parle d'une Europe déclassée, réduite à vivre de ses châteaux et de ses musées.

L'analyse est sérieuse, cohérente et soulève des questions essentielles. Mais en refermant cette conversation, une autre question m'est venue : de quels humains parle-t-on ?

Car les humains auxquels nos débats pensent spontanément lorsqu'ils demandent "ce qu'on va en faire" ne représentent qu'une partie de l'espèce humaine : essentiellement les populations déjà intégrées à l'économie numérique et salariale. Des gens qui ont un smartphone, un compte bancaire, une identité numérique, un emploi qu'on peut automatiser. Pour eux, la question est légitime et angoissante, mais pour des milliards d'autres, elle n'a tout simplement aucun sens.

C'est l'angle mort de presque tous les débats sur l'intelligence artificielle, et plus généralement sur les progrès technologiques. On a trop tendance à raisonner comme si la planète entière vivait dans le même monde que nous. Or ce n'est pas le cas, et contrairement à ce qu'on nous avait promis, l'écart ne se résorbe pas et il a même tendance à se creuser.

J'ai l'âge de pouvoir me souvenir des années où on nous expliquait que la technologie allait unifier le monde. Le "village global" de McLuhan (1), puis Internet, puis le téléphone portable dans chaque village d'Afrique : le progrès devait rapprocher les peuples et effacer les frontières. Une seule humanité, connectée, informatisée, sur une seule planète.

Un demi-siècle plus tard, le bilan est plus troublant. Une partie de l'humanité vit désormais dans un monde de données, d'algorithmes et d'abonnements. Elle se demande si elle sera remplacée par une machine, si son cerveau sera bientôt "augmenté", si elle vivra jusqu'à cent vingt ans. L'autre partie se demande s'il pleuvra à temps pour la récolte, si le puits tiendra jusqu'à la saison sèche, si l'enfant malade trouvera un dispensaire ou même si le prochain cyclone ne va pas emporter la maison faite de planches avec un toit en tôle. J'ai personnellement parcouru des régions extra-urbaines à Madagascar, ce qui m'a permis de le constater autrement que via les médias.

Ces deux humanités partagent le même globe terrestre, mais elles ne partagent plus le même monde.

Pour mesurer ce fossé, il faut regarder ce qu'on ne regarde jamais. Imaginons des cercles concentriques, du plus éloigné de notre mode de vie au plus proche.

Au centre, il y a ceux qui ont choisi de rester dehors. Il existe encore aujourd'hui près de deux cents peuples qui vivent sans aucun contact avec le monde extérieur, pour la plupart dans le bassin amazonien (2). Ils ne connaissent ni l'État, ni l'argent, ni l'électricité. Leur refus du contact n'est pas de l'ignorance : c'est souvent une décision prise après des épisodes de massacres ou d'épidémies. La moitié d'entre eux pourrait disparaître d'ici une dizaine d'années, victimes des orpailleurs, des forestiers ou des missionnaires.

Ensuite, il y a ceux qui n'ont pas de prise électrique. Plus de six cents millions de personnes vivent sans accès à l'électricité, l'immense majorité en Afrique subsaharienne (3). Près de deux milliards de personnes cuisinent encore au bois, au charbon ou aux déchets agricoles. On ne remplace pas par une intelligence artificielle quelqu'un qui n'a pas de prise de courant.

Viennent ceux qui n'existent pas aux yeux de l'administration. Environ 850 millions d'êtres humains n'ont aucune pièce d'identité officielle (4). Plus de la moitié sont des enfants dont la naissance n'a jamais été enregistrée. Chez nous, on débat d'identité numérique européenne et de portefeuille électronique. Ailleurs, on n'a même pas d'acte de naissance.

Puis ceux qui ne sont pas connectés. Plus de deux milliards de personnes n'utilisent pas Internet (5). Dans les pays à faible revenu, plus des trois quarts de la population vit hors ligne. Pour eux, "ChatGPT", "cloud"ou "métavers" sont des mots d'une autre planète.

Et enfin, ceux qui sont connectés, mais pauvres. Plus de huit cents millions de personnes vivent avec moins de trois dollars par jour (6). Certains ont un téléphone, parfois même un compte mobile. Mais leur horizon reste celui de la survie quotidienne, pas celui de la "productivité augmentée".

Ces cercles se chevauchent et il est difficile de les additionner, mais l'ordre de grandeur est clair : on peut raisonnablement estimer qu'entre un quart et un tiers de l'humanité vit, d'une manière ou d'une autre, en dehors du monde dont parlent nos experts. Et ce n'est pas une population marginale qui s'éteint doucement. Nous verrons plus loin que c'est exactement l'inverse.

