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Itamar Ben-Gvir, ministre israélien d'extrême droite.
La forte droitisation des jeunes Israéliens dépasse le seul effet électoral du 7-Octobre. Elle traduit l'effacement progressif du logiciel d'Oslo au profit d'une vision dominée par la sécurité et le rapport de force. L'enjeu est moins une poussée mécanique de Ben-Gvir qu'une normalisation durable de thèmes autrefois réservés à l'extrême droite.
Un récent sondage publié à l'approche des élections du 27 octobre confirme une transformation profonde de la société israélienne : les jeunes ne se contentent plus de voter davantage à droite que leurs aînés, ils grandissent désormais dans un univers politique où les catégories de sécurité, de force et de contrôle territorial structurent presque tout le débat public. Chez les primo-votants, 74 % se définissent à droite ou au centre droit, contre 67 % dans l'ensemble de la population adulte.
Cette évolution ne peut pas être réduite au seul choc du 7-Octobre. Elle s'inscrit dans une tendance de près de 20 ans, nourrie par la seconde Intifada, l'échec du processus d'Oslo, les guerres successives à Gaza et l'effacement progressif de la gauche israélienne. Pour une génération née après les accords d'Oslo, la perspective d'un compromis territorial avec les Palestiniens relève moins d'une expérience politique concrète que d'un souvenir transmis par les générations précédentes.
Droitisation des esprits
Le 7-Octobre a néanmoins accéléré cette dynamique. La sécurité est devenue un prisme central pour une génération qui a connu les massacres du Hamas, la guerre à Gaza, les affrontements avec le Hezbollah puis le conflit avec l'Iran. Plus largement, 68 % des Israéliens juifs affirment que le 7-Octobre constitue un élément central dans leur choix électoral.
Cette droitisation ne signifie toutefois pas automatiquement un raz-de-marée électoral pour Ben-Gvir ou Smotrich. Le même sondage montre que seuls 5 % des primo-votants choisiraient Otzma Yehudit et 6 % le Parti sioniste religieux, tandis que d'autres formations de droite, du centre droit ou issues de l'opposition captent une part importante de cet électorat.
Le changement est donc surtout idéologique. Les thèmes naguère cantonnés à l'extrême droite - rejet d'un État palestinien, maintien durable de zones de sécurité ou annexion - sont davantage entrés dans le débat dominant. Trois ans après le 7-Octobre, la principale conséquence politique pourrait ainsi être moins le succès ponctuel d'un parti que l'installation durable d'une génération beaucoup plus méfiante envers toute logique de compromis.