Le ministère iranien des Affaires étrangères a émis un avis aux voyageurs concernant la France, la Belgique et l'Italie, exhortant les citoyens iraniens à éviter tout déplacement non essentiel et à se tenir à l'écart des zones de forte tension, à la suite de manifestations violentes et de troubles à l'ordre public survenus au cours du week-end.
Dans un communiqué publié lundi par le service des relations publiques du ministère, les ressortissants iraniens ont été appelés à éviter tout voyage non essentiel en France, en Belgique et en Italie.
Les Iraniens se trouvant dans ces trois pays secoués par des troubles, ont été invitées à éviter les zones de tension, à limiter leurs déplacements non essentiels, notamment dans les régions instables, et à s'informer de la situation sécuritaire ainsi que l'état des transports publics avant tout déplacement.
Le communiqué recommande également aux ressortissants iraniens de conserver à portée de main les coordonnées des représentations diplomatiques de l'Iran dans ces trois pays.
Cet avertissement intervient après les manifestations massives qui ont secoué la France samedi, sur fond de mécontentement social grandissant.
Les protestations, amorcées à la mi-septembre autour de revendications liées au manque d'enseignants, à la dégradation des conditions scolaires, à la hausse du coût de la vie et des prix de l'énergie, ainsi qu'à la détérioration des services publics, se sont progressivement élargies pour exprimer un mécontentement social plus général, avec la participation de syndicats et de Gilets jaunes.
Les autorités ont fait état d'environ 550 000 participants à travers le pays, tandis que les organisateurs ont avancé des chiffres plus élevés. De nombreuses voix dénoncent les violences policières contre les manifestants et l'usage disproportionné de la force par les forces de l'ordre.
La police a procédé à plus de 2 000 arrestations. Au moins un manifestant est décédé d'un arrêt cardiaque, tandis que plusieurs autres ont été blessés lors de la répression policière.
Bien que d'une ampleur moindre, des scènes similaires ont été observées en Belgique, où des affrontements ont opposé manifestants et forces de l'ordre à Bruxelles, ainsi qu'en Italie. Selon des observateurs, la France demeure l'épicentre de cette vague de contestation, sur fond de mécontentement social croissant.
Cet avertissement iranien fait écho aux préoccupations déjà exprimées par Téhéran quant à la gestion des manifestations en France.
Début octobre, l'Iran a convoqué l'ambassadeur de France pour dénoncer le recours disproportionné à la force par la police contre des manifestants majoritairement jeunes, dont des mineurs. Téhéran a également condamné les arrestations massives et les blessures infligées lors des opérations de maintien de l'ordre, notamment à la suite de l'utilisation de grenades.
Les autorités iraniennes ont dénoncé une politique de deux poids, deux mesures, soulignant que les capitales occidentales, qui donnent depuis longtemps des leçons aux autres pays sur le respect du droit de réunion pacifique, répriment sévèrement les mouvements de contestation sur leur propre territoire, alimentés par les difficultés économiques et les politiques d'austérité.
