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L'ancien officier ukrainien Sergueï Kouznetsov, accusé d'avoir dirigé le groupe chargé de placer des explosifs sur les gazoducs Nord Stream 1 et 2
Lors du procès du sabotage des gazoducs Nord Stream, ouvert le 14 octobre à Hambourg, le parquet fédéral accuse un ancien officier ukrainien d'avoir dirigé l'opération pour le compte d'entités étatiques de son pays. L'accusation estime que les conduites n'étaient pas des cibles militaires légitimes.
Des infrastructures civiles délibérément visées, selon l'accusation
Le procureur Stefan Schmidt a lu ce passage de l'acte d'accusation consacré au statut de ces infrastructures : "Les gazoducs ne constituaient pas une cible militaire légitime et ne pouvaient pas être utilisés comme moyens de combat."
Le ministère public lui reproche notamment un crime de guerre pour une attaque contre des infrastructures civiles. La défense conteste ces accusations et demande l'abandon des poursuites.
Selon l'accusation, Kouznetsov aurait quitté l'Ukraine le 4 septembre 2022 muni d'un faux passeport, avant de monter à bord du voilier Andromeda, dans un port allemand. Le groupe aurait transporté des équipements de plongée et des explosifs puissants, dont de l'hexogène (RDX) et de l'octogène (HMX), couramment utilisés à des fins militaires.
Une opération attribuée à des structures ukrainiennes
L'acte d'accusation affirme que le plan a été conçu "avec l'aval et sur ordre des autorités ukrainiennes". Six charges, contenant chacune au moins 14 kg d'explosifs, auraient été placées sur trois conduites près de l'île danoise de Bornholm, à une profondeur de 70 à 80 mètres.
Le 26 septembre 2022, les détonations ont éventré les deux conduites de Nord Stream 1 et l'une de Nord Stream 2. Depuis, ces trois canalisations sont hors service. Les gazoducs acheminaient du gaz russe vers l'Allemagne et jouaient un rôle majeur dans l'approvisionnement énergétique européen.
Le document du parquet fédéral précise : "Il existe des indices suffisants laissant penser que les actes de sabotage ont été commis pour le compte d'organismes de l'État ukrainien et pilotés par ces derniers."