
par Bruno Guigue
Ce qui est dérisoire jusqu'à l'écœurement, c'est le laïus de ces radoteurs qui assènent que les jeunes ne reconnaissent plus l'autorité, que tout le problème vient de là, qu'il va falloir la restituer cette autorité, que de bons coups de pied au cul leur feraient du bien à ces merdeux, que les forces de l'ordre ont bien du mérite, et j'en passe et des meilleures de cette immonde coulée verbale qui suinte de tous les trous du capitalisme médiatique.
L'autorité bafouée, vraiment ? Mais de quelle autorité parlez-vous ? De celle de l'État ? Il n'existe plus depuis longtemps, cet État, sauf pour manier la matraque, et encore pas contre n'importe qui, contre des gamins sans défense de préférence, pas contre les casseurs qui ont mis leur brassard de police dans leur poche !
L'autorité, c'est celle de Macron, la call-girl de la finance qui a ruiné notre pays, vendu à l'encan les joyaux de son industrie et saccagé ses services publics, tout en ajoutant à ce sale boulot de fossoyeur national un souverain mépris pour les travailleurs ? Cet imposteur de haut vol, qui préfère financer la guerre plutôt que donner les moyens dont ils ont besoin à l'école, à l'hôpital et aux pompiers ?
Eh oui, si le pays fout le camp, et c'est bien vrai qu'il part en quenouille, ce n'est pas la faute des lycéens ou de de LFI, c'est la faute de ses dirigeants : ils ont saboté tout ce que des décennies de luttes sociales avaient permis d'obtenir, tout ce qui faisait de la France une République digne de ce nom.
Le macronisme, c'est une entreprise de démolition à grande échelle, un dynamitage en règle de ce qui restait de lien social Et le pire c'est que la clique répugnante dont il sert les intérêts, cette grande bourgeoisie qui se moque de la France comme d'une guigne, a déjà prévu la solution de rechange avec le RN, ce ramassis d'arrivistes dirigé par un clan familial kleptomane qui tient en laisse un gigolo crétinisé par le soralisme en guise d'attrape-mouches électoral.
La manœuvre est pourtant facile à voir tant c'est cousu de fil blanc : quand les jeunes réclament des lycées qui fonctionnent, quand ils veulent des perspectives d'avenir, le pouvoir macronien, le RN et la cohorte des plumitifs de service leur répondent à l'unisson qu'ils sont manipulés, que tout ça c'est la faute des gauchistes ou des islamistes, et toute la mafia médiatique reprend en chœur cette chanson abjecte.
C'est plus fort qu'eux : tout ce que le marigot politique compte de raclures de droite et d'extrême droite applaudit à la répression et en réclame encore une couche en espérant le bain de sang qui discréditera le mouvement social.
Entre le pouvoir et le RN, entre Macron et Le Pen, qui ne voit que c'est le grand amour ? Aujourd'hui l'un cogne sur les lycéens et manie la matraque, l'autre flatte la police et encense la matraque. Demain, ce sera sans doute l'inverse, car avec ces salauds-là l'échange des rôles est toujours au programme pour que rien ne change
Avis aux amateurs sans cervelle du "on n'a pas encore essayé" : désolé mais on ne combat pas le cancer en l'aidant à répandre ses métastases. Ceux qui clament : "La jeunesse emmerde le Front National" ont bien raison. Moi aussi, je l'emmerde, et le macronisme avec. Lepénisme et macronisme sont les deux faces de Janus du fascisme qui vient.
Contre la vermine, le combat ne fait que commencer !
source : Bruno Guigue