
Par Strategic Culture Foundation, éditorial du 16 octobre 2026
La guerre en Ukraine a toujours eu pour but de déclencher une guerre par procuration pour vaincre la Russie.
Ces contradictions sont absurdes, mais elles en disent long sur la guerre par procuration criminelle que les États-Unis et les puissances européennes mènent contre la Russie sous prétexte de "défendre l'Ukraine".
Les sanctions occidentales contre la Russie - la nation la plus sanctionnée au monde - étaient censées punir Moscou pour son agression présumée et non provoquée contre l'Ukraine.
Les États-Unis ont récemment promulgué une "loi sur les sanctions infernales" en hommage au regretté sénateur Lindsey Graham, fervent partisan de la guerre, dont l'objectif est d'écraser l'économie russe, notamment en mettant un terme à ses exportations d'énergie.
De même, l'Union européenne a mis en œuvre plus de 20 séries de sanctions contre la Russie ces quatre dernières années, là encore soi-disant pour bloquer les exportations russes de pétrole et de gaz. L'UE s'est engagée à mettre fin à toutes les importations d'énergie russe d'ici la fin de cette année.
La justification officielle avancée par Washington et les capitales européennes est de faire payer à la Russie son invasion présumée et sa violation de la souveraineté de l'Ukraine. Les embargos occidentaux sur l'économie russe ont été annoncés immédiatement après que Moscou a lancé son "opération militaire spéciale" en février 2022. (Le véritable contexte de cette opération - passé sous silence par les médias occidentaux - est le coup d'État soutenu par l'OTAN à Kiev en 2014, et l'armement des néonazis pour mener à bien une guerre par procuration contre la Russie.)
Les États-Unis et l'Union européenne, sans oublier bien sûr la Grande-Bretagne, ont présenté cette tentative de blocus économique de la Russie comme une démonstration de l'intention de l'Occident de faire respecter le droit international et de soutenir l'Ukraine. Cette dernière est dépeinte dans les médias occidentaux comme une ingénue défenseuse de la démocratie assaillie par un tyran russe lubrique.
En résumé, les sanctions sont présentées au public occidental comme un moyen plausible de neutraliser la "machine de guerre russe". Si les exportations de pétrole et de gaz de Moscou étaient coupées, alors la Russie ne pourrait poursuivre son effort de guerre en Ukraine, selon cette logique quelque peu bancale.
Cependant, fait cocasse, cette justification occidentale soi-disant respectable s'est effondrée cette semaine après que le Trésor américain a levé les sanctions sur les exportations russes de diesel pour les six prochains mois, histoire de renforcer l'approvisionnement mondial en pétrole et limiter la flambée des prix de l'énergie.
Un autre coup dur porté à l'image des "principes" occidentaux est venu de la révélation du ministre russe de l'Énergie, Alexandre Novak, selon laquelle l'Union européenne a continué à acheter des exportations énergétiques russes à des niveaux proches de ceux d'avant-guerre. (Et les médias occidentaux ont choisi de passer cela sous silence !)
Depuis 2022, l'UE a acheté pour un total de 320 milliards de dollars d'hydrocarbures russes. Pour remettre ces dépenses en perspective, ce montant dépasse de loin ce que les gouvernements européens ont versé à l'Ukraine, soit quelque 226 milliards de dollars, selon les données de l'UE.
Quelle belle contradiction... Les gouvernements européens dépensent des centaines de milliards du contribuable pour l'Ukraine, soi-disant pour la défendre contre la Russie, mais ces mêmes gouvernements versent bien plus à la Russie en achetant ses ressources énergétiques. En d'autres termes, pour reprendre leur propre rhétorique, Bruxelles et les autres capitales européennes "alimentent la machine de guerre russe".
Les États-Unis, quant à eux, font preuve d'une hypocrisie tout aussi manifeste. Les Américains ont fait sauter le gazoduc Nord Stream en 2022 pour que l'Europe ne soit pas à la merci de sa dépendance au pétrole russe. Washington a également imposé des sanctions sur l'énergie russe tout en augmentant ses exportations de gaz, plus coûteuses, vers l'Europe. Pourtant, vendredi 9 octobre, le président Donald Trump a annoncé, à la consternation et l'inquiétude des Européens et de l'Ukraine, avoir conclu un accord avec Vladimir Poutine pour fournir 3,5 millions de tonnes de diesel russe sur le marché mondial afin d'alléger la pression sur les prix à la pompe qui atteignent des sommets.
