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📚 19/10/2026 euro-synergies.hautetfort.com  6min ⁑️ 7 #330522

Ukraine: la guerre de Londres contre Trump et le nouveau Yalta

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Entre-temps, Trump a levé toutes les sanctions imposées à Moscou, réduisant à néant les analyses de ceux qui avaient prédit qu'il brandirait comme une massue les sanctions infernales conçues par le sénateur Lindsey Graham.

Par Davide Malacaria

Source:  piccolenote.it

Trump poursuit son offensive de pression sur Zelensky pour le contraindre à négocier avec Poutine. Celle-ci va de pair avec les pressions exercées sur l'Europe pour qu'elle cesse de soutenir la posture musclée du président ukrainien et qu'elle renoue des relations avec la Russie, en commençant par l'achat de gaz acheminé par Nord Stream — dans lequel des entrepreneurs américains souhaitent investir.

Entre-temps, Trump a levé toutes les sanctions imposées à Moscou, réduisant à néant les analyses de ceux qui avaient prédit qu'il brandirait comme une massue les sanctions infernales conçues par le sénateur Lindsey Graham et approuvées par le Congrès après son décès (¹). Lorsqu'il avait signé la résolution, il était évident qu'il en atténuerait la portée ou ne l'appliquerait pas au moment opportun.

Il reste toutefois qu'à ce jour, la paix n'en est qu'au stade des pourparlers et que les déclarations de Trump, chargées de frustration et d'irritation envers Zelensky, qu'il accuse de ne pas vouloir la paix — il n'est pas le seul à le penser —, ne suffisent pas à le faire plier.

Zelensky a tout à perdre à la paix: le pouvoir, l'argent — il est impossible qu'il soit le seul homme honnête de son cercle rapproché, décimé depuis des années par les enquêtes judiciaires — et, enfin, le prestige international que le conflit lui a offert (sic!).

Ainsi, le 14 octobre, l'Amérique a envoyé un message fort et clair en interrompant pendant une nuit le fonctionnement du réseau satellitaire Starlink, facilitant ainsi les opérations russes.

Zelensky, misant sur les critiques généralisées des oligarchies occidentales contre l'initiative trumpienne, critiques qui n'ont effectivement pas manqué de se manifester, a poursuivi imperturbablement sa route, comptant sur le rétablissement du réseau, qui a bien eu lieu.

Malgré ce rétablissement, Zelensky s'est toutefois plaint que le service n'avait pas été pleinement restauré pour les forces armées ukrainiennes. Et cette nuit, une nouvelle attaque russe contre Kiev n'a pas été signalée par Starlink.

Zelensky s'est donc décidé à téléphoner aux hommes de Trump, Witkoff et Kushner, ce qu'il s'était abstenu de faire depuis qu'il avait commencé à polémiquer violemment avec le président américain après la levée, par celui-ci, des sanctions visant le gazole russe.

Zelensky s'entretient avec Witkoff et Kushner sur fond de crise entre les États-Unis et l'Ukraine

Nous n'en sommes qu'à un premier pas, ambigu de surcroît, compte tenu de l'entêtement de Zelensky et de sa fragilité, autre facteur qui l'empêche de s'engager sur la voie de la paix: il risque d'être tué pour trahison par ses amis, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays.

Pour comprendre ce que préparent les soutiens de Zelensky afin de contrer l'offensive trumpienne, reprenons les propos d'Anders Åslund dans le Kyiv Post, média ukrainien étroitement lié aux Britanniques. Trump, écrit le professeur, a "désormais jeté le masque" et montre son vrai visage à l'Europe.

En réalité, Trump avait déjà manifesté par le passé son penchant pour une approche non conflictuelle avec Moscou — et pour la recherche de la paix en Ukraine —, disposition à laquelle les dirigeants européens avaient répondu par la flatterie et la persuasion.

