USA

🇺🇸 22/10/2026 dedefensa.org  13min ⁑️ 7 #330830

Rapsit-Usa2026 : Manuel du coup d'État Pead

 Brèves de crise  

Sur quoi vont déboucher les midterms ? Si les démocrates l'emportent, Trump va-t-il connaître une paralysie qui conduira à une révolution complète (!) de la politique étrangère US (!) à propos de l'Ukraine et de l'UE ? C'est ce que ces deux acteurs, Zelenski et l'UE, en froid polaire avec le Trump-actuel, espèrent fiévreusement.

Désormais il existe chez eux cet espoir d'un renversement de cette situation pour des raisons dont quelques-unes sont très solides et dont le plus grand nombre ne sont que "devenues solides" à la suite d'un embrouillamini ainsi décrits pour note site et bientôt dans son contenu, - et qui n'est d'ailleurs pas fini, avec surprises-surprises à venir:

"une tempête de manipulations, de simulacres, de montages kafkaïo-zelenkistes (transfert ou non de renseignements US, 'Starlink' et 'Starshield', etc.) qui montre que la"guerre de l'information"du système de la communication peut jouer dans tous les sens-inverses grâce à son ' effet-Janus'"

L'espoir des deux larrons est donc une "prise de pouvoir" par les démocrates, si possible avec destitution de Trump. Est-ce si simple ? Est-ce aussi net ? Est-ce absolument avantageux pour eux ? Questions, questions, questions...

La valse des sommets

Il y a eu entretemps un ballet de possibilités de sommets à trois auxquels participeraient Trump et Poutine, et un troisième larron. Cela a commencé - l'affaire est toujours en pleine évolution avec tournants brusques et surprises possibles,- par une proposition de Trump pour une négociation à trois, avec l'Ukraine en plus du duo Russie-USA. sur la question d'une paix en Ukraine assortie, selon la vieille exigence volonté russe, de l'étude d'un système européen de sécurité. C'était pour la mi-novembre semblait-il sans condition préalable d'un cessez-le-feu qui est une exigence fondamentale de Poutine.

Prévue pour autour de deux semaines après les midterms, la chose montrait que Trump, initiateur de la propôsition, s'estimerait toujours comme le "président en charge" quelle que soit le résultat des midterms. Les premières réactions du Kremlin semblaient être  un certain intérêt sans enthousiasme excessif :

"La Russie est prête à des négociations tripartites avec les États-Unis et l'Ukraine afin de discuter des dispositifs de sécurité à mettre en place une fois le conflit terminé, a déclaré Iouri Ouchakov, conseiller au Kremlin.

" Cette annonce fait suite à près de trois heures d'entretiens, mercredi, entre le président russe Vladimir Poutine et Steve Witkoff, envoyé spécial du président américain Donald Trump, au palais Constantin, à Saint-Pétersbourg."

Mais aussitôt, une autre proposition a émergé après un long entretien (3 heures) entre Poutine et Witkoff, venu prestissimo à Moscou. Elle impliquait le rappel par Poutine de son inébranlable volonté du refus de négocier avec Zelenski. La perspective paraît alors beaucoup plus ambitieuse : une rencontre, plus qu'un sommet, à trois entre Trump, Poutine et le Chinois Xi ; cette fois, ce serait du très-très lourd. Même s'il est question d'une rencontre en marge du sommet de l'APEC, cela devient dans la rhétorique du Kremlin" un sommet historique "

"Le président russe Vladimir Poutine, le président chinois Xi Jinping et le président américain Donald Trump pourraient tenir une rencontre tripartite "historique" lors du sommet de l'APEC en Chine [18-19 novembre à Shenzhen, en Chine], a déclaré Iouri Ouchakov, conseiller au Kremlin. S'exprimant mercredi auprès du média russe Vesti, Iouri Ouchakov a indiqué que Pékin avait déjà entamé les préparatifs en vue de ces éventuels entretiens. "Tout le monde y est prêt, mais beaucoup de choses - si ce n'est tout - dépendent des hôtes chinois du sommet", a-t-il déclaré.

"La possibilité de discussions tripartites a également été évoquée lors d'une rencontre, mercredi à Saint-Pétersbourg, entre Vladimir Poutine et l'envoyé spécial américain Steve Witkoff, selon le Kremlin.