Pourquoi ne parle-t-on jamais de ces gens-là quand on parle d'IA, de transhumanisme ou de revenu universel ? Parce que le récit du progrès est écrit par ceux qui en profitent. Il est écrit dans la Silicon Valley, à Shenzhen, à Paris, à Bruxelles. Il est relayé par des médias qui s'adressent à des lecteurs connectés, urbains, salariés. Ce récit pose ses propres angoisses comme universelles. Il décrète que "l'humanité" s'interroge sur son remplacement par les machines, alors que seule une fraction de l'humanité se pose cette question.

Ce n'est pas forcément de la mauvaise foi, c'est de la myopie. On finit par croire que le monde s'arrête là où s'arrête le réseau 5G.

La question "vivons-nous tous sur la même planète ?" n'est donc pas une provocation. C'est un constat qu'on refuse de regarder en face.

Quelques auteurs ont soulevé un coin du voile. Certains ont montré les mines et les travailleurs cachés derrière l'intelligence artificielle. D'autres ont prévenu qu'elle fermerait aux pays pauvres le chemin du développement. Mais chacun regarde un morceau du problème, et toujours depuis le monde connecté. Personne, à ma connaissance, n'a encore posé la question dans son ensemble : et si l'humanité ne se dirigeait pas vers un avenir commun, mais vers deux destins qui s'éloignent ?

Deux humanités, deux angoisses différentes

Voyons maintenant ce qui sépare ces deux humanités, et ce qui, malgré tout, les relie.

Prenons deux personnes, le même jour.

La première vit à Bruxelles, Paris ou Lyon. Elle se réveille avec son téléphone, consulte ses messages avant même de se lever, demande à une IA de résumer un rapport, paie son café sans contact. Son angoisse du moment : son poste sera-t-il encore utile dans cinq ans ? Ses enfants trouveront-ils un emploi ? Sa retraite sera-t-elle payée ? Est-ce qu'il sera remplacé par une machine ou une IA ?

La seconde vit dans un village du Sahel, du Kivu ou des hauts plateaux de Madagascar. Elle se réveille avec le jour, parce qu'il n'y a pas de lumière électrique. Elle marche pour chercher de l'eau, puis travaille un champ qui doit nourrir la famille jusqu'à la prochaine récolte. Son angoisse du moment tient en quelques questions : pleuvra-t-il ? Quel sera le prix du grain ? Les hommes en armes qui circulent dans la région s'en prendront-ils à sa famille ? Son horizon, c'est demain, et le progrès technologique n'y a aucune place.

Ces deux personnes ont le même âge, la même espérance d'aimer et de voir grandir leurs enfants. Mais elles ne vivent pas dans le même temps. L'une vit dans le temps de la machine qui s'accélère sans cesse. L'autre vit encore largement dans le temps des saisons, des récoltes et des contraintes naturelles.

L'humanité connectée a principalement peur de trois choses.

D'être remplacée par des logiciels pour les cols blancs, et par des robots pour les cols bleus.

D'être dépassée par une intelligence qu'elle ne comprend plus, dont elle dépend pour tout, et dont les règles sont écrites ailleurs, dans les conditions générales d'utilisation d'une entreprise américaine ou chinoise.

D'être contrôlée par l'identité numérique, la monnaie programmable, la surveillance algorithmique.

Ces peurs sont fondées et je les ai souvent décrites, y compris dans mon livre "Contrôle, servitude et déclin", mais ce sont des peurs de riches, du moins par rapport à l'autre humanité. Ce sont les peurs de gens qui ont déjà tout délégué à la machine et qui découvrent soudain qu'elle pourrait se passer d'eux, quoique je pense, pour ma part, qu'il y a là une bonne part de fantasme.

L'autre humanité a des peurs plus anciennes. Elle a peur de la faim, de la sécheresse, de la maladie, de la guerre. Ce ne sont pas des peurs abstraites ou projetées dans l'avenir. Ce sont des menaces immédiates, vécues chaque année.

Cette humanité-là ne risque pas d'être remplacée par une machine, pour une raison très simple : on n'a jamais eu besoin d'elle dans l'économie qui produit les machines. Elle ne risque pas de perdre son emploi de bureau... Elle n'a pas de bureau.

Et c'est là qu'apparaît un paradoxe. L'humanité dépendante craint de devenir inutile. L'humanité autonome ne s'est jamais posé la question, parce qu'elle produit elle-même l'essentiel de ce dont elle a besoin. Qui est le plus fragile des deux ?

