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L'Irak rejette la demande de la Syrie de rapatrier 4 000 terroristes de Daech

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L'Irak a rejeté la demande de la Syrie de rapatrier quelque 4 000 terroristes de Daech qui ont été transférés de centres de détention syriens vers des prisons irakiennes au début de l'année. Ceux qui ont commis des crimes en Irak doivent être jugés conformément à la loi irakienne, soutient le gouvernement de Bagdad.

Le conseiller irakien à la sécurité nationale, Qasim al-Aboudi, a déclaré qu'une réunion avait eu lieu récemment entre la Syrie, l'Irak et les États-Unis pour discuter du sort des détenus.

Il a indiqué à l'Associated Press que Bagdad avait décliné la demande de Damas de livrer les quelque 4 000 prisonniers syriens pour qu'ils soient jugés en Syrie.

D'après le rapport, les autorités irakiennes ont établi qu'environ 400 prisonniers syriens n'appartenaient pas au groupe terroriste Daech et pouvaient être libérés. Une cinquantaine d'autres ont déjà été remis à la Syrie.

"L'Irak mène des enquêtes, et toute personne reconnue coupable de crimes commis en Irak sera jugée conformément à la loi irakienne", a déclaré al-Aboudi. Certains détenus pourraient ultérieurement être transférés dans leur pays d'origine pour y purger le reste de leur peine, a-t-il ajouté.

Plus de 5 700 prisonniers ayant des liens avec Daech, dont quelque 4 000 Syriens, ont été transférés du nord-est de la Syrie vers l'Irak après des affrontements survenus en janvier dernier entre les forces du régime syrien Hayat Tahrir al-Cham (HTC) et les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les États-Unis et dirigées par les Kurdes, qui contrôlaient depuis longtemps les centres de détention où les terroristes étaient détenus.

À l'époque, de nombreux détenus de Daech se sont évadés des prisons du nord-est de la Syrie. Les FDS ont déclaré avoir perdu le contrôle d'une prison à la suite des attaques des forces de Hayat Tahrir al-Cham (HTC).

Des analystes et des sources régionales ont évoqué une possible coordination - ou du moins des actions parallèles - impliquant les forces américaines, les autorités kurdes et des factions syriennes.

Ces discussions sur le sort des prisonniers interviennent alors que l'armée américaine a achevé son retrait d'Irak, mettant fin à plus de deux décennies d'occupation menée par les États-Unis.

Les États-Unis ont envahi l'Irak en mars 2003 pour renverser le régime de Saddam Hussein, qu'ils accusaient à tort de posséder des armes de destruction massive.

La coalition formée par les États-Unis et leurs alliés en a retiré ses troupes en décembre 2011, mais y est revenue en 2014 après que le groupe terroriste Daech s'est emparé de vastes étendues du territoire irakien.

Jomaa al-Atwani, directeur du centre de recherche "Ufuq" en Irak, a expliqué que Daech est essentiellement un complot international visant à préparer le retour des États-Unis dans la région.

Al-Aboudi a déclaré que l'Irak avait demandé un soutien financier aux États-Unis et à d'autres États membres de la coalition présumée contre Daech pour couvrir les frais d'hébergement des prisonniers.

"L'Irak a demandé une allocation de 500 millions de dollars. La coalition a promis son soutien, mais l'Irak attend toujours", a-t-il indiqué.

Al-Aboudi a ajouté que les prisonniers originaires de pays ayant conclu des accords d'échange de prisonniers avec l'Irak pourraient être rapatriés dans leur pays d'origine pour y purger le reste de leur peine après leur condamnation.

Cependant, de nombreux pays occidentaux ne souhaitent pas le retour de leurs citoyens accusés ou condamnés pour liens avec Daech, ni celui des femmes et des enfants soupçonnés d'être membres de la famille de terroristes.

Cette demande intervient alors que des informations font état d'une requête de l'Arabie saoudite auprès du président de facto syrien, Abou Mohammed al-Jolani, visant à envoyer des combattants extrémistes de l'armée syrienne au Yémen.

Citant trois responsables américains, Axios a rapporté jeudi que l'Arabie saoudite et la Syrie discutaient du déploiement de jusqu'à 20 000 terroristes au Yémen pour appuyer l'offensive de l'Arabie saoudite contre les forces armées yéménites.

Le plan a reçu le feu vert de l'administration du président américain Donald Trump et du commandement central américain, selon le rapport. Al-Jolani envisagerait sérieusement la demande.

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