Le ministère iranien des Affaires étrangères a vivement critiqué, par la voix de son porte-parole Esmaïl Baghaï, le chef de la diplomatie britannique, Ed Miliband, pour avoir qualifié l'Iran d'"agresseur".
Dans un message publié jeudi sur le réseau social X, Es;Baghaï a dénoncé une déformation grotesque de la réalité, après deux vagues d'agression militaire illégale menées par les États-Unis et Israël contre la République islamique d'Iran en l'espace de seulement neuf mois. Ces attaques ont été lancées alors que Téhéran était engagé dans des négociations avec la partie américaine.
Selon lui, le chaos qui sévit en Asie de l'Ouest est la conséquence directe d'interventions illégales, notamment de celles que le Royaume-Uni a soutenues ou auxquelles il a contribué.
Esmaïl Baghaï a souligné que présenter l'Iran comme l'agresseur alors que le pays a été la cible d'actes d'agression répétés, tout en privilégiant les voies diplomatiques, constitue un nouveau palier dans l'escalade de l'hostilité britannique envers l'Iran.
"C'est aussi absurde que de présenter l'Allemagne nazie comme une"défenseuse de la paix"tout en accusant le Royaume-Uni et ses alliés d'être agresseurs pendant la Seconde Guerre mondiale", a-t-il écrit.
Les deux vagues d'agression évoquées par Esmaïl Baghaï correspondent à la guerre des Douze Jours menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran en juin 2025, puis à l'offensive de quarante jours déclenchée le 28 février 2026. Dans les deux cas, l'Iran a exercé son droit inhérent à la légitime défense, conformément à l'article 51 de la Charte des Nations unies, en menant des opérations de riposte proportionnées qui ont finalement contraint les agresseurs à annoncer unilatéralement le cessez-le-feu.
Les pertes civiles et la destruction d'infrastructures en Iran ont été considérables. Des responsables iraniens ont affirmé que les attaques systématiques contre des écoles, des hôpitaux et des zones résidentielles constituaient des crimes de guerre.
L'Iran a maintes fois dénoncé la complicité du Royaume-Uni dans ces agressions. Londres a autorisé les États-Unis à utiliser des installations militaires britanniques, notamment les bases de Fairford et Diego Garcia pour des opérations contre l'Iran.
Téhéran et des observateurs indépendants ont rejeté cette qualification, estimant qu'elle ne constituait qu'un prétexte destiné à justifier, sur le plan juridique, la participation à une guerre d'agression non provoquée. Des responsables iraniens ont averti qu'une telle contribution pouvait constituer une complicité au regard du droit international.
Téhéran considère depuis longtemps le coup d'État américano-britannique de 1953 contre le gouvernement démocratiquement élu de Mohammad Mossadegh en Iran comme l'acte fondateur de cette hostilité. l'Iran dénonce aussi des décennies de soutien britannique aux crimes du régime israélien à Gaza, ainsi que la participation du Royaume-Uni aux régimes de sanctions visant l'Iran.
Alors que le Royaume-Uni et ses alliés continuent d'inverser les rôles entre agresseur et victime, l'Iran maintient que ses capacités de défense ne sont pas négociables et que la stabilité régionale ne saurait pas être instaurée par de nouvelles interventions illégales.
L'Iran souligne qu'il a intérêt à préserver la sécurité en Asie de l'Ouest plus que toutes les puissances extrarégionales. Dans ce sens, Téhéran appelle régulièrement Londres à renoncer à son approche conflictuelle.
