Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a dénoncé la menace du secrétaire d'État américain Marco Rubio de démanteler la Cour pénale internationale (CPI) "brique par brique" si les alliés de Washington ne parvenaient pas à la contenir, qualifiant cette menace d'attaque directe contre l'ordre institutionnel mis en place après la Seconde Guerre mondiale.
Dans une publication sur X samedi 10 octobre, M. Baghaï a rappelé les leçons des années 1930, soulignant que "les ordres internationaux ne s'effondrent pas seulement sous l'effet d'agressions, mais aussi lorsque le recours à la force se banalise et que le monde reste silencieux".
Il a directement interpellé les gouvernements européens : "Être fidèle à une alliance signifie-t-il défendre le droit international ainsi que le cadre normatif et institutionnel de l'après-guerre, ou soutenir les États-Unis alors qu'ils s'emploient à le démanteler ?"
M. Baghaï a averti que sacrifier le droit et la justice pour ménager un allié agressif réduisait tout discours sur les droits de l'homme et sur un "ordre international fondé sur des règles" à une "rhétorique creuse".
Ces propos reflètent la position constante de l'Iran, selon laquelle l'application sélective du droit international par les puissances occidentales fragilise les institutions mises en place après 1945 pour prévenir les agressions et protéger les populations civiles.
Politique de la peur : ennemis imaginaires et destruction "acceptable" des villes américaines
Dans une déclaration distincte, M. Baghaï a affirmé que l'establishment américain avait fabriqué un "ennemi imaginaire venu du ciel" pour effrayer la population américaine et détourner l'attention de la véritable menace sur le terrain.
"Le véritable danger ne se trouve ni au-delà de leurs frontières ni dans le ciel au-dessus de Los Angeles et de San Diego", a-t-il écrit. "Il réside dans un establishment qui a imposé au monde une guerre illégale aux conséquences planétaires."
Le diplomate iranien a attiré l'attention sur une déclaration du président américain, qui avait qualifié la destruction potentielle de Los Angeles et de San Diego de "prix très modique à payer", y voyant un exemple typique d'une politique fondée sur la peur.
Il a expliqué que cette approche consistait à effrayer la population en agitant une menace extérieure fabriquée de toutes pièces, à banaliser la destruction de villes américaines elles-mêmes et à détourner l'attention du bilan de l'establishment, qu'il tient pour responsable du déclenchement et de la poursuite de guerres illégales.
L'Iran a constamment soutenu que les politiques américaines - qu'il s'agisse de sanctions unilatérales, d'interventions militaires ou de tentatives visant à soustraire certains alliés à toute obligation de rendre des comptes - avaient fragilisé les institutions multilatérales et banalisé le recours à la force.
Un ordre international fondé sur le droit exige que celui-ci soit appliqué de manière égale à tous, et non de façon sélective pour protéger les États puissants et leurs partenaires.