" Ouchakov a qualifié cette rencontre envisagée de potentiellement "historique", soulignant qu'il s'agirait de la première réunion des trois dirigeants sous ce format."

Il s'agirait alors du premier grand"sommet"du monde devenu multipolaire et les acteurs européens et ukrainien (Zelenski) seraient renvoyés sur la touche, inaugurant désormais leur place de figurants plus ou moins intelligents des évolutions historiques. Même si l 'Ukraine y serait éventuellement évoquée (que de conditionnels !), ce ne serait certainement plus le sujet central.

Mais revenons à notre sujet central à nous, dans ce texte,, qui n'est curieusement pas cet éventuel"sommet historique"mais la situation de Trump qui deviendrait un président"historique", - et grands dieux, interrompt-on la marche d'un tel président"historique", interroge l'ironique qui anime ces diverses narrative ? La question redevient alors posée de savoir si ce sommet, ou ce tourbillon de"sommets", ne donne pas à Trump l'occasion d'une manœuvre renforçant sa position contre les démocrates avant les midterms. On en revient ainsi sur cet aspect des choses qui est l'essentiel de notre sujet pour la situation présente selon le choix de notre analyse.

Intervention de Scott Ritter...

Passons au commentateur Scott Ritter, dont les analyses sont en général intéressantes mais également assez brutales et catégoriques, et peuvent être aussi bien fondées que terriblement erronées, - un autre genre que Mercouris (que nous jugeons"plus sûr") mais que nous ne rejetons pas systématiquement (Ritter) pour autant.

Le cas ici est que ses considérations sont précises et éventuellement originales et correspondent assez bien au caractère narcissique de Trump. Scott Ritter était interrogé  le 20 octobre par Glenn Diesen sur son réseau. Il a parlé avec son style brutal habituel de la position extrêmement faible des européens face aux révoltes intérieures dans leurs pays, leur très faibles moyens d'aider l'Ukraine, etc., en général sur un ton très méprisant.

"Je ne donne pas longtemps à l'Union européenne avant de s'effondrer. Ils ne peuvent pas survivre. Ils n'ont pas d'argent. Ils n'en ont pas. L'Europe se désagrège. Vous savez, les deux cœurs de l'Union européenne, Paris et Berlin, sont en train de décliner du point de vue de l'Union européenne et le reste de l'Europe suivra.

"Donc je pense que c'est un peu comme le capitaine du Titanic qui après avoir heurté l'iceberg croit d'une manière ou d'une autre avoir colmaté la brèche et que tout va bien. Alors il dit"Continuez à jouer, continuez le dîner, continuez la musique, continuez à faire danser les gens". Non ! Votre navire est en train de couler. Le navire européen est en train de couler et il va couler plus vite encore parce qu'il s'aliène un homme qui a la capacité de littéralement débrancher l'Europe et de tout arrêter."

Ritter s'est surcout attaché à la position de Trump et aux possibilité qu'il a d'outrepasser des résultats défavorables des midterms. Nous entrons alors sur une terra incognita de la possibilité d'un coup de force institutionnel de Trump pour annuler les résultats de l'élection sous l'un ou l'autre prétexte. Il s'agit essentiellement de la loi secrète dite-PEAD ('Presidential Emergency Action Documents') instaurant "légalement" l'état d'urgence.

"Donc si j'étais européen, je regarderais ça [une victoire démocrate aux midterms] et je me dirais peut-être qu'il est dans notre intérêt d'affaiblir Trump dans les urnes afin de faire élire les démocrates. Car historiquement les démocrates se sont alignés sur nous. Nous reviendrions à des politiques du type Biden. Tout irait très bien.

" Mais si je les conseillais, je leur dirais "Vous ne comprenez pas Donald Trump et vous ne comprenez pas la réalité politique américaine". Vous savez, depuis l'époque de Dwight Eisenhauer, le Congrès a élaboré ce qu'on appelle les directives d'action d'urgence du président (PEAD). Les PEAD font partie du dispositif de continuité du gouvernement qui prévoit comment nous survivrions en cas de guerre nucléaire. Et l'idée initiale a été effectivement que ces PEAD ne pouvaient être mises en œuvre qu'en cas de conflit nucléaire. Mais après le 11 septembre, le Congrès a redéfini les menaces pour y inclure les actes de terrorisme et le risque d'armes de destruction massive. Et puis après la pandémie, il y a eu aussi l'inscription de cette question sanitaire. Les directives présidentielles d'urgence ont été réécrites de sorte que le président des États-Unis puisse pratiquement quand il le souhaite déclarer une urgence nationale et mettre en œuvre une législation déjà inscrite dans la loi. Une législation qui de facto fait de lui un dictateur et instaure une dictature militaire aux États-Unis.

