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Nabih Berri, chef du Parlement libanais et Joseph Aoun, président libanais. [Image d'illustration]
Nabih Berri reconnaît une dégradation de sa relation avec le Hezbollah depuis la mort de Hassan Nasrallah. Amal diverge désormais sur la guerre régionale, les armes du Hezbollah, le gouvernement et le dialogue avec Riyad et Israël. Le tandem chiite tient encore, mais les tensions politiques et locales deviennent de plus en plus visibles.
Le tandem chiite libanais montre des signes de plus en plus visibles de tension. Le 22 octobre, le président du Parlement et chef du mouvement Amal, Nabih Berri, a reconnu que sa relation avec le Hezbollah était "plus étroite" à l'époque de Hassan Nasrallah. Une déclaration inhabituelle pour celui qui s'est longtemps efforcé d'afficher l'unité avec son principal allié.
Les divergences portent d'abord sur la stratégie régionale du Hezbollah. Depuis son engagement dans la guerre aux côtés de l'Iran en mars, Amal redoute que le Liban-Sud ne soit entraîné dans une nouvelle escalade dont la communauté chiite paierait directement le prix. Berri reproche notamment au Hezbollah de prendre certaines décisions militaires et régionales sans l'associer suffisamment.
Des affrontements ont eu lieu entre les partisans des deux camps
Le désaccord est également politique. Contrairement au Hezbollah, Amal adopte une attitude plus pragmatique envers le gouvernement de Nawaf Salam, refuse de provoquer sa chute et se montre davantage disposé à soutenir le principe d'un monopole des armes par l'État. Berri privilégie aussi les négociations indirectes avec Israël et le rapprochement avec l'Arabie saoudite, tout en restant critique vis-à-vis du cadre actuel des discussions.
Ces tensions commencent aussi à apparaître sur le terrain. Plusieurs affrontements entre militants ou sympathisants des deux formations ont été signalés ces dernières semaines dans des villages du Liban-Sud, parfois avec des échanges de tirs. Les directions d'Amal et du Hezbollah interviennent systématiquement pour éviter que ces incidents ne dégénèrent.
Il ne s'agit toutefois pas encore d'une rupture. Berri continue de servir d'intermédiaire entre le Hezbollah, l'État libanais et plusieurs acteurs étrangers. Mais le rapport de force change : Amal cherche davantage à protéger les intérêts libanais et chiites face à une nouvelle guerre régionale, tandis que le Hezbollah reste lié à la stratégie iranienne.