Des colons israéliens attaquent une délégation diplomatique européenne en Cisjordanie occupée

Cisjordanie : l'agression d'un maire français révèle l'impunité des colons israéliens

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par Mizane Info

Samedi 17 octobre, le maire français Bernard Baudoux et plusieurs diplomates européens ont été agressés par des colons israéliens à Taybeh, en Cisjordanie occupée, alors qu'ils accompagnaient des Palestiniens participant à la récolte des olives. La veille, la photojournaliste américaine Heidi Levine avait été violemment passée à tabac.

Des  agressions qui illustrent l'escalade des violences commises par les colons israéliens contre les Palestiniens, désormais étendues aux représentants diplomatiques et aux journalistes étrangers. Malgré les protestations de Paris, Bruxelles et Varsovie, la rareté des poursuites judiciaires et l'attitude de l'état d'Israël alimentent les accusations d'impunité.

Un maire français jeté à terre par des colons israéliens

Les faits se sont déroulés samedi 17 octobre, près du village chrétien palestinien de Taybeh, à l'est de Ramallah. Une délégation composée de diplomates français, belges et polonais, de représentants religieux et d'élus français participait à une initiative de solidarité avec les agriculteurs palestiniens, régulièrement empêchés d'accéder à leurs oliveraies.

Parmi eux figurait Bernard Baudoux, maire communiste d'Aulnoye-Aymeries, dans le Nord, venu dans le cadre d'un jumelage avec Taybeh. Âgé de 78 ans, il était accompagné de son épouse et de l'archevêque de Cambrai, Vincent Dollmann. Selon The Guardian, plusieurs colons masqués, dont certains armés de bâtons, ont d'abord attaqué des agriculteurs palestiniens. Une femme septuagénaire a été agressée et un homme frappé à la tête, nécessitant six points de suture. Les assaillants se sont ensuite dirigés vers les représentants étrangers.

Bernard Baudoux, qui portait son écharpe tricolore et tentait de rejoindre un véhicule diplomatique, a été violemment projeté au sol. L'épouse du maire et l'archevêque ont également été menacés. La veille, à Abu Falah, la photojournaliste américaine Heidi Levine, collaboratrice du Washington Post, avait été passée à tabac alors qu'elle documentait la récolte des olives. Hospitalisée, elle souffrait notamment de fractures aux côtes et aux vertèbres.

Paris condamne, Bruxelles réclame des sanctions

Les attaques ont provoqué des réactions dans plusieurs capitales européennes. Dimanche, le ministère français des Affaires étrangères a condamné l'agression visant Bernard Baudoux et les représentants consulaires, exigeant que les responsables soient traduits en justice. Paris a réaffirmé son opposition à la colonisation israélienne toutefois, aucune nouvelle sanction française n'a été annoncée à la suite de ces événements, illustrant les limites concrètes de cette condamnation diplomatique.

La Belgique a adopté une position plus explicite. Son ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a dénoncé l'agression de son consul général et annoncé vouloir poursuivre ses démarches en faveur de sanctions européennes contre les colons violents et leurs soutiens. La Pologne a également condamné les violences contre ses représentants, rappelant que les Palestiniens subissaient quotidiennement de telles agressions.

Du côté israélien, le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa'ar a condamné les violences, tout en reprochant aux diplomates de ne pas avoir coordonné leur déplacement avec l'armée. Benjamin Netanyahou a également invoqué cette absence de coordination, une position critiquée alors que les agressions ont été documentées.

Des colons rarement condamnés, une occupation protégée

Ces attaques ne constituent pas des incidents isolés. Selon l'organisation israélienne Yesh Din, plus de 170 agressions de colons ont été recensées depuis le 27 septembre, dans le contexte de la récolte des olives. Des Palestiniens ont été tués et de nombreuses terres agricoles endommagées. L'impunité des auteurs constitue un problème structurel. D'après Yesh Din, 93,8% des enquêtes policières clôturées concernant des violences commises par des Israéliens contre des Palestiniens en Cisjordanie entre 2005 et 2024 se sont terminées sans mise en accusation.

Les organisations de défense des droits humains dénoncent également le rôle des autorités israéliennes dans l'expansion des colonies et la protection des avant-postes. Les restrictions imposées aux agriculteurs palestiniens contribuent à leur exclusion progressive de certaines terres. L'agression d'un maire français et de diplomates européens soulève ainsi une question fondamentale : si des représentants étrangers peuvent être attaqués malgré leur statut, quelle protection reste-t-il aux Palestiniens confrontés quotidiennement aux violences des colons ?

source :  Mizane Info

 reseauinternational.net