
© Sakchai Lalit Source: AP
La directrice générale du FMI Kristalina Georgieva lors d'une conférence de presse sur le forum "Agenda politique mondial" pendant les assemblées annuelles du Fonds et du Groupe de la Banque mondiale, à Bangkok, en Thaïlande, le 14 octobre 2026
La directrice générale du FMI Kristalina Georgieva se dit optimiste quant à la capacité du Sénégal à trouver un accord avec ses créanciers. L'issue des discussions constitue un test pour le mécanisme du G20 consacré au traitement de la dette, alors que Dakar cherche à obtenir un nouveau programme de financement de 2,2 milliards de dollars.
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Le Sénégal pourrait devenir un cas de référence pour l'amélioration des mécanismes internationaux de restructuration de la dette souveraine. En marge des assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, le 14 octobre à Bangkok, la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva a exprimé sa confiance dans la capacité du pays à parvenir à un accord avec ses créanciers.
La dirigeante a précisé que le FMI soutiendrait le Sénégal dans le cadre d'un accord technique portant sur un programme de 2,2 milliards de dollars. Les modalités du traitement de la dette restent toutefois à négocier directement entre les autorités sénégalaises et leurs créanciers.
Selon elle, les échanges avec plusieurs créanciers importants montrent que ceux-ci reconnaissent l'importance de ce dossier pour le cadre commun du G20. L'objectif est de démontrer que les améliorations apportées à ce dispositif permettent de parvenir à des résultats plus rapides et plus efficaces.
Le cadre commun du G20, qui associe notamment des créanciers publics aux efforts de traitement de la dette des pays éligibles, a été critiqué par le passé pour la lenteur de ses procédures. Le cas sénégalais doit contribuer à mesurer l'effet des ajustements engagés au sein de la Table ronde mondiale sur la dette souveraine.
Une crise de la dette aux conséquences politiques
Les négociations se déroulent dans un contexte particulièrement difficile pour les finances publiques sénégalaises. En 2024, après l'arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, un audit des comptes de l'État a révélé que la dette et les déficits des années antérieures avaient été largement sous-estimés par l'administration précédente. La dette publique a ensuite été réévaluée à un niveau supérieur à 100 % du produit intérieur brut, les estimations plus récentes la situant autour de 130 %.
Cette découverte a fragilisé la relation entre Dakar et le FMI, qui a suspendu les décaissements de son programme de financement de 1,8 milliard de dollars, conclu en 2023. Le gouvernement issu du parti Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité), élu sur un discours de rupture avec l'ancien système politique, doit depuis concilier le rétablissement de la crédibilité budgétaire, le financement des dépenses publiques et ses engagements de transformation économique.
La question de la dette est ainsi devenue un enjeu central pour les nouvelles autorités, qui cherchent à assainir les comptes publics sans compromettre les perspectives de développement du pays. Un accord avec le FMI permettrait de rétablir un soutien financier multilatéral, même si les conditions précises d'un éventuel programme restent à finaliser.
Des négociations encore incertaines
L'optimisme affiché par la directrice générale du FMI ne signifie pas qu'un accord a été conclu. Le traitement de la dette dépend encore des discussions avec les créanciers, tandis que Dakar doit trouver un compromis sur les termes de la restructuration.
Le résultat sera également observé par d'autres pays confrontés à des difficultés de remboursement. Si le Sénégal parvient à conclure rapidement un accord, son expérience pourrait renforcer la crédibilité du cadre commun du G20. À l'inverse, des négociations prolongées souligneraient les limites persistantes de ces mécanismes.