Cette fois, Trump paraît plus déterminé et cette approche ne fonctionnera pas, écrit Åslund, qui ajoute: "L'Europe ne peut plus rester passive. Elle ne peut pas non plus faire semblant de considérer les États-Unis comme un allié. Il s'agit d'un ennemi qui soutient la Russie, s'oppose à l'Ukraine et veut détruire l'UE". Aussi, selon le professeur, la première mesure à prendre, conjointement avec le Canada, consiste à transformer l'OTAN en "éliminant le plus rapidement possible le personnel et les éléments américains"...

La nouvelle OTAN, qui serait ainsi placée sous la houlette britannique, doit "développer rapidement" les capacités de renseignement nécessaires pour soutenir Kiev et entreprendre de "s'armer le plus vite possible". Cette évolution doit aller de pair avec un processus d'intégration de l'Ukraine à l'OTAN, lequel doit avancer "au plus vite, mais cela ne peut se faire qu'après l'exclusion des États-Unis".

Nous ne citerions pas un article aussi hallucinant s'il ne donnait voix à un sentiment qui circule dans de nombreux milieux intellectuels européens, lesquels caressent le rêve — comprenez: le cauchemar — d'un affrontement direct avec la Russie. Ils le caressent, le présentent comme quelque chose de réalisable, en faisant semblant de croire que l'on pourrait éviter la catastrophe qui en résulterait.

Mais cet article est évidemment intéressant aussi pour son exhortation à modifier les rapports avec l'Amérique, du moins celle de Trump, que ces milieux considèrent précisément comme une entité hostile.

Ce n'est pas seulement la guerre en Ukraine qui éloigne comme jamais les deux rives de l'Atlantique, mais aussi, et surtout, la perspective vers laquelle s'oriente Trump, évoquée dans un article du Wall Street Journal. Lors de l'entretien téléphonique entre Trump et Poutine du dimanche 14 juin, il a en effet été question d'une éventuelle rencontre trilatérale entre Poutine, Trump et Xi Jinping au sommet de l'APEC des 18 et 19 novembre.

Dans notre compte rendu de cet appel, nous avions laissé entendre que tel était le contenu de la conversation; le WSJ le confirme avec autorité. Selon le journal américain, cette rencontre porterait sur la paix en Ukraine. C'est possible, même s'il faut un interlocuteur ukrainien pour la conclure, mais l'enjeu est bien plus vaste: un nouveau Yalta, sous d'autres formes et modalités, un nouvel ordre mondial qui mette fin à la dynamique actuelle des guerres sans fin.

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Poutine évoque un sommet avec Trump et Xi pour discuter d'un accord sur l'Ukraine

Un nouveau Yalta dont l'Europe serait exclue, avec toutes les conséquences que cela implique. Mais surtout la Grande-Bretagne, qui était présente au précédent Yalta et joua un rôle important dans l'ordre mondial de l'après-guerre, dont la dynamique des guerres sans fin constitue un prolongement devenu incontrôlable — ces guerres servent en effet à tenter de préserver le pouvoir des anciens maîtres et à contenir l'émergence de nouvelles réalités géopolitiques.

Ce n'est pas pour rien que Winston Churchill fut à l'origine du rideau de fer, cette barrière infranchissable entre l'Est et l'Ouest qui donna forme à ce Yalta, conférant à l'oligarchie anglo-saxonne la direction de l'Occident.

Ce précédent explique pourquoi la Grande-Bretagne a aujourd'hui lancé un djihad contre cet hypothétique nouveau Yalta trilatéral. La guerre en Ukraine est un précieux levier à cette fin. Londres est en proie à une véritable démesure, au point d'aller jusqu'à rêver de prendre la tête d'une OTAN sans les États-Unis. Entre-temps, elle a attelé l'UE à son char. Ce n'est pas rien.

Note:

(¹) Note de traduction : le texte italien porte bien "dopo il suo decesso" ("après son décès"). Cette formulation, dont le référent est ambigu, est conservée sans correction.

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