
Par Philip Giraldi, le 8 octobre 2026
Les États-Unis rivalisent avec Israël pour le titre de "pays le plus détesté".
Ce fut une nouvelle semaine épouvantable à Washington, le président Donald Trump s'étant illustré par une déclaration apparemment improvisée qui a égalé, voire surpassé, son effroyable prestation aux Nations unies, où il envisageait d'"anéantir" l'Iran et de le ramener à l'âge de pierre. Apparemment, la mort de plus de 90 millions de Perses pourrait satisfaire les pulsions sanguinaires de Donald lorsqu'il s'agit de massacrer des civils innocents, mais la dernière réflexion de notre bien-aimé leader l'a poussé à s'exprimer lors d'un meeting électoral dans le Nebraska, où il a laissé entendre qu'il pourrait bien envisager de poursuivre la guerre contre l'Iran, même si le prix à payer pour les Iraniens doit passer par des représailles entraînant l'anéantissement de certaines de nos villes. Il a déclaré :
"C'est un prix modique à payer pour assurer la sécurité mondiale et celle de notre pays, et tout cela sera très vite réglé. Qu'ils détruisent Los Angeles, qu'ils détruisent San Diego".
Trump a clairement considéré toute cette affaire comme une sorte de quid pro quo, s'attendant à ce que même les Californiens jugent le prix à payer acceptable s'il empêche l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. Mais il n'a pas réussi à établir de lien plausible entre cette arme inexistante et le bonheur que procurerait l'anéantissement de millions d'Américains. L'ironie, bien sûr, c'est que, puisque l'Iran ne possède pas d'armes nucléaires et ne développe même pas ce programme - un point largement confirmé par les services du renseignement américains -, il ne pourrait en aucun cas détruire l'une ou l'autre de ces villes de la côte Ouest, ni même les deux. Mais là encore, Trump n'est pas particulièrement doué pour la réflexion approfondie, et ce qu'il a tendance à raconter correspond à ce qui s'agite dans les trois cellules cérébrales encore en état de fonctionner dans son crâne surdimensionné.
Fait intéressant, la vidéo enregistrant le rassemblement montre la foule de partisans du mouvement "Make America Great Again" (MAGA) du Nebraska acclamant cette déclaration sans se rendre compte, semble-t-il, que cette guerre n'aurait jamais dû avoir lieu, que l'Iran ne représente aucune menace militaire pour les États-Unis, et que toute cette tragédie pourrait prendre fin si Trump réitérait sa fréquente déclaration de "victoire" et ordonnait ensuite le rapatriement de toutes les troupes pour y mettre un terme. Ainsi, personne ne "perd" et les innocents cessent de mourir, mais cette option ne semble pas, pour une raison ou une autre, intéresser la Maison Blanche.
Après cette annonce, le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, et le maire républicain de San Diego, Todd Gloria, ont tous deux condamné le président Trump pour sa propension à sacrifier la vie d'un grand nombre d'Américains au nom des mauvaises politiques menées par Washington.
Newsom a écrit sur les réseaux sociaux :
"Après avoir envoyé la Garde nationale occuper la Californie, Donald Trump affirme désormais que nos ennemis étrangers devraient 'anéantir' Los Angeles et San Diego. Il est dérangé et dangereux".
Gloria a ajouté : "San Diego n'est pas un dommage collatéral. Nous ne sommes pas sacrifiables. Et nous ne sommes en aucun cas un 'prix modique à payer'. Laissez notre ville en dehors de votre rhétorique belliciste irresponsable".
La Maison Blanche a naturellement réagi pour soutenir les propos de Trump, le directeur de la communication Steven Cheung écrivant sur les réseaux sociaux :
"La panique médiatique suscitée par les propos du président Trump n'a aucun fondement. Il a clairement indiqué que les villes américaines seraient menacées si l'Iran nucléaire n'était pas été stoppé. Les États-Unis sont plus en sécurité grâce au président. L'Iran n'a ni programme nucléaire, ni marine, ni armée de l'air, ni argent".
Notons au passage que le directeur de la communication de Trump, qui a faussement interprété le commentaire en prétendant à tort que le président aurait "empêché" l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, s'est montré incapable de saisir le sens réel des propos de Trump et a préféré inventer ce qu'il aurait pu vouloir dire. Voilà pourquoi la Maison Blanche est aussi fonctionnellement défaillante.