Il serait pourtant trop simple de dire que ces deux mondes s'ignorent, ils sont reliés, mais par des fils qu'on préfère ne pas voir, et qui ne tirent que dans un sens.

Le premier fil, c'est la matière. Chaque smartphone, chaque batterie, chaque centre de données contient des métaux extraits dans le Sud. La République démocratique du Congo fournit à elle seule environ les trois quarts du cobalt mondial (7). Une partie est extraite à la main, dans des conditions que nos consommateurs connectés n'accepteraient pas une seule journée. Le monde "immatériel" repose sur des mines qui, elles, sont très matérielles et exploitent les "non connectés".

Le deuxième fil, c'est le travail caché. L'intelligence artificielle n'est pas si artificielle. Pour apprendre à reconnaître un texte violent ou une image choquante, elle a besoin que des humains étiquettent des millions d'exemples. Ce travail est souvent sous-traité au Kenya, aux Philippines ou en Inde. En 2023, une enquête a révélé que des travailleurs kényans chargés de "nettoyer" ChatGPT étaient payés moins de deux dollars de l'heure pour lire, à longueur de journée, les pires horreurs que produit l'humanité (8). La machine qui doit remplacer le cadre européen est dressée par un travailleur africain payé une misère.

Le troisième fil, c'est l'enregistrement. Les populations "invisibles" ne le restent pas longtemps. Partout dans le Sud, des programmes d'identité biométrique se déploient, souvent financés par la Banque mondiale ou des fondations privées. L'Inde a enregistré les empreintes et l'iris de plus d'un milliard de personnes avec son système Aadhaar. L'argent mobile s'est répandu en Afrique de l'Est plus vite que les banques ne l'avaient fait en un siècle. Officiellement, il s'agit d'"inclusion". Dans les faits, ces populations entrent dans le système par la porte du contrôle, avant même d'avoir connu ses avantages.

Voilà la véritable nature de la relation entre les deux humanités : non pas une séparation nette, mais une dépendance à sens unique.

Le monde connecté a besoin du Sud pour ses métaux, sa main-d'œuvre invisible et ses futurs utilisateurs. Le Sud, lui, n'a pas besoin de l'intelligence artificielle pour survivre, mais il en subit les coûts sans en recevoir les bénéfices.

On nous a vendu la mondialisation comme un rapprochement. Elle ressemble plutôt à un double pipeline : les ressources montent du Sud vers le Nord, les normes et les outils de contrôle descendent du Nord vers le Sud.

Cette situation est-elle durable ? La géographie humaine est en train de changer à une vitesse que peu de gens mesurent.

Et demain ?

Au début du XXe siècle, l'Afrique comptait environ 130 millions d'habitants. C'était trois fois moins que l'Europe. (9)

Aujourd'hui, elle en compte plus d'un milliard et demi, deux fois plus que l'Europe. En un peu plus d'un siècle, sa population a été multipliée par plus de dix. Et le mouvement ne fait que commencer : selon les projections des Nations unies, l'Afrique pourrait dépasser les deux milliards et demi d'habitants vers 2050, et approcher les quatre milliards en 2100. À la fin de ce siècle, plus d'un humain sur trois serait africain.

Pendant ce temps, l'Europe vieillit et se contracte. La Chine aussi, le Japon et la Corée plus encore. L'âge médian en Afrique tourne autour de 19 ans. En Europe, il dépasse 40 ans.

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Nations unies, World Population Prospects 2024, variante moyenne, compilée par l'INED

L'Afrique passerait d'environ 19% de la population mondiale aujourd'hui à environ 37% en 2100.

Voilà qui change complètement la perspective. La "seconde humanité", celle qui vit en marge du progrès technologique, n'est pas un reste en voie d'extinction. Elle est jeune, nombreuse, et en pleine croissance. C'est la première humanité, l'humanité connectée, qui vieillit et se rétrécit.

Et on mesure alors l'étrangeté de la plupart de nos débats. Dans nos pays, on se demande ce qu'on va "faire des humains" devenus inutiles. Pendant ce temps, une part croissante des humains de demain naît ailleurs, dans un monde qui ne se pose pas du tout cette question.

Personne ne peut prédire l'avenir. Mais on peut tracer des hypothèses raisonnables, à trois échelles de temps.

