Un bâtiment administratif appartenant à la compagnie pétrolière publique saoudienne Saudi Aramco, dans la ville de Dhahran, dans l'est du pays, a été pris pour cible, provoquant un incendie, a annoncé le ministère saoudien de l'Énergie dans un communiqué mercredi 13 octobre, sur fond d'avertissements en provenance du Yémen.
Selon le ministère, l'incendie s'était déclaré la veille dans cette installation appartenant au géant pétrolier saoudien.
Dans le même temps, les autorités saoudiennes ont signalé l'interception de plusieurs missiles à travers le royaume. L'Agence de presse saoudienne (SPA), citant la Défense civile, a rapporté l'interception d'un missile de croisière au-dessus de Riyad. De son côté, la coalition dirigée par l'Arabie saoudite a annoncé avoir intercepté un missile de croisière au-dessus d'al-Kharj, dans la province de Riyad, ainsi qu'un autre missile dans la région de Haradh, située dans l'est du royaume. Des sirènes d'alerte ont également retenti à Riyad au moment de ces incidents.
En mars 2015, l'Arabie saoudite et ses alliés ont imposé un blocus au Yémen et lancé une vaste campagne militaire contre ce pays, avec le soutien militaire, politique et logistique des États-Unis et de plusieurs autres pays occidentaux.
Cette guerre a coûté la vie à des centaines de milliers de Yéménites, sans que l'Arabie saoudite parvienne à atteindre son principal objectif : rétablir au pouvoir les responsables qu'elle soutenait et qui avaient fui le pays dans un contexte d'incertitude politique.
Le 20 juillet, le gouvernement de Sanaa a décrété un blocus naval contre le royaume afin de faire pression sur les autorités saoudiennes pour qu'elles lèvent le blocus imposé depuis 12 ans au Yémen. Parallèlement les forces armées yéménites renforcent leurs positions autour du détroit stratégique de Bab el-Mandeb.
Mardi, le président du Conseil politique suprême du Yémen a déclaré que le pays poursuivrait son combat contre l'Arabie saoudite tant que Riyad n'aurait pas mis fin à sa guerre et à son blocus contre le Yémen, et que le pays n'aurait pas recouvré le contrôle de ses ressources nationales ni obtenu le retrait des forces étrangères.
Dans une déclaration à l'agence de presse yéménite SABA, Mahdi al-Mashat a qualifié de justifiées les opérations militaires menées par le Yémen contre l'Arabie saoudite. Il a affirmé que leur objectif premier était de mettre fin à douze années d'agression et de siège.
Al-Mashat a dénoncé la politique saoudienne visant à affaiblir l'État yéménite et à empêcher le pays de tirer profit de ses ressources naturelles et de ses richesses.
Il a affirmé que les Yéménites disposaient désormais d'une occasion historique de consolider leur cause nationale et de bâtir un État fort et juste, libre de toute soumission aux puissances étrangères et de toute dépendance extérieure.
Al-Mashat a également condamné les crimes commis par l'agresseur saoudien en ciblant les civils, réaffirmant le droit du peuple yéménite à riposter.
Le responsable a en outre accusé l'Arabie saoudite d'avoir transformé le détroit de Bab el-Mandeb en une "zone de guerre", tout en assurant la navigation internationale y demeurait sûre et que le Yémen restait déterminé à respecter ses obligations internationales en matière de navigation maritime.
Al-Mashat a réitéré le rejet par Sanaa des accusations saoudiennes selon lesquelles le Yémen aurait pris pour cible Médine, qualifiant ces allégations de preuve de l'impuissance et de l'échec de Riyad, condamnant l'alignement de l'Arabie saoudite sur les "plans sionistes".
Le responsable a mis en garde l'Arabie saoudite contre toute tentative d'impliquer le Yémen dans des attaques visant des lieux saints, soulignant que ceux-ci constituaient une "ligne rouge" et avertissant que Sanaa ne resterait pas silencieuse face à de telles "actions irréfléchies".