Au-delà de ce constat, un événement s'apparentant au moins vaguement à une politique constructive s'est produit le 30 septembre, lorsque les États-Unis ont procédé au retrait complet de leurs troupes d'Irak, pays qu'ils occupaient de facto depuis 23 ans. Ce retrait, qui fait suite à de multiples appels du gouvernement irakien, semble motivé par la volonté d'éloigner les troupes américaines de la portée effective de certains missiles à courte portée et drones iraniens, capables de frapper facilement l'Irak. Les soldats et aviateurs seront déployés en Jordanie voisine, soit suffisamment près pour intervenir si les Irakiens devaient s'avérer indisciplinés et commettre des actes jugés contraires aux "intérêts" américains.
Certains se souviendront qu'en janvier 2020, Donald Trump, alors président, avait ordonné l'assassinat du chef des Gardiens de la révolution iranienne, Qasim Soleimani, qui venait d'atterrir à l'aéroport de Bagdad pour participer à des pourparlers de paix entre son pays et les Irakiens. Les pourparlers de paix n'étant pas le fort des partisans de Trump, en particulier lorsqu'ils impliquent des ennemis réels ou potentiels d'Israël, Soleimani devait donc être neutralisé. Les Irakiens sont certainement conscients que le départ des soldats américains ne signifie pas la fin de l'intervention américaine qui peut bien sûr s'exercer par voie militaire, mais aussi par le biais de sanctions et d'autres méthodes moins agressives.
Tout cela pour dire que la partie n'est pas encore terminée et que Trump est tout à fait capable de commettre une erreur monumentale pour tenter de sauver le peu de crédibilité qui lui reste. Derrière bon nombre de ces absurdités se cache le cercle vicieux impliquant Trump lui-même et ses bons amis en Israël. Ne vous y trompez pas : Israël est bien déterminé à créer un "Grand Israël" et à liquider ses ennemis potentiels en Asie et en Afrique. Et, contrairement à l'Iran, il dispose bel et bien de l'arme nucléaire grâce au matériel et à la technologie qu'il a volés aux États-Unis avant d'assassiner le président John F. Kennedy qui tentait de l'en empêcher. Quant à ce crétin de Donald, il fera tout ce qui est en son pouvoir pour favoriser la réélection du Premier ministre Benjamin Netanyahu, que ce soit sous la contrainte d'un chantage ou par pure passion pour cet assassin. Quoi qu'il en soit, Trump coopérera pleinement avec Netanyahu ou celui qui lui succédera. Nous assisterons donc comme d'habitude à un consensus autour de la nécessité de tout faire pour satisfaire l'État juif, émanant de la foule habituelle des partisans de la "priorité à Israël" au Congrès, dans les grands médias et au sein des fondations venues s'appuyer sur l'argent et le "respect" que procure la fréquentation de ceux qui sont chers à Sion.
Pour ceux qui ne se rendent toujours pas compte à quel point les militants sionistes se sont fortement immiscés dans la vie politique, je recommande vivement un article publié par le très respectable Quincy Institute, paru cette semaine et rédigé par Kelley Vlahos, rédactrice en chef de Responsible Statecraft. Cet article révèle les détails sordides de la façon dont le lobby israélien, soutenu par des milliardaires juifs, a réussi à créer puis subvertir un mouvement conservateur qui, à l'origine, semblait défendre l'intérêt des États-Unis, pour le mettre au service des intérêts d'Israël. Elle décrit comment
"la conférence annuelle [NatCon 2026], prétendument lancée à l'intention des conservateurs américains en 2019, se tient cette semaine à Jérusalem et se concentre principalement sur le renforcement du soutien américain à l'État juif".
Si Israël parvient à ses fins, la conférence aboutira à une proposition d 'intégration américano-israélienne au Pentagone et permettra à Israël de prendre sa place en tant que "partenaire" des États-Unis tant en matière de défense que de politique étrangère. Soyons-en bien conscients, Israël va nous saigner à blanc puis abandonner notre carcasse sans le moindre état d'âme. Ce sera la fin de notre nation. Le président Donald J. Trump et son prédécesseur Joe Biden ont largement contribué à accélérer ce processus, et c'est à eux, comme aux autres lâches du Congrès et des médias, que nous devons le gouffre abyssal où nous, peuple autrefois fier et indépendant, allons bientôt sombrer.
Traduit par Spirit of Free Speech
* Philip M. Giraldi est directeur exécutif du Council for the National Interest, une fondation éducative qui milite en faveur d'une politique étrangère américaine au Moyen-Orient davantage axée sur l'intérêt national. Son site web est councilforthenationalinterest.org et son adresse e-mail est informcnionline.org.