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Le président français Emmanuel Macron avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune, lors du deuxième jour du 50e sommet du G7 à Borgo Egnazia, dans le sud de l'Italie, le 14 juin 2024. [Photo d'archives]
Paris aurait sollicité Alger pour obtenir rapidement des volumes supplémentaires de pétrole et de gaz naturel liquéfié, selon le média spécialisé Attaqa. Cette démarche s'inscrit dans un contexte de tensions sur les marchés énergétiques, à l'approche de l'hiver, alors que les relations politiques entre les deux pays restent difficiles.
La France aurait demandé à l'Algérie d'augmenter "au plus vite" ses livraisons de pétrole et de gaz naturel liquéfié, rapporte le média spécialisé dans l'énergie Attaqa, qui cite des sources proches du dossier, dans un article publié le 19 octobre.
Selon cette publication, la demande française porterait sur une hausse urgente des approvisionnements afin de répondre aux besoins énergétiques du pays. Aucun volume supplémentaire ni calendrier de livraison n'a toutefois été communiqué publiquement. Le ministère algérien de l'Énergie n'avait pas répondu aux sollicitations du média au moment de la parution de l'article.
Cette démarche présumée survient alors que les marchés européens de l'énergie restent soumis à des tensions, sur fond de conflit au Moyen-Orient. L'approche de la période hivernale, marquée par une hausse habituelle de la consommation de gaz, renforce les enjeux de sécurité d'approvisionnement.
La proximité géographique de l'Algérie constitue un atout pour les livraisons vers la France, notamment par rapport aux importations en provenance de régions exposées à des perturbations du transport maritime. Alger figure parmi les fournisseurs de gaz et de pétrole du marché européen.
Des capacités soumises aux engagements contractuels
Selon Attaqa, les exportations de pétrole algérien vers la France auraient atteint environ 138 000 barils par jour en avril 2026, contre 43 000 en mars. Cette progression ne suffit pas à établir que l'Algérie dispose de volumes supplémentaires immédiatement disponibles pour répondre à une nouvelle demande française.
La capacité d'Alger à accroître ses livraisons dépendrait notamment des discussions entre les deux parties, des possibilités de production et d'exportation de Sonatrach, la compagnie nationale algérienne, ainsi que de ses engagements contractuels envers d'autres clients.
Le gaz naturel liquéfié est particulièrement concerné par ces contraintes. Une éventuelle hausse des livraisons à la France devrait tenir compte des contrats déjà conclus avec d'autres partenaires, en particulier européens. L'Algérie a en effet renforcé ses relations énergétiques avec plusieurs pays du continent depuis la réduction des livraisons russes.
L'Europe cherche à sécuriser ses approvisionnements
La France ne serait pas le seul pays européen à s'intéresser davantage au gaz et au pétrole algériens. L'Allemagne, l'Italie et l'Espagne ont aussi multiplié les échanges avec Alger autour de la coopération énergétique.
L'Italie a ainsi placé la question du gaz au cœur de ses discussions avec les autorités algériennes lors de la visite de la Première ministre italienne Giorgia Meloni en mars 2026. L'Allemagne cherche, de son côté, à diversifier ses sources d'approvisionnement, tandis que l'Espagne entretient des relations énergétiques étroites avec l'Algérie.
Ces sollicitations s'inscrivent dans un contexte de concurrence entre acheteurs pour l'accès au gaz. La capacité de l'Algérie à répondre à d'éventuelles demandes supplémentaires dépendra néanmoins de ses disponibilités et de ses engagements commerciaux existants.
Des relations politiques toujours délicates
La demande française rapportée par Attaqa survient alors que les relations entre Paris et Alger restent marquées par des différends diplomatiques, notamment sur le Sahara occidental, l'immigration, la sécurité et la mémoire de la colonisation.
Le président français Emmanuel Macron s'est aussi rendu dans quatre pays du Golfe, du 19 au 21 octobre, pour discuter de l'approvisionnement énergétique et de la hausse des prix des carburants.
À ce stade, aucune confirmation officielle de la demande française ni aucun accord portant sur des volumes supplémentaires n'ont été rendus publics. Les éventuelles conséquences de cette démarche sur l'approvisionnement de la France dépendront donc des discussions entre Paris et Alger et des capacités de livraison de Sonatrach.