L'ancienne Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme et juge à la Cour internationale de Justice (CIJ), Navi Pillay, a reçu le prix Nobel de la paix pour ses efforts de promotion de la paix et du droit international, a annoncé Jorgen Watne Frydnes, président du Comité norvégien du prix Nobel.
Âgée de 85 ans, Mme Pillay est née en Afrique du Sud et a occupé le poste de cheffe des droits de l'homme à l'ONU de 2008 à 2014, période durant laquelle elle a fréquemment critiqué les actions d'Israël.
"À une époque où le nombre de guerres et de conflits augmente, et où les juges et les institutions du droit international sont la cible d'attaques politiques, le Comité Nobel souhaite rappeler que la capacité à résoudre les conflits sans recours à la force ou à la violence dépend de l'application du droit international", a déclaré le Comité Nobel dans un communiqué de presse.
Le comité a ajouté qu'un système juridique international permettant de tenir les criminels de guerre pour responsables et d'assurer justice aux victimes d'abus est une condition préalable à un monde pacifique.
Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU salue la nouvelle
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a salué l'attribution du prix Nobel de la paix à Navi Pillay, reconnaissant son engagement de longue date en faveur des droits humains.
"C'est une excellente nouvelle ; nous avons besoin de plus de dévouement et d'engagement envers les droits de l'homme", a déclaré aux journalistes Shabia Mantoo, porte-parole du Haut-Commissariat à Genève.
Guterres félicite Navi Pillay pour son prix Nobel de la paix
Dans un communiqué, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres a décrit Navi Pillay comme une "championne" du droit international et des droits humains, ainsi qu'une voix indépendante au service de la justice dans certaines des affaires internationales les plus importantes de ces dernières années.
Il a rappelé ses fonctions de Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme et de présidente de la Commission d'enquête internationale indépendante de l'ONU sur le territoire palestinien occupé.
Antonio Guterres a également souligné son travail en Afrique du Sud, ainsi que ses fonctions de juge internationale et de présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda et salué son travail dans des affaires portant sur des crimes internationaux, notamment le génocide au Rwanda.
L'héritage de Mme Pillay dans la défense de la Palestine
Mme Pillay a présidé la Commission d'enquête internationale indépendante des Nations unies sur les territoires palestiniens. Dans un rapport publié en septembre 2025, la Commission a conclu qu'Israël avait commis un génocide à Gaza, citant l'incitation directe de la part de hauts responsables israéliens.
La Commission a examiné les événements survenus entre le 7 octobre 2023 et le 31 juillet 2025, concluant que les autorités et les forces de sécurité israéliennes avaient commis quatre des cinq actes définis comme relevant du génocide selon la Convention de 1948.
La Commission a identifié ces quatre actes comme étant le meurtre de Palestiniens, l'infliction de graves sévices corporels ou mentaux, l'imposition délibérée de conditions de vie calculées pour entraîner la destruction physique des Palestiniens à Gaza, et les mesures visant à entraver les naissances.
Son évaluation a porté sur les opérations militaires israéliennes, le siège et les restrictions imposées à l'aide humanitaire, la destruction des systèmes de santé et d'éducation, les attaques visant les enfants, les violences sexuelles et fondées sur le genre, ainsi que les dommages causés aux sites religieux et culturels.
La commission a également examiné les déclarations faites par des responsables politiques et militaires israéliens, parallèlement au mode opératoire des forces israéliennes. Elle a conclu que ces déclarations et ces actions indiquaient une intention d'anéantir les Palestiniens de Gaza en tant que groupe, en appliquant la norme de "la seule déduction raisonnable" (the "only reasonable inference" standard) utilisée par la Cour internationale de Justice dans l'affaire Bosnie vs Serbie pour évaluer l'intention génocidaire.
