
© RIA NOVOSTI Source: Sputnik
Vue d'installations du gazoduc Nord Stream, avec ses conduites et équipements de transport de gaz naturel. (Photo d'illustration)
La question des approvisionnements énergétiques européens revient au cœur des discussions autour de l'Ukraine. Alors que Washington aurait proposé une reprise des achats de gaz russe, Moscou souligne que les livraisons via Nord Stream restent techniquement possibles, leur rétablissement dépendant de la volonté des partenaires européens.
La Russie conserve la possibilité de reprendre ses livraisons de gaz vers l'Europe grâce à la conduite intacte de Nord Stream. Le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak l'a indiqué le 17 octobre, lors d'un entretien, en soulignant que la décision de rétablir les approvisionnements dépend des partenaires européens.
"Une conduite est restée intacte et peut permettre d'effectuer des livraisons. Mais cela dépend de nos collègues européens", a déclaré Alexandre Novak. Il a également précisé que les trois autres conduites, mises hors service à la suite des explosions de septembre 2022, pourraient être réparées si les décisions nécessaires étaient prises.
Construits pour acheminer du gaz russe vers l'Allemagne à travers la mer Baltique, Nord Stream et Nord Stream 2 ont été touchés par des explosions le 26 septembre 2022. Moscou dénonce ces événements comme des actes de sabotage terroriste. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a insisté sur la nécessité d'identifier les responsables de ces attaques, tant leurs auteurs que leurs commanditaires.
Washington aurait proposé un retour du gaz russe en Europe
La possibilité de rétablir les approvisionnements russes figure également parmi les questions abordées dans les discussions diplomatiques autour d'un éventuel accord de paix en Ukraine. Selon des informations du New York Times, fondées sur des sources proches des négociations, des représentants américains auraient proposé une reprise des achats européens de gaz russe.
Steve Witkoff et Jared Kushner auraient évoqué cette option avec des responsables ukrainiens et européens, dont Volodymyr Zelensky, lors d'une visite à Kiev en septembre. Les émissaires américains auraient notamment suggéré de remettre en service les gazoducs qui acheminaient auparavant du gaz russe vers l'Europe. Cette perspective aurait cependant été accueillie défavorablement par les représentants européens consultés.
Moscou met en garde contre les conséquences des choix européens
La Russie affirme pour sa part rester disponible pour fournir aux pays européens des ressources énergétiques à des conditions stables et compétitives. Alexandre Novak a rappelé que Moscou n'avait pas décidé de renoncer à ces approvisionnements. Selon lui, ce sont les dirigeants européens qui ont fait ce choix pour des raisons politiques, malgré l'existence de contrats à long terme toujours en vigueur.
Le vice-Premier ministre a également averti que de nouvelles restrictions visant le gaz russe risquaient d'aggraver le déséquilibre du marché européen. Le 18 octobre, il a évoqué les difficultés d'approvisionnement liées à la fermeture du détroit d'Ormuz et à l'arrêt d'une installation gazière au Qatar après des attaques. Il a estimé que les stocks européens étaient inférieurs d'environ 10 % à leurs niveaux moyens habituels, soulignant que les consommateurs européens seraient les premiers à subir les conséquences d'une hausse des prix.
Les échanges énergétiques se poursuivent pourtant entre la Russie et l'Europe. Selon les chiffres communiqués par Alexandre Novak, Moscou a livré 12 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié au marché européen au cours des neuf premiers mois de 2026, davantage que durant la même période en 2025. La Russie réaffirme ainsi sa disponibilité à assurer des approvisionnements, tandis que le rétablissement des livraisons par Nord Stream reste soumis à la volonté des Européens.