📚 19/10/2026 reseauinternational.net  3min ⁑️ 4 #330435

 Gilets Jaunes - 17 octobre : le programme

France : s'agit-il d'un mai 68 bis ?

800px/467px - 85.32 Koreduce by 50%del

par Abdelaziz Ghedia

En ce moment, les lycéens français sont en grève. Ou plutôt ils sont en colère et manifestent de façon très bruyante, en s'adonnant au saccage des biens publics, pour montrer leur mécontentement face à leurs conditions d'études qu'ils disent déplorables. En fait, ils trouvent qu'ils n'ont pas assez de profs, particulièrement en maths, qu'ils sont assez nombreux dans les classes (plus de 30 élèves par classe dans certains lycées de la banlieue parisienne, par exemple) et, plus grave encore, qu'ils manquent de papier hygiénique dans les toilettes. Et ils s'imaginent qu'en agissant de la sorte, ils pousseront les pouvoirs publics à se couper en quatre pour améliorer cette situation en un clin d'œil. Comme si ces pouvoirs publics disposaient de la baguette magique.

Pour cette dernière revendication, le moins qu'on puisse dire est qu'elle est tirée par les cheveux : les lycées sont d'abord et avant tout des lieux de savoir et non d'aisance. Entre nous, cela m'a fait même un petit peu sourire... Mais bon ! Cela ne me concerne ni de près ni de loin. J'ai juste eu envie de disserter sur cette question. Pour la simple raison qu'à y regarder de près, il y a une certaine similitude entre ces émeutes des lycées, en France, et le soulèvement de notre jeunesse, la jeunesse algérienne un certain 5 octobre 1988.

J'ai lu quelque part, en tout cas sur un quotidien de la presse française que ces émeutes qui ont eu lieu, simultanément, dans plusieurs villes de France, rappellent, d'une certaine manière, mai 68. Peut-être. Sauf que l'histoire ne se répète jamais à l'identique.

En mai 68, le pouvoir politique, en France, était incarné par le grand Charles de Gaulle. Il a immédiatement su comment prendre le taureau par les cornes et mettre ainsi fin à l'insurrection d'une partie de la jeunesse française.

En sera-t-il de même cette fois-ci pour un président, E. Macron, critiqué de toutes parts et arrivant pratiquement à la fin de son deuxième mandat présidentiel ? Ma réponse est non, je ne crois pas qu'un tel mouvement revendicatif des lycéens aboutisse à un chamboulement de fond en comble de la 5e République. Mais, il est d'ores et déjà certain qu'E.Macron, qui aime tant user de l'expression "nous sommes en guerre", se rende maintenant bien compte qu'effectivement, il est en guerre. Rappelez-vous, il avait utilisé cette expression plus d'une dizaine de fois lors de son discours annonçant le confinement lord de la crise sanitaire Covid-19. C'était en 2020.

Les jeunes Français lui ont, aujourd'hui, indirectement déclaré cette guerre. Celle-ci aura probablement comme conséquence le fait de rendre sa fin de règne très chaotique.

En effet, aujourd'hui, la situation est plus que chaotique puisque on est passé du stade où on se contentait de mettre le feu sur des poubelles et autres arrêts de bus à l'incendie de l'hôtel de ville à Limoges. Et cela risquerait de s'étendre à d'autres institutions étatiques dans d'autres villes.

Et pendant ce temps-là, le président E. Macron, tenu pour le premier responsable de cette situation qui rappelle effectivement mai 68, semble être aux abonnés absents.

 Abdelaziz Ghedia

 reseauinternational.net