
© Getty Images
Logo de France Télévisions
France Télévisions prévoyait de confier à la société israélienne Terrific un dispositif pouvant recueillir des données sur les préférences politiques de téléspectateurs. Le projet a suscité des inquiétudes internes en raison des liens de l'entreprise avec des personnalités proches de Benjamin Netanyahou et du risque d'ingérence étrangère.
Lire aussi

Crise à France Télévisions : Delphine Ernotte dans la tourmente après des accusations de mensonge en commission
Le système devait permettre aux téléspectateurs de poser des questions aux responsables politiques invités et de participer à des sondages en direct. Pour fonctionner, il aurait nécessité la collecte et l'analyse de données susceptibles de révéler les opinions et préférences politiques des participants, une catégorie particulièrement sensible au regard du droit européen.
En lien avec Netanyahou
L'enjeu était d'autant plus grand que la plateforme france.tv touche une audience considérable. En septembre 2026, elle a rassemblé 45 millions de visiteurs uniques sur le mois et près de 5,9 millions chaque jour. Un éventuel accès à des données politiques issues d'un bassin d'utilisateurs aussi vaste aurait donc soulevé des questions majeures de souveraineté numérique et de protection des données.
France Télévisions conteste toutefois l'idée d'un retrait directement provoqué par l'enquête. Le groupe affirme avoir abandonné le projet parce que les tests réalisés avec Terrific n'étaient pas concluants. Reste que la décision a été prise alors que Mediapart avait informé l'entreprise de la publication imminente de son enquête.
L'affaire dépasse donc le simple choix d'un prestataire technique. Elle pose la question du contrôle des données politiques produites par les téléspectateurs d'un média public et de leur éventuelle exposition à des acteurs étrangers liés à des activités de ciblage politique.