Au total, 273 personnes, dont 188 mineurs, ont été placées en garde à vue à Paris entre le 29 septembre et le 8 octobre dans le cadre de la mobilisation lycéenne, a annoncé ce lundi 12 octobre la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, sur BFMTV. Parallèlement, huit enquêtes ont été confiées à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour des faits de violences imputés à des policiers lors des manifestations dans la capitale.
Selon la magistrate, la majorité des mineurs concernés étaient âgés de 15 à 16 ans. Au total, 195 des 273 gardes à vue ont donné lieu à des suites judiciaires. La procureure a précisé que la quasi-totalité des personnes déférées étaient jusqu'alors inconnues des services de police, de gendarmerie et de la justice.
Les huit enquêtes ouvertes à Paris s'ajoutent aux investigations menées à l'échelle nationale sur des violences policières lors des mobilisations lycéennes. Deux autres enquêtes ont été confiées à des cellules déontologiques de commissariats parisiens.
Ces investigations s'inscrivent dans un ensemble de 24 enquêtes ouvertes par l'IGPN à l'échelle nationale depuis le début du mouvement, selon un bilan communiqué vendredi par le ministère de l'Intérieur.
La mobilisation, entamée le 17 septembre, porte notamment sur le manque d'enseignants, la dégradation des conditions d'étude et la rénovation des établissements scolaires. Les organisations lycéennes réclament également la suppression de Parcoursup, la plateforme d'admission dans l'enseignement supérieur, dont elles dénoncent l'opacité des critères de sélection et le caractère discriminatoire de certaines procédures.
Face à la contestation, le gouvernement a annoncé des mesures de concertation et promis de reprendre certaines propositions formulées par les lycéens dans des amendements au projet de budget pour 2027. Ces annonces n'ont toutefois pas convaincu les organisations mobilisées, qui appellent à une nouvelle journée de manifestation mardi 13 octobre, présentée comme l'acte V du mouvement.
Dimanche 11 octobre, Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise, a lui aussi promis, lors d'un meeting à Clermont-Ferrand, de supprimer Parcoursup, qu'il a qualifié d'"ignominie".