"Et je pense que les Européens doivent comprendre que Donald Trump est le genre d'homme à utiliser ces directives s'il perdait une élection de mi-mandat au point de mettre son héritage politique et son bien-être personnel en danger. On l'a vu avec Benjamin Netaniaahu en Israël. Il est prêt à sacrifier la nation pour préserver sa viabilité politique.

" Et je crois sincèrement que Donald Trump est le genre d'homme qui s'il perd les élections de mi-mandat, pourrait instaurer ou déclarer l'état d'urgence nationale et mettre en œuvre des directives d'action présidentielles d'urgence qui empêcheraient les démocrates de prendre leur fonction le 1er janvier. La revanche qu'il exercerait alors sur le plan intérieur comme à l'échelle mondiale serait ahurissante parce qu'il serait alors un dictateur sans aucune contrainte.

"Alors allez-y Europe, jouez à ces jeux, jouez à des jeux stupides. Comme je l'ai dit, je crois sincèrement que l'Europe telle qu'elle existe aujourd'hui est en train de disparaître."

Qu'est-ce que les PEAD ? (AI-Gemini)

Nous avons demandé à l'IA-Gemini de nous donner une description succincte des PEAD. Ce qu'il en ressort, c'est que cette législation qui ne peur être modifiée que par des organes de l'exécutif sans aucun contrôle du Congrès, se trouve actuellement dans une situation justement de complet secret qui permet toutes les manipulations... Un territoire particulièrement fécond et privilégié pour un homme conne Trump, qui se trouve effectivement dans une position proche de Netanyahou, menacée de poursuites pénales et de prison s'il n'est plus protégé par son statut de président (cas d'une destitution). Il s'agirait donc d'un narcissique d'une part aux abois, d'autre pat ne reculant devant rien pour se protéger et poursuivre l'exercice incontrôlé du pouvoir pour imprimer sa marque dans l'histoire.

Voici ce que nous en dit l'IA Google-Gemini, comme d'habitude en se gardant de prendre position, et surtout pas d'évoquer les cas de "prise de pouvoir".

"Oui, ce pouvoir exceptionnel existe bel et bien. Il s'agit des Documents d'action d'urgence du président (Presidential Emergency Action Documents ou PEAD), mis en place pour la première fois sous l'administration de Dwight D. Eisenhower au cours des années 1950.

Conçus en pleine guerre froide face au risque d'une attaque nucléaire soviétique, ils s'inscrivaient à l'origine dans les plans secrets de continuité du gouvernement (Continuity Of Government).

Voici ce qu'il faut savoir sur ces instruments juridiques très particuliers :

Nature et fonctionnement

  • Des textes pré-rédigés : Les PEAD sont des projets de décrets administratifs (executive orders), de proclamations présidentielles et de messages au Congrès préparés à l'avance.
  • Une mise en œuvre immédiate : Ils sont conçus comme des formulaires prêts à être signés instantanément par le président en cas de crise absolue (comme une invasion ou une catastrophe majeure), lorsque les processus gouvernementaux normaux sont paralysés. Ils font partie de la"mallette d'urgence"qui accompagne le président en permanence.

L'étendue des pouvoirs visés

Bien qu'aucun document n'ait été officiellement divulgué ou totalement déclassifié, des archives de l'administration et des mémos du FBI ont révélé que les versions historiques de ces textes prévoyaient des mesures extrêmes violant parfois les libertés individuelles de manière drastique :

  • La suspension de l'habeas corpus (la garantie contre la détention arbitraire).
  • L'établissement de la loi martiale.
  • La censure des médias, de la presse et des télécommunications.
  • L'arrestation et la détention préventive de personnes jugées"dangereuses pour la sécurité nationale".
  • Des restrictions strictes sur les déplacements internationaux.

Le secret et la controverse actuelle

Les PEAD continuent d'exister aujourd'hui et font l'objet de révisions régulières par la FEMA (l'Agence fédérale des situations d'urgence) et le ministère de la Justice.

