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🇺🇸 19/10/2026 reseauinternational.net  6min ⁑️ 3 #330438

« You're fired » à la Maison-Blanche : Guilfoyle, Zacharia et Zampolli sur le départ en une semaine

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par Paolo Hamidouche

Deux départs notables en quelques jours : ceux de Kimberly Guilfoyle et de Katie Zacharia. La nouvelle porte-parole de la Maison Blanche inaugure ses fonctions en annonçant la fin de la mission diplomatique à Athènes de l'ex-petite amie de Donald Trump Jr. Trois jours plus tard, elle perd elle-même son poste. Paolo Zampolli, quant à lui, précise sur les réseaux sociaux qu'il n'a pas été licencié : son mandat, qui avait déjà été prolongé de six mois au-delà de la durée initialement prévue, est arrivé à son terme. Il confie par ailleurs avoir de nouveaux projets.

Il y a quelque chose de singulièrement paradoxal dans cette semaine où Donald Trump semble renouer avec son célèbre "You're fired" ("Vous êtes viré"), la phrase qui l'a rendu célèbre bien avant son entrée en politique, lorsqu'il animait l'émission télévisée " The Apprentice". Le mardi 13 octobre, Katie Zacharia fait ses débuts dans la salle de presse de la Maison Blanche en tant que porte-parole du président. Parmi les premières informations qu'elle communique figure une demande de démission adressée à Kimberly Guilfoyle, ambassadrice américaine en Grèce, ex-compagne de Donald Trump Jr. et figure de premier plan de la galaxie trumpienne. "Nous avons demandé à l'ambassadrice Guilfoyle de démissionner", annonce Zacharia, tout en exprimant sa reconnaissance pour les services rendus.

Le vendredi 16 octobre, à peine cinq jours après sa nomination, Zacharia quitte déjà ses fonctions. Ce qui devait être son premier point presse s'avère être aussi le dernier. Dans son cas, toutefois, Trump ne formule aucune critique publique. Au contraire, il exprime son estime à son égard et laisse entendre qu'il lui aurait suggéré de réfléchir à l'opportunité d'affronter l'hostilité médiatique inhérente à un poste aussi exposé.

La situation est différente pour Paolo Zampolli, entrepreneur italien et ami de longue date du président, qui, au cours de la même semaine, met fin à ses fonctions au département d'État. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il précise ne pas avoir été licencié : son mandat d'envoyé spécial pour les partenariats mondiaux - déjà prolongé de six mois au-delà de la durée initialement prévue - est tout simplement arrivé à échéance. Zampolli annonce par ailleurs de nouveaux projets.

Kimberly Guilfoyle : l'annonce qui ouvre la conférence de presse

La décision concernant Guilfoyle intervient après des bruits circulant sur sa conduite professionnelle et ses relations avec certains donateurs politiques. Selon la presse américaine, l'ex-ambassadrice aurait été impliquée dans des controverses liées à des demandes d'argent et à de prétendues promesses d'accès à des membres de l'administration. Ses avocats ont rejeté les accusations. L'annonce officielle émane de Zacharia elle-même, lors d'un point presse qui a duré à peine une quinzaine de minutes.

Des débuts aux allures presque cinématographiques : la nouvelle porte-parole de la Maison Blanche annonce le départ d'un proche du président, sans se douter que, trois jours plus tard, son propre mandat prendrait également fin.

Zacharia, la porte-parole qui se présentait comme avocate

Le bref passage de Zacharia a été marqué par une controverse concernant ses qualifications professionnelles. Diplômée en droit de l'université Pepperdine, elle s'est présentée pendant des années comme avocate, notamment lors de ses interventions sur des sujets politiques sur Fox News. Il s'est toutefois avéré qu'elle n'avait jamais obtenu l'habilitation nécessaire pour exercer la profession d'avocat. Interrogée par des journalistes sur son inscription au barreau, Zacharia a d'abord répondu "Chine", une réplique qui a semblé confuse et hors de propos. Par la suite, elle a tenté d'établir une distinction entre les termes "attorney" et "lawyer", affirmant qu'elle n'était pas une "attorney", mais une "lawyer". Cette distinction ne résolvait en rien le problème : en anglais américain, les deux termes désignent une personne exerçant la profession juridique, alors que Zacharia n'a jamais été habilitée à le faire.

La question ne portait pas sur les conditions requises pour occuper le poste de porte-parole de la Maison-Blanche - fonction qui ne nécessite pas d'être avocat -, mais sur la manière dont elle avait publiquement décrit son parcours. Zacharia a par la suite souligné qu'elle avait été recrutée en tant que porte-parole ("press secretary"), et non en qualité de conseillère juridique du président. Une précision formellement exacte, mais insuffisante pour effacer ses déclarations antérieures et la confusion engendrée par sa réponse.

La polémique a fini par occulter les compétences en communication pour lesquelles elle avait été sélectionnée. Trump a exprimé son estime personnelle à son égard et a souligné combien il est difficile de supporter une pression publique aussi intense. Son départ n'a donc pas pris la forme d'un "You're fired" ("Vous êtes viré") public, mais plutôt d'une séparation professionnelle, précédée de déclarations présidentielles conciliantes.

Paolo Zampolli : fin de mandat, et non licenciement

Paolo Zampolli, citoyen américain naturalisé et connu pour avoir présenté Melania à Donald Trump dans les années 1990, a réfuté l'idée qu'il aurait été licencié.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il a expliqué que sa mission d'envoyé spécial pour les partenariats mondiaux avait déjà été prolongée de six mois au-delà de la durée initialement prévue. Cette conclusion marquait donc l'échéance naturelle d'un mandat temporaire. Il a par ailleurs annoncé de nouveaux projets, présentant la fin de ses fonctions comme une simple étape professionnelle, et non comme une rupture avec l'administration ou le président.

Le retour du "You're fired" : entre politique et réalité

Il est tentant de décrire la semaine écoulée comme un nouvel épisode de l'émission " The Apprentice". Pourtant, la situation révèle une réalité bien plus complexe qu'une simple série de licenciements. Guilfoyle quitte ses fonctions après une controverse sur sa conduite, bien qu'elle nie tout acte répréhensible. Zacharia perd son poste de porte-parole sur fond de polémique concernant ses qualifications professionnelles et après des débuts médiatiques difficiles. Zampolli, quant à lui, achève un mandat qui avait déjà été prolongé, et précise qu'il n'a pas été licencié.

Le cas le plus emblématique demeure celui de Zacharia : la femme qui avait annoncé le départ de Guilfoyle se retrouve, à peine trois jours plus tard, exclue de la Maison-Blanche. Cette coïncidence illustre la rapidité avec laquelle les équilibres peuvent basculer au sein de l'administration américaine. Si la proximité personnelle avec Trump peut ouvrir les portes du pouvoir, elle ne garantit en rien le maintien au sein de ses structures. Le trait marquant de la semaine n'est donc pas seulement le retour du célèbre "You're fired", mais les nuances infinies de la politique.

source :  Paolo Hamidouche

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