💰 12/10/2026 reseauinternational.net  4min ⁎️ 6 #329710

France : des vendanges à leur plus bas niveau depuis 70 ans. L'Italie en recul de 7%, mais toujours leader mondial !

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par Paolo Hamidouche

La sécheresse et les vagues de chaleur réduisent les rendements, tandis que la réduction volontaire du vignoble et de la production vise à limiter les stocks invendus et à soutenir les prix.

La production de vin en France traverse une crise majeure. Les vendanges de 2026 sont estimées à environ 35 millions d'hectolitres, soit le niveau le plus bas depuis 1957 ; ce chiffre confirme les difficultés structurelles de l'un des secteurs emblématiques de l'économie française.

L'Italie, leader mondial du secteur, réduit également sa production : 41,1 millions d'hectolitres sont attendus pour 2026, soit une baisse de 7,22% par rapport à 2025.

Deux facteurs pèsent particulièrement lourd : un climat de plus en plus extrême, marqué par des sécheresses et des vagues de chaleur qui réduisent le rendement et la qualité du raisin, ainsi que la diminution des surfaces viticoles, due notamment à des mesures politico-économiques spécifiques.

La France sous ses plus bas historiques

Selon les estimations du ministère français de l'Agriculture, la production vitivinicole de 2026 atteindra près de 35 millions d'hectolitres, soit un recul de 2% par rapport à 2025 et de 14% par rapport à la moyenne 2021-2024. Les premières prévisions de septembre étaient encore plus pessimistes, tablant sur moins de 34 millions d'hectolitres et une baisse de 6% par rapport au millésime précédent. La révision d'octobre reflète de meilleurs rendements dans certaines zones, sans pour autant modifier le tableau d'ensemble.

La comparaison historique est frappante : en 1957, la France avait produit 32,5 millions d'hectolitres, et le chiffre de 2024 avait déjà été désigné par l'OIV comme le plus bas enregistré depuis cette année-là. L'année 2026 risque donc de confirmer une tendance de fond, plutôt que de représenter un simple millésime défavorable.

Chaleur, sécheresse et réduction du vignoble

C'est avant tout le climat qui pèse sur la baisse de la production. Le long été caniculaire, marqué par des températures records et la sécheresse, a considérablement réduit les rendements, entraînant une diminution de la taille des baies ainsi que des phénomènes d'échaudage et de flétrissement. Les vendanges ont débuté avec trois semaines d'avance, se classant parmi les plus précoces jamais enregistrées en France.

Outre un climat de plus en plus hostile, le recul des surfaces viticoles joue également un rôle. Selon  Le Figaro, le vignoble français s'est réduit de 1,9% en un an pour tomber à 740 000 hectares, sous l'effet notamment des politiques d'arrachage soutenues par le gouvernement pour répondre à la baisse de la consommation. La filière se retrouve ainsi prise en étau entre l'urgence climatique et une réduction délibérée de l'offre.

L'Italie réduit sa production mais reste en tête

L'Italie est elle aussi confrontée à cette même pression. La Commission européenne prévoit pour 2026 une production de vin et de moûts s'élevant à 41,1 millions d'hectolitres, soit une baisse d'environ 3,2 millions d'hectolitres par rapport aux 44,3 millions de 2025.

Cette réduction résulte certes de la sécheresse, mais aussi d'un choix délibéré : de nombreux producteurs, à l'instar du Consortium du Brunello di Montalcino, ont volontairement limité les rendements afin de réduire les stocks et de privilégier la qualité. Le président de l'Unione Italiana Vini, Lamberto Frescobaldi, a souligné la nécessité de trouver un nouvel équilibre entre quantité et qualité sur un marché caractérisé par des stocks élevés. Il suffit de noter qu'en juillet, les caves italiennes détenaient 45,6 millions d'hectolitres de vins et moûts, un volume supérieur à la récolte attendue. Le recul de la production italienne ne traduit donc pas nécessairement une crise de la production, mais s'apparente davantage à une correction du marché.

Une crise européenne

La France demeure le cas le plus préoccupant, car elle cumule la crise climatique affectant les vendanges et une contraction structurelle de la consommation ainsi que des surfaces viticoles. Bien qu'elle occupe toujours la première place mondiale et produise bien plus que la France, l'Italie fait face au même problème de fond : un ralentissement des marchés, des stocks lourds et la nécessité de préserver la valeur du produit.

L'Espagne, troisième producteur mondial, connaît elle aussi un recul important. La campagne 2025/2026 s'est achevée sur un volume de 33,1 millions d'hectolitres (en baisse de 10,1%), tandis que la prochaine récolte est estimée à environ 34,5 millions. Pour Paris, l'enjeu est d'éviter l'effondrement d'un pilier économique et identitaire, alors que l'Europe tout entière doit intégrer l'idée que produire moins pourrait ne pas être une défaite, mais la seule condition pour rester sur le marché.

source :  Paolo Hamidouche

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