
Par Finian Cunningham, le 14 octobre 2026
Capitalisme, fascisme, guerres, classe d'Epstein, pauvreté et souffrance endémiques : c'est un culte de la mort près de chez vous.
On hésite entre passer son téléviseur par la fenêtre ou vomir son petit-déjeuner en entendant les gouvernements européens s'empresser de condamner la frappe aérienne des forces yéménites contre l'aéroport international du roi Khalid en Arabie saoudite.
L'explosion d'un missile balistique qui a frappé l'aéroport ce week-end, le 12 octobre, a tué au moins 13 civils et blessé des dizaines d'autres voyageurs. Des images vidéo saisissantes montrent le moment où l'explosion du missile a ravagé le hall d'un terminal.
Les dirigeants européens se sont immédiatement empressés de proférer à l'unisson des condamnations du "terrorisme" yéménite et ont juré solidarité et soutien à l'Arabie saoudite. Le président américain Donald Trump a qualifié cet événement de "chose terrible" (comme si bombarder des écoliers n'était pas assez terrible comme ça.)
La Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, l'Irlande, l'Italie, l'Autriche, les Pays-Bas et l'Espagne ont tous publié des dénonciations virulentes de l'attaque yéménite.
La frappe contre la capitale saoudienne est survenue après que les Forces armées yéménites, dirigées par Ansar Allah, ont clairement averti les Saoudiens que leurs aéroports allaient être pris pour cible et que les civils devaient éviter ces zones. Les aéroports sont pourtant restés ouverts et ont fonctionné normalement. Les Yéménites ont déclaré que l'attaque contre Riyad et d'autres aéroports saoudiens constitue une riposte aux multiples frappes aériennes menées depuis des semaines par les Saoudiens contre des centres civils yéménites.
Des centaines de civils yéménites ont été tués depuis que l'Arabie saoudite a rompu une trêve de quatre ans en lançant, le 13 juillet, une frappe aérienne sur l'aéroport international de Sanaa, la capitale yéménite. Des avions de combat saoudiens, notamment des F-15 fournis par les États-Unis et des Typhoon européens, bombardent sans relâche des villages dans tout le Yémen. Cette semaine, deux jours après l'attaque de Riyad, au moins neuf personnes, dont cinq enfants, ont été tuées lors de raids aériens sur des habitations dans la ville de Taïz et dans la province d'al-Jawf, au nord du pays. Des images diffusées par la chaîne Al Masirah TV ont montré un père désemparé tenant dans ses bras le corps déchiqueté de son enfant au milieu des décombres. Aucun dirigeant européen n'a condamné cette atrocité.
Comme le soulignent Mick Wallace et Clare Daly, anciens députés européens irlandais, dans leur podcast de cette semaine, la réaction officielle européenne relève d'une hypocrisie totale et d'une lecture cynique du conflit dans la péninsule arabique.
La Grande-Bretagne et la France en particulier, aux côtés des États-Unis, ont soutenu l'agression saoudienne contre le Yémen depuis ses débuts en 2015. En sept ans, ces agressions ont tué près de 400 000 Yéménites victimes de frappes aériennes et d'un blocus sur l'acheminement de l'aide humanitaire.
L'Union européenne est restée largement silencieuse pendant sept ans. Aucune protestation n'a été formulée à Washington, Paris ou Londres. Aucun ambassadeur n'a été convoqué, aucune sanction n'a été décrétée.
La reprise des hostilités, déclenchée par les frappes aériennes saoudiennes sur Sanaa en juillet, a été facilitée par l'aide militaire de Washington et Londres qui ont fourni avions de combat, conseillers militaires et renseignements.
Aucun gouvernement européen n'a pris la peine de condamner ce récent massacre soutenu par les États-Unis et le Royaume-Uni.
Il est donc révoltant d'entendre le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, se dire "consterné" par la frappe contre l'aéroport de Riyad, tandis que d'autres dirigeants européens jurent leur "entière solidarité avec le royaume d'Arabie saoudite".
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a condamné "l'acte terroriste" du Yémen.