Ils suscitent d'importants débats constitutionnels, notamment portés par des organisations comme le  Brennan Center for Justice. En effet, puisque ces documents restent classifiés secrets, ils échappent totalement au contrôle du Congrès et des tribunaux, ce qui pose une question majeure de séparation des pouvoirs aux États-Unis."

Des PEAD au COG

L'hypothèse de Ritter est une parmi le fourmillement de suppositions, complots divers, etc., autour de Trump et des midterms. Au reste, c'est un thème sinon un théâtre depuis longtemps d'actualité que cette saisie du pouvoir par divers complots et actions souterraines depuis le 11 septembre 2001 et les divers enquêtes menées autour de la doctrine officialisée de la COG ('Continuity of Gouvernement'), qu'on peut voir décrit avec minutie par Patrick Cockburn dans  son livre 'Caligua au Pentagone' (Rumsfeld, secrétaire à la défense entre 2001 et 2007, puis auparavant travaillant dans ces domaines des sortes de "complots officiels" divers pour la prise en main du gouvernement, est le "Caligula" de Cockburn).

Tout cela se retrouve regroupé dans la thèse de l'"Etat profond" de Dale Scott, qui ne fait qu'ajouter une complication et un terme fascinant de plus dans cet imbroglio de nœuds gordiens. On voit alors parfaitement combien le débat en parallèle des PEAD est une constante des USA depuis les années 1950 et l'établissement du Complexe Militaro-Industriel, - mais on voit aussi qu'elle arrive aujourd'hui à son paroxysme.

Avec les PEAD, Trump ne ferait que rajouter un chapitre de plus à cette longue litanie des complots et des actions souterraines, mais cette fois il le ferait à à ciel ouvert, dans une situation de crise ouverte et observée par tous, et avec en jeu des intérêts personnels allant jusqu'au sort physique de diverses personnes dont lui-même. C'est-à-dire qu'on ne pourrait plus dissimuler l'état extraordinairement délabré du gouvernement des États-Unis tandis que la pseudo-dictature établie au travers des PEAD entraînerait par réactions antagonistes des mouvements insurrectionnels divers. Trump ne ferait qu'établir, d'une façon plus décidée comme il sied à un pervers-narcissique qui a l'avantage de l'âge et du caractère sur l'autre, une parallèle ainsi tracée aux derniers mois de présidence de Macron émaillés d'hésitations pour l'établissement de machins de type états d'urgence. L'ensemble rend un tableau de complet désordre que plus personne ne peut contrôler, qui vaut en plus dévastation des vertueuses normes du transatlantisme... Que voulez-vous qu'on fasse de l'Ukraine dans ce gigantesque foutoir ?

En effet, et pour revenir à notre sujet central, si l'hypothèse de Ritter est infondée, si Trump ne tente rien du côté des PEAD et devient prisonnier des démocrates, ceux-ci s'empresseront de le mettre en accusation puis de le destituer, - d'ailleurs le plus stupidement du monde, par haine pure, au lieu de ne pas le conserver à la Maison-Blanche pour tenter d'en faire une marionnette impuissante,.. Mais encore faudrait-il qu'il se laissât faire et qu'il n'utilisât pas ses maigres pouvoirs restants pour lancer des désordres divers qui rendront le Congrès aussi impuissant que lui-même... Impuissance contre impuissance,- est-ce là l'American Dream ?

Enfin, s'il est destitué, les démocrates hériteront logiquement de JD Vance comme président, et n'est-ce pas là un nouveau et grave problème à résoudre, peut-être plus grave que Trump ?... Mais n'essaieront-ils pas liquider Vance en même temps que Trump, contournant largement des lois fondamentales et suscitant à leur tour des désordres difficiles à maîtriser ? Questions, questions, toujours des questions... Et le plus ironique étant que si les démocrates ne gagnent pas les midterms, la majorité républicaine de Trump où se glisseront un certain nombre d'anti-MAGA, nécessairement limitée et échaudée par les frasques de son président, promet de lui poser bien des problèmes.

Là-dessus, nous voyons et répétons que nous sommes bien loin, et de Zelenski, et des européens de l'UE. La boîte de Pandore d'une sorte de guerre civile sera ouverte, dans ce cas américaniste comme à peu près dans tous les cas ; avec des suites transatlantiques.

Mis en ligne le 22 octobre 2026

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