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Soudan : les attaques de drones aggravent une guerre de plus en plus difficile à contenir

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Komla YAWO

La multiplication des frappes de drones au Soudan fait peser une menace croissante sur les populations civiles, alors que la guerre entre l'armée régulière et les  Forces de soutien rapide (FSR) se prolonge depuis avril 2023. Plus de 250 morts ont été signalés dans une série d'attaques récentes, selon les bilans communiqués par différentes sources. Cette escalade illustre les difficultés à protéger les civils et à enrayer un conflit devenu une crise humanitaire majeure.

Au Soudan, les attaques de drones sont devenues l'un des signes les plus préoccupants de l'intensification des combats. Le 19 octobre 2026, Al Jazeera rapportait que plus de 160 personnes avaient été tuées en quelques jours dans plusieurs frappes à travers le pays. Le lendemain, un bilan communiqué par les autorités de la région disputée d'Abyei faisait état d'au moins 153 morts après une attaque contre le marché d'Amiet. Ces bilans, qui concernent plusieurs lieux et événements, témoignent de la gravité de la situation, même si toutes les circonstances ne sont pas vérifiées indépendamment.

Ainsi, les frappes aériennes et les drones explosifs exposent davantage les populations qui vivent, travaillent ou cherchent refuge dans des zones touchées par les combats.

Des drones qui élargissent les risques pour les civils

Le conflit oppose depuis avril 2023 les Forces armées soudanaises, dirigées par Abdel Fattah al-Burhan, aux Forces de soutien rapide, commandées par Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti. Né d'un affrontement sur le partage du pouvoir et l'intégration des forces paramilitaires dans l'armée, il s'est étendu à de vastes régions du pays.

L'utilisation croissante des drones donne une nouvelle dimension à cette guerre. Ces appareils permettent de frapper des positions éloignées, mais les attaques dans des zones habitées font peser des risques considérables sur les civils. Marchés, quartiers résidentiels et infrastructures essentielles figurent parmi les lieux touchés par les frappes signalées ces derniers jours. À Khartoum, trois enfants âgés de deux à six ans ont notamment été tués lors d'une attaque de drone, selon des informations rapportées par l'Associated Press.

Les responsabilités restent parfois contestées. Dans l'attaque meurtrière d'Al-Dibab, au Kordofan occidental, des représentants liés aux FSR ont accusé l'armée soudanaise, tandis que les deux camps s'accusent mutuellement de violences contre les civils. Cette difficulté à établir rapidement les faits complique la documentation des abus et la recherche de responsabilités.

L'ampleur du phénomène n'est toutefois pas nouvelle. En juin 2026, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme avait indiqué que plus de 1 000 civils avaient été tués par des frappes de drones au cours des cinq premiers mois de l'année.

Pourquoi la guerre au  Soudan est-elle si difficile à contenir ?

La multiplication des frappes ne peut être dissociée de l'enlisement politique et militaire. Aucun règlement durable n'a mis fin à l'affrontement entre les deux camps, tandis que les lignes de front évoluent et que les enjeux territoriaux entretiennent les hostilités. La région d'Abyei, disputée entre le Soudan et le Soudan du Sud, illustre également la manière dont l'insécurité peut déborder les zones directement concernées par les combats.

Les initiatives diplomatiques se heurtent à la méfiance entre les belligérants et aux désaccords internationaux sur les moyens de faire pression sur eux. Le 16 octobre, les États-Unis ont appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à soutenir une trêve humanitaire et à élargir l'embargo sur les armes. La proposition s'est heurtée à l'opposition de la Chine et de la Russie.

Pendant ce temps, les conséquences humanitaires s'aggravent. Les Nations unies estiment qu'environ 13 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur domicile et que 33,7 millions de personnes auront besoin d'une aide humanitaire en 2026. L'insécurité complique l'acheminement des secours, tandis que la destruction des infrastructures fragilise davantage l'accès aux services essentiels.

La multiplication des frappes de drones pose donc une question qui dépasse leur efficacité militaire. Comment empêcher que les civils ne deviennent les principales victimes d'une guerre sans issue politique claire ?

La protection des populations exige des enquêtes crédibles sur les attaques, le respect du droit international humanitaire et un accès sûr aux zones touchées. Mais ces mesures resteront insuffisantes sans une pression diplomatique coordonnée pour obtenir une cessation des hostilités.

Au Soudan, le danger est désormais double; une guerre qui se prolonge et des moyens de combat qui rendent les populations toujours plus vulnérables. Tant que les belligérants privilégieront la confrontation militaire au dialogue, les frappes de drones risquent de continuer à aggraver une catastrophe humanitaire déjà considérable.

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