Couvre-feu partiel à Maurice après des violences

Maurice : Le couvre-feu est prolongé après les pires troubles en près de trente ans

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par Nouvelle Aube

Les autorités mauriciennes ont prolongé le couvre-feu pour une deuxième nuit, de 20h30 à 5h du matin. L'île connaît ses troubles les plus graves depuis près de trente ans. Pénuries d'eau, hausse du coût de la vie et tir lors d'une intervention policière ont enflammé la contestation. Les écoles restent fermées jusqu'à la fin de la semaine. Les voyagistes demandent aux touristes de rester dans leur hébergement la nuit.

Les autorités mauriciennes ont prolongé le couvre-feu à Maurice pour une deuxième nuit. La décision est tombée mercredi. Elle intervient alors que l'île vit ses troubles les plus graves depuis près de trente ans.

Cette nation insulaire de l'océan Indien passe pour un modèle de stabilité. Pourtant, la colère sociale y gronde. Pénuries d'eau, vie chère et tir lors d'une intervention policière ont mis le feu aux poudres.

Un couvre-feu à Maurice prolongé pour une deuxième nuit

Le gouvernement a reconduit la mesure mercredi. Le couvre-feu court de 20h30 à 5h du matin, jeudi. Les habitants doivent donc rester chez eux pendant la nuit.

Un premier couvre-feu avait été instauré mardi soir. Il a toutefois été levé mercredi matin. La police affirmait alors avoir repris le contrôle de la situation. Elle annonçait aussi plusieurs arrestations.

Les autorités n'ont pourtant pas relâché la pression. Par prudence, elles ont choisi de reconduire la mesure pour la nuit suivante.

Les écoles fermées jusqu'à la fin de la semaine

Un porte-parole du bureau du premier ministre, Navin Ramgoolam, l'a annoncé mercredi. Tous les établissements scolaires resteront fermés jusqu'à la fin de la semaine.

Une exception existe. Elle concerne les écoles qui accueillent des élèves devant passer des examens internationaux. Ces élèves gardent ainsi leur calendrier d'épreuves.

Pour les autres familles, en revanche, la semaine s'annonce compliquée. Elles doivent s'organiser sans école et sous couvre-feu.

Pénuries d'eau et vie chère : l'origine de la colère

Les troubles ont éclaté la semaine dernière. Ils reposent sur deux griefs majeurs : les pénuries d'eau et la hausse du coût de la vie. Ces difficultés pèsent sur le quotidien de nombreux Mauriciens.

Puis la situation a basculé. Une femme a été blessée par balle lors d'une intervention policière. Dès lors, la contestation s'est intensifiée.

Ce que rapportent d'autres médias

Selon Bloomberg, relayé par le site Briefs, la victime est une femme de 27 ans. Le tir a eu lieu vendredi soir, d'après le média espagnol Demócrata. Des semaines de restrictions d'eau, en pleine sécheresse, avaient déjà préparé le terrain.

Par ailleurs, les carburants coûtent plus cher à cause de la guerre au Moyen-Orient. Cette hausse alourdit encore la facture des ménages. Le premier ministre a affirmé qu'une enquête sur le tir était en cours. Il a aussi appelé au calme.

Ramgoolam dénonce des violences "inacceptables"

Mardi, le premier ministre s'est adressé à la nation à la télévision. Il a annoncé le premier couvre-feu. Il a également qualifié les troubles d'"inacceptables".

Demócrata détaille la portée de la mesure. Elle visait 15 régions, dont la capitale, Port-Louis. Le chef du gouvernement y évoque des commissariats en feu, des lieux pillés et des véhicules de police attaqués.

Cette réponse sécuritaire règle l'urgence. En revanche, elle ne règle ni la soif ni les prix. Or ces deux problèmes nourrissent la colère. Une enquête transparente sur le tir sera aussi décisive pour apaiser la population.

Des pénuries d'eau qui ne datent pas d'hier

Le problème dépasse le cadre de cette semaine. En avril 2025, le ministre de l'Énergie et des Services publics, Patrick Assirvaden, parlait déjà d'une situation d'urgence. Il reconnaissait que 62% de l'eau se perdait sur le réseau de la Central Water Authority. Certains tuyaux, selon lui, dataient de plus de 50 ans.

Le gouvernement a depuis promis des investissements. Le premier ministre a annoncé 1,4 milliard de roupies mauriciennes pour un barrage dans le Sud-Ouest. Cet ouvrage doit fournir de l'eau potable à 40 000 habitants jusqu'en 2050, selon allAfrica.

Cependant, un chantier de long terme ne remplit pas les robinets aujourd'hui. Les habitants attendent des effets concrets, et vite.

Voyagistes : rester à l'hébergement pendant le couvre-feu

Maurice vit largement du tourisme. Après l'annonce de mercredi, les voyagistes ont donc réagi. Ils ont appelé leurs clients à rester dans leurs lieux d'hébergement.

Ils conseillent aussi d'éviter tout déplacement non essentiel pendant les heures du couvre-feu. Les visiteurs doivent adapter leur programme en conséquence.

Pour l'instant, l'impact devrait rester limité, selon une analyste de Signal Risk citée par Briefs. À une condition, précise-t-elle : que les troubles ne durent pas. Elle juge que l'île conserve une image favorable aux affaires.

Une stabilité mise à l'épreuve

Bloomberg qualifie ces événements de plus grave poussée de colère depuis 1999. Ce constat pèse lourd pour une île réputée paisible. Il montre que la patience sociale a des limites.

En effet, l'accès à l'eau touche à la dignité de chacun. De même, la cherté de la vie frappe d'abord les foyers modestes. Quand l'État tarde à répondre, la rue prend la parole.

source :  Nouvelle Aube

 reseauinternational.net