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L'officier nigérien Abdoul-Razak Ibrahim Moussa Toro, blessé en 2014 lors d'une mission menée avec l'armée française et déclaré persona non grata par Paris le 16 septembre 2026, selon Niamey
Le 13 octobre, le Niger a dénoncé l'expulsion par la France de deux agents de son ambassade à Paris. Niamey affirme que l'un d'eux, un officier, est devenu paraplégique après une mission menée avec l'armée française en 2014. Déclaré persona non grata en septembre, il a dû quitter la France avec sa famille.
Le ministre nigérien de la Justice et des Droits de l'homme Alio Daouda a vivement dénoncé, le 13 octobre, l'expulsion de deux agents de l'ambassade du Niger à Paris. Dans une déclaration diffusée par la télévision publique nigérienne, il a qualifié la décision française d'"acte d'ingratitude grave et inacceptable".
Blessé aux côtés des Français, expulsé avec sa famille
L'un des agents nigériens expulsés par la France avait participé à des combats au Niger dans le cadre d'une opération menée par Paris. Le ministre a particulièrement insisté sur le cas de cet homme, Abdoul-Razak Ibrahim Moussa Toro.
Le 30 juillet 2014, il participait à une mission dans la région de Diffa, au sud-est du Niger. Grièvement atteint à la colonne vertébrale, il est devenu paraplégique. Il avait alors été évacué en France pour être soigné. Douze ans plus tard, Paris exigeait son départ.
"Peut-on chasser un homme blessé, mutilé et rendu inapte au service d'une coopération que l'on a soi-même voulue, ordonnée et payée ?", s'est indigné le ministre.
Aujourd'hui, l'expulsion d'un ancien partenaire militaire, blessé lors d'une mission commune, est devenue pour Niamey le symbole du traitement réservé par Paris à ceux qui l'ont servie. Le ministre l'a résumé sans détour : "Voilà comment la France remercie ceux qui ont servi à ses côtés. Elle sollicite les hommes, elle les engage et les finance. Puis lorsqu'ils tombent, elle les met à la porte avec leur famille quitte à devancer ses propres tribunaux."
Les deux agents avaient été déclarés persona non grata le 16 septembre. Trois jours plus tard, ils quittaient la France. Pour l'un d'eux, ce départ forcé s'est fait en famille, enfants compris, malgré une procédure engagée devant la justice.
Le 25 septembre, soit six jours après leur départ, le tribunal administratif de Versailles a annulé l'obligation de quitter le territoire français qui lui avait été délivrée, a précisé le ministre. "Peut-on invoquer partout les droits de l'homme et l'État de droit, puis expulser un homme pour échapper au jugement de ses propres juges ?", a-t-il demandé. Le Quai d'Orsay n'a pas commenté l'affaire.