Son homologue français a déclaré que la France se range aux côtés de l'Arabie saoudite "pour défendre son territoire et ses infrastructures" (sans mentionner ce que les Saoudiens infligent depuis des années au territoire yéménite.)
Évoquant la frappe sur Riyad sortie de son contexte, l'Italienne Giorgia Meloni a déclaré : "Les attaques contre les civils et les infrastructures civiles sont inacceptables et doivent cesser". Oui, en effet, alors pourquoi ne pas le dire aux Saoudiens qui agissent délibérément à grande échelle avec le soutien de Washington et de Londres ?
Ce qui est révélateur ici, ce n'est pas seulement l'hypocrisie écœurante et la faillite morale. C'est la manifestation d'une corruption systématique et des responsabilités criminelles. Il ne s'agit pas simplement du énième exemple des failles d'une classe politique européenne au jugement plus que douteux. C'est l'ampleur de la corruption qui est de plus en plus flagrante.
Ces mêmes soutiens européens des monarques saoudiens qui mènent une guerre génocidaire contre le Yémen, appuient aussi le régime sioniste israélien dans son extermination des Palestiniens. Ils se rendent complices en cautionnant l'agression américaine contre l'Iran, Cuba et le Venezuela. Ils parrainent le régime néonazi de Kiev pour qu'il poursuive sa guerre par procuration contre la Russie, malgré plus d'un million de victimes militaires ukrainiennes et le risque d'une conflagration nucléaire.
Le culte de la mort du capitalisme occidental s'affiche sans vergogne sur de multiples fronts, dévoilant le mal organique à l'œuvre. On a le sentiment que toute l'histoire impérialiste occidentale se joue désormais dans une dernière orgie de barbarie.
Autrefois, ce culte de la mort opérait discrètement dans des scénarios conflictuels apparemment disparates. Les guerres menées sur différents continents ne semblaient pas vraiment liées. Par le passé, les médias occidentaux s'employaient systématiquement à dissimuler ces crimes en déformant les motivations et les objectifs avec de faux récits et de (ridicules) prétentions à de nobles causes. L'Occident
"défendait la démocratie", "combattait le communisme", "préservait les droits de l'homme" ou "menait une guerre contre le terrorisme",
ou autres prétextes qui, pris isolément et assortis d'une propagande médiatique massive, ont réussi à faire croire à bien des gens ces mensonges comme étant plausibles.
Aujourd'hui, il semble qu'une succession de guerres mette finalement à nu le système même qui alimente la violence, ainsi que sa soif insatiable de souffrance humaine.
Comment travailler pour un système aussi ignoble, pour ce culte de la mort qu'est le capitalisme, sans avoir conscience de ses agissements malfaisants ? Pour rester dans l'ignorance, il faut recourir au déni ou au mensonge. Cette supercherie est peut-être tenable dans des situations ponctuelles et sans lien apparent. Mais pas quand le système est pleinement exposé dans toute son horreur.
Les guerres américaines et européennes passées ont peut-être réussi à être vendues au public occidental comme des conflits ponctuels et des aventures malheureuses. On pense aux guerres de Corée, du Vietnam, en Amérique latine, en Afrique, en ex-Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak et, plus récemment, en Libye.
Ces dernières années, avec l'évolution des consciences, le public a commencé à discerner et à dénoncer ces "guerres éternelles".
Cependant, le monde assiste aujourd'hui à une militarisation totale de la machine de guerre qui se fait appeler "démocratie occidentale".
Ce qui se passe en Ukraine, à Gaza, en Iran et au Yémen ne résulte pas du simple hasard. C'est le culte de la mort exposé au grand jour, impossible à dissimuler. Il se manifeste également dans les attaques et l'emprisonnement de citoyens occidentaux dénonçant le génocide ou appelant simplement à la paix.
Capitalisme, fascisme, guerres, mafia Epstein, pauvreté et souffrance endémiques : tel est le culte de la mort qui se joue près de chez vous.
Les politiciens, gouvernement, médias et experts qui l'encouragent ou le servent sont désormais clairement identifiés.
Traduit par Spirit of Free Speech