À court terme, d'ici 2030 : le fossé s'élargit. L'intelligence artificielle et la robotique commencent à transformer l'emploi dans les pays riches et en Chine. Les gains pourraient se concentrer chez les géants du numérique, tandis que les classes moyennes seraient les premières exposées aux pertes. Pendant ce temps, le Sud reste hors du jeu, sauf comme fournisseur de métaux et de main-d'œuvre numérique sous-payée. Les deux humanités s'éloignent encore.

À moyen terme, vers 2050 : l'heure du choix. La pression démographique rend le statu quo impossible. Trois chemins se dessinent.

  • Le saut technologique : Comme l'Afrique est passée directement au téléphone portable sans jamais avoir eu de lignes fixes, elle pourrait passer directement à l'énergie solaire et à des intelligences artificielles libres et peu coûteuses, comme celles que la Chine distribue aujourd'hui. Ce serait une intégration choisie, sur ses propres termes.
  • L'intégration sous tutelle : Le Sud entre dans le monde numérique par la porte du contrôle : identité biométrique, monnaie numérique, plateformes étrangères. Il devient un marché et un réservoir de données, sans maîtriser ses outils. C'est peut-être le scénario vers lequel les tendances actuelles semblent le plus naturellement conduire.
  • Le décrochage durable : Une partie du continent reste en marge, minée par les conflits, le climat et les prédations. La pression migratoire vers le Nord devient alors massive, avec toutes les tensions que l'on imagine.

À plus long terme, au-delà de 2050 : le renversement possible. C'est l'hypothèse la plus inattendue, et peut-être la plus importante.

Et si les plus fragiles n'étaient pas ceux qu'on croit ?

Regardons froidement la situation de l'humanité connectée. Elle dépend d'une énergie de plus en plus chère et de plus en plus disputée. Elle dépend de métaux qu'elle ne produit pas. Elle dépend de réseaux, de serveurs et de satellites dont la moindre panne paralyse tout. Elle vit à crédit depuis deux générations. Elle dépend enfin, de plus en plus, de quelques entreprises qui fixent seules les conditions d'accès à ses propres capacités intellectuelles. C'est également un sujet que j'ai traité dans la deuxième partie de mon livre, consacrée au déclin de l'UE, mais en réalité ça ne concerne pas qu'elle.

Fabrice Epelboin l'a dit avec humour dans l'entretien cité au début de cet article : un jour, l'homme "augmenté" devra cliquer sur "j'accepte" pour ne pas perdre son intelligence d'emprunt (10). On sourit. Mais c'est exactement la définition de la face la plus sombre d'une dépendance.

En face, l'autre humanité peut encore faire pousser sa nourriture, construire son abri, soigner avec ce qu'elle a, vivre en communauté sans réseau. Ces savoirs, nous les avons perdus en deux ou trois générations. Combien d'Européens pourraient survivre un mois sans électricité, sans supermarché et sans téléphone ? Peut-être pas trop mal dans les campagnes et villages, mais étant donné que notre civilisation est devenue en grande majorité urbaine, aucune chance que le locataire du 11e étage puisse vivre en autarcie.

Je ne fais pas ici l'éloge de la pauvreté car personne ne souhaite vivre sans médecin ni eau potable. Mais il faut avoir le courage de poser la question : en cas de choc majeur, énergétique, financier ou géopolitique, quelle humanité tiendrait le mieux ? Celle qui a tout délégué aux machines, ou celle qui n'a jamais rien délégué ? Au bout de ce chemin hypothétique, laquelle en sortira la plus "riche" ?

Conclusion : vivons-nous tous sur la même planète ?

Géographiquement, oui. Pour le reste, pas si sûr... et de moins en moins.

Nous avons cru que le progrès allait unir l'humanité mais il l'a coupée en deux. D'un côté, une humanité vieillissante, riche, connectée et de plus en plus dépendante. De l'autre, une humanité jeune, pauvre, nombreuse et encore partiellement autonome dans ses besoins essentiels. La première écrit le récit, et la seconde écrit probablement l'histoire.

Tout au long de mes écrits, j'ai toujours défendu l'idée que l'intelligence artificielle ne change pas l'homme, elle ne fait que le révéler, et dans le cas présent, elle révèle ici quelque chose de très inconfortable : notre vision du monde s'arrête là où s'arrête notre connexion. Le vrai choix n'est pas entre accepter la technologie ou la refuser. Il est entre sa maîtrise et la dépendance. Et sur ce terrain, l'Occident n'est pas le mieux placé.

La prochaine fois que l'on vous demandera ce qu'on va "faire des humains", posez une question en retour : lesquels ?

Sources

 Serge Van Cutsem

 reseauinternational.net