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Le secrétaire d'État Marco Rubio, le 8 octobre à Lisbonne, au Portugal. [Photo d'illustration]
La diplomatie états-unienne a menacé, ce 9 octobre, de "mettre fin" à la CPI au moyen de nouvelles sanctions si aucun accord n'était trouvé pour soustraire les Américains à sa juridiction. Non reconnue par les États-Unis, cette institution - que Washington applaudit lorsqu'elle s'en prend à la Russie - est régulièrement menacée par ces derniers.
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Dans un communiqué publié ce 9 octobre, le département d'État a annoncé des "sanctions supplémentaires" contre la Cour pénale internationale (CPI), sous couvert de "défendre la souveraineté américaine et ses citoyens contre la menace" que représenterait cette institution.
"L'Amérique n'a jamais adhéré à cette cour. Nous n'avons pas besoin de cette cour et nous n'en voulons pas", a déclaré Marco Rubio dans une vidéo publiée sur X, renvoyant au consensus en vigueur aux États-Unis selon lequel la CPI ne saurait poursuivre des citoyens ou des soldats américains.
Today, the Trump Administration is sanctioning the ICC. This action should encourage our Allies within the Court to work for solutions to end this threat to U.S. sovereignty forever. t.co
- Secretary Marco Rubio (@SecRubio) October 9, 2026
Le chef de la diplomatie américaine a expliqué que ces sanctions entreraient en application dans 180 jours, à moins qu'un accord ne soit conclu d'ici là. Elles entraîneraient l'interdiction de toute transaction financière avec la CPI afin de "la couper de ses ressources et réduire sa capacité à opérer"
"Mettre fin à cette menace une fois pour toutes"
"Notre message est clair : les États-Unis et leur peuple ne relèvent pas de la compétence de ce simulacre de CPI. Les deux parties s'accordent sur ce point, mais seul le président Trump a la détermination nécessaire pour prendre les mesures qui s'imposent pour mettre fin à cette menace une fois pour toutes", a ajouté Marco Rubio.
"Soit la CPI mettra fin à ses menaces, soit nous mettrons fin à la CPI. Nous attendons de nos alliés, dont beaucoup font partie de la CPI et comptent sur les militaires américains pour leur défense, qu'ils maîtrisent cette cour véreuse", a-t-il poursuivi.
Cette annonce survient, comme plusieurs médias occidentaux ont jugé nécessaire de le souligner, "quelques heures après l'attribution du prix Nobel de la paix à l'ancienne juge sud-africaine Navi Pillay, récompensée notamment pour son travail au sein de cette juridiction" basée à La Haye.
La CPI, qui n'est pas reconnue par une soixantaine de pays, dont les États-Unis, la Russie et la Chine - tous trois membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies -, a dénoncé, par voie de communiqué, une "attaque contre l'État de droit et les fondements mêmes de l'ordre juridique international" qui, selon elle, "porte un coup au principe fondamental selon lequel nul n'est au-dessus des lois".
Des sanctions "profondément regrettables", regrette une UE aux ordres
L'Union européenne, qui, visiblement, n'a nullement l'intention de défendre la CPI face à son "allié" états-unien, bien que celle-ci siège dans l'un de ses États membres, s'est contentée - également dans un communiqué - de se déclarer "prête à prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre à la Cour de poursuivre son travail", estimant ces sanctions washingtoniennes "profondément regrettables".
Plusieurs hauts responsables de cette juridiction s'étaient ainsi retrouvés sous sanctions américaines après l'émission, en novembre 2024, de mandats d'arrêt à l'encontre du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et de son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, dans le cadre de la guerre menée par Israël à Gaza. Un coup de pression similaire à celui exercé par Washington en 2020, déjà sous Donald Trump, après qu'une procureure s'était penchée sur les exactions commises par l'armée américaine lors de l'invasion de l'Afghanistan.
Par ailleurs, depuis 2002, une loi fédérale donne au président américain carte blanche pour "utiliser tous les moyens nécessaires et appropriés pour obtenir la libération" d'un citoyen - ou d'un "allié" - des États-Unis qui viendrait à être détenu par la CPI, y compris par la force militaire. Un texte, promulgué sous George W. Bush, qui fut surnommé "The Hague Invasion Act".