Quid des lois américaines interdisant le "commerce avec l'ennemi" ?
Bien sûr, Trump cherche désespérément à faire baisser les prix record du carburant, conséquence de son agression criminelle contre l'Iran et du blocage par ce dernier de la voie maritime pétrolière du golfe Persique en représailles. À seulement trois semaines des élections de mi-mandat au Congrès, Trump cherche à apaiser les consommateurs américains en colère et à préserver son Parti républicain d'une défaite électorale qui ternirait sa présidence.
Par pur opportunisme, Trump veut que les exportations de diesel russe lui sauvent la mise sur le plan politique. Certains observateurs pourraient se demander si Moscou a intérêt à rendre service à Trump, sachant que Washington arme le régime néonazi de Kiev en lui fournissant missiles et renseignements. Peut-être le Kremlin estime-t-il que Trump pourrait réussir à conclure un accord de paix en Ukraine.
Une autre manœuvre astucieuse de Moscou réside peut-être en ce que l'accord sur le diesel conclu avec Trump a réussi à déclencher un torrent de critiques de la part de l'Europe et de l'Ukraine, portant gravement atteinte à l'axe transatlantique. S'agit-il là d'un "coup de maître" politique de la part de Poutine ?
Les partenaires européens de l'OTAN et le président fantoche de Kiev, Vladimir Zelensky, ont réagi par des insultes et des provocations inédites à l'encontre de Trump. Ils ont accusé le dirigeant américain de trahison et de prendre le parti de la Russie. À Washington même, Trump a été vivement critiqué pour sa "trahison".
Trump et ses conseillers ont riposté avec virulence, qualifiant les Européens d'"hypocrites" au vu de leurs propres achats records d'énergie russe. Trump a même appelé à ce que Zelensky soit remplacé par quelqu'un avec qui il puisse collaborer.
De son côté, Zelensky a redoublé d'agressivité, critiquant Trump pour sa "faiblesse" et l'accusant de mettre en danger la vie des Ukrainiens. Il a refusé de mettre fin aux frappes aériennes ukrainiennes sur les raffineries de pétrole russes comme le souhaitait la Maison Blanche. Et le petit narco-Führer avide d'argent a aussi tenté de faire chanter Trump en lui laissant entendre qu'il suspendrait les frappes aériennes contre les infrastructures énergétiques russes "si" le Pentagone lui fournit davantage de missiles Patriot.
La colère de Trump s'est déchaînée sur Zelensky et ses protecteurs européens. Il considère que leur obstruction à l'accord sur le diesel avec la Russie est non seulement hypocrite, mais aussi une attaque politique contre sa présidence à l'approche des élections cruciales de novembre.
Cette débâcle n'est qu'une farce grotesque. On voit clairement les gesticulations américaines et européennes pour ce qu'elles sont, à savoir dépourvues de tout principe ou de motivations sérieuses.
Les États-Unis, comme leurs partenaires européens achètent de l'énergie russe comme jamais pour soutenir leur économie en difficulté. Les sanctions imposées à la Russie n'ont jamais eu quoi que ce soit à voir avec le "respect du droit international" ou la "défense de l'Ukraine".
En suivant leur propre logique hypocrite, les pays de l'OTAN alimentent la machine de guerre russe en continuant à acheter, comme si de rien n'était, le pétrole et le gaz russes.
Cette contradiction dénonce à son tour la supercherie de la guerre en Ukraine. Il n'a jamais été question de défendre une Ukraine "démocratique" - une dictature néonazie corrompue - pas plus que la sécurité européenne face à une prétendue "menace" russe.
Cet épisode meurtrier a toujours été destiné à fomenter une guerre par procuration pour vaincre la Russie. Cette stratégie dissimulée est un crime d'agression colossal qui a coûté des millions de vies et ruiné plusieurs sociétés occidentales. Plus encore, cette politique a lamentablement échoué et les gouvernements occidentaux s'efforcent de la dissimuler pour échapper à toute responsabilité. La destruction et la supercherie vont ainsi de pair.
Le plus accablant dans cette mascarade, c'est qu'elle aurait pu être facilement dévoilée il y a des années si les médias occidentaux s'étaient contentés de relater les faits au lieu de faire office, comme c'est manifestement le cas, de service de propagande aux ordres de leurs maîtres impérialistes pour faciliter leur agression criminelle.
Traduit par Spirit of Free Speech