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⚔️ 20/10/2026 reseauinternational.net  4min ⁎️ 5 #330579

Yémen : l'Égypte envisage une intervention militaire contre les Houthis

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par Mizane Info

Dimanche 18 octobre, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a réuni son Conseil de défense nationale, qui a annoncé son soutien à l'Arabie saoudite face à l'offensive des Houthis. Le Parlement égyptien a été convoqué en session extraordinaire pour examiner une éventuelle assistance militaire à Riyad, ouvrant la perspective d'un engagement direct du Caire dans le conflit yéménite.

C'est une évolution qui marque un rapprochement stratégique entre l'Égypte et l'Arabie saoudite, confrontée à une multiplication des attaques de missiles et de drones contre ses infrastructures. Entre protection du canal de Suez, dépendance économique envers le royaume saoudien et crainte d'un nouvel enlisement militaire au Yémen, Al-Sissi cherche à concilier solidarité régionale et prudence stratégique.

Al-Sissi entraîne l'Égypte dans la guerre ?

Réuni ce dimanche au palais présidentiel d'Al-Ittihadiya, au Caire, le Conseil de défense nationale égyptien a annoncé qu'il apporterait à l'Arabie saoudite toutes les formes d'assistance nécessaires pour préserver sa sécurité. Présidée par Abdel Fattah al-Sissi, cette réunion exceptionnelle rassemblait notamment le premier ministre, les principaux responsables militaires, les services de renseignement et les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et de l'Intérieur.

Dans son communiqué officiel, la présidence égyptienne affirme que la sécurité nationale saoudienne est indissociable de celle de l'Égypte et du monde arabe. Le Conseil promet également de protéger les ressources, l'intégrité territoriale et les lieux saints musulmans du royaume. Cette déclaration intervient après plusieurs attaques houthies contre les infrastructures saoudiennes, notamment l'aéroport international de Riyad et des installations de la compagnie pétrolière Aramco.

Samedi, Al-Sissi avait déjà annoncé sa volonté de demander une autorisation parlementaire pour fournir une assistance militaire défensive à Riyad. Selon la Constitution égyptienne, l'engagement de forces armées à l'étranger nécessite l'approbation des deux tiers des députés. Le Parlement s'est réuni dimanche à huis clos, mais sa décision a été reportée. Aucun déploiement militaire égyptien au Yémen ou en Arabie saoudite n'a donc été officiellement confirmé.

Canal de Suez, intérêts économiques et dépendance du Golfe

Derrière cette décision se trouvent des intérêts stratégiques et économiques considérables. L'Égypte dépend étroitement de ses relations avec les monarchies du Golfe, notamment de leurs investissements, de leur soutien financier et des transferts d'argent des millions d'Égyptiens travaillant dans la région. Mais l'enjeu concerne également la mer Rouge. Depuis les attaques lancées par les Houthis contre la navigation maritime, notamment en solidarité affichée avec les Palestiniens de Gaza, les perturbations du trafic ont lourdement affecté les revenus du canal de Suez.

Selon les chiffres cités par Al Jazeera, l'Égypte aurait perdu environ 11 milliards de dollars de recettes liées au canal depuis 2023. La sécurisation du détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique reliant la mer Rouge au golfe d'Aden, constitue donc une priorité pour Le Caire. L'envoi de troupes terrestres au Yémen apparaît toutefois très risqué. L'Égypte conserve en mémoire son intervention militaire dans la guerre civile yéménite des années 1960.

Sous Gamal Abdel Nasser, des dizaines de milliers de soldats égyptiens avaient été déployés pour soutenir les républicains contre les forces royalistes appuyées par l'Arabie saoudite. Cette intervention s'était soldée par de lourdes pertes humaines et un enlisement militaire.

Les Houthis mettent en garde Le Caire

La perspective d'un engagement égyptien a immédiatement suscité une réaction des autorités houthies à Sanaa. Dans une lettre adressée au président du Parlement égyptien, Yahya al-Raï, président de l'assemblée contrôlée par les Houthis, a averti que toute participation militaire du Caire aux côtés de Riyad représenterait un grave danger pour la sécurité nationale égyptienne.

Les Houthis accusent l'Arabie saoudite d'avoir repris les hostilités et imposé un blocus au Yémen. Le conflit connaît une nouvelle escalade meurtrière. Dimanche, des frappes attribuées par les autorités houthies à la coalition saoudienne ont fait au moins neuf morts, dont cinq enfants, dans la province de Saada. L'attribution de ces frappes reste à confirmer indépendamment.

Parallèlement, les Émirats arabes unis semblent renouer avec Riyad. Selon The Guardian, Abou Dhabi aurait accepté de reprendre son soutien financier à certaines forces yéménites du Sud, en contrepartie d'une couverture aérienne saoudienne. Aucun nouveau déploiement de troupes émiraties n'a toutefois été officiellement annoncé.

source :  Mizane Info

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