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🇺🇸 23/10/2026 dedefensa.org  7min ⁑️ 3 #330955

Rapsit-Usa :la Vérité de la Postvérité

 Brèves de crise  

Voilà une belle aventure survenu au pays des merveilles qui fut la torche flamboyante de la modernité, qui inventa, notamment grâce aux apports de l'intelligente culture française, la déconstruction, le simulacre et la postvérité. C'est une expérience menée en temps réel et vérification officielle, certifications, confirmations, satisfactions, le Diable blagueur et tout son train.

C'est une histoire de sondeurs, on parle des statisticiens des intentions de vote. Le pot-aux roses qui pourrait être une urne électorale nous est offert dans toute sa splendeur à moins de deux semaines des élections de mi-mandat, évidemment cruciales, du mi-mandat qui pourraient être une des clefs de la survie de l'Amérique (voyez Lincoln-1839). Wedgewood Polls, la vedette du show, a publié un superbe communiqué où il explique, presque sourire aux lèvres et clin d'œil en bandouillère, les tenants et les aboutissants de ce qui fut d'abord et essentiellement,- selon les termes du communiqué, - rien de moins qu'"une expérience sociale"... Mais "expérience sociale" sur quel aspect du sujet ?

Bref, les Russes  ne se privent pas d'en parler, on les connaît, et pour une fois que "cépalesrusses".

"D'importants médias américains ont relayé des sondages électoraux fabriqués, suggérant une progression des démocrates. Cette opération, qui durait depuis des mois, a ainsi acquis une crédibilité nationale avant que des enquêteurs ne mettent au jour le caractère fictif de ses données.

" Wedgewood Polls, apparu en juin, a bénéficié d'une couverture médiatique dans des publications telles que 'Newsweek', 'The Daily Beast' et 'The Hill'. Ses enquêtes ont même été intégrées dans des bases de données de sondages gérées par le 'New York Time', l'analyste électoral Nate Silver et d'autres agrégateurs de premier plan.

" Mardi, toutefois, après avoir été interpellé par des chercheurs du site d'analyse électorale 'FiftyPlusOn', Wedgewood a reconnu que la quasi-totalité de ses sondages étaient faux. Le groupe a qualifié cette supercherie d'"expérience" visant à tester la facilité avec laquelle une entreprise fictive pouvait se faire connaître.

" "Nous voulions tester une hypothèse simple : est-il facile pour un institut de sondage entièrement inventé de gagner en visibilité, d'être pris au sérieux, et de démontrer le manque de vérification au sein des médias et du débat public ? La réponse courte : bien trop facile", a déclaré le groupe dans un communiqué de presse.

" Wedgewood a souligné que, bien qu'il ne dispose d'aucun historique, d'aucune accréditation officielle ni de données réelles, il a été intégré par plusieurs grands agrégateurs de sondages, considéré comme une source d'information légitime, et même cité à l'antenne par des médias grand public comme 'MS NOW'."

On souffle un peu avant d'évaluer les dégâts car l'"expérience sociale" en a causé pas mal, et de sérieux. Pae exemple, elle a contribué largement au retrait des primaires démocrates pour la désignation du candidat du parti de la sénatrice (démocrate) du Michigan Mallory McMorrow. C'est un effet opérationnel concret : avec ses "sondages" largement exploités par la presse et défavorables à McMorrow, Wedgewood a découragé ses donateurs et l'activisme de ses militants de base, et par conséquent accéléré peut-être décisivement sa décision de retrait/

"Avant les rétractations, les chiffres de Wedgewood avaient alimenté les rumeurs d'une progression des démocrates avant les élections de mi-mandat. Ses sondages prétendaient montrer les candidats démocrates au Sénat en tête dans des bastions républicains comme le Texas, l'Ohio et le Kansas.

" Ces chiffres ont également circulé dans les médias de campagne. Une campagne sénatoriale démocrate du Mississippi a cité un résultat falsifié comme preuve d'"une dynamique impressionnante".

" D'autres résultats inventés ont nui aux candidats. La sénatrice de l'État du Michigan, Mallory McMorrow, a déclaré qu'un sondage bidon montrant un effondrement de son soutien avait tari les dons et démoralisé les bénévoles avant son retrait de la primaire démocrate au Sénat en juillet.

" Des questions concernant Wedgewood circulaient depuis des mois, mais ces sondages continuaient d'être publiés dans les médias et les bases de données de sondages. 'FiftyPlusOne' a finalement mis au jour la supercherie en examinant les données sous-jacentes des sondages et en vérifiant les incohérences avec la plateforme que la firme prétendait utiliser."

C'est une affaire du plus grand intérêt. Nous ne voulons pas parler de morale (celle des pseudo-sondeurs), de naïveté par précipitation dans l'ambiance brûlante de la campagne (omniprésence des communicants avides de prévisions), de légalisme (risquent-ils des mises en cause juridiques ?), de l'état des lieux décrépits de la démocratie (dépendance aveugle de tout ce qui a l'apparence d'une certitude quantitative de l'avenir). Nous parlerons plutôt du Système dont l'Amérique est la torche flamboyante (bis repetitat pour que nul n'en doute jamais).

Tout est vrai (faux), même le faux (vrai)

Effectivement, c'est des États-Unis qu'est apparu opérationnellement la notion de "postvérité" ; par exemple, quand un Karl Rove, conseiller en communication de GW Bush, ou Bush Jr., s'exclamait en 2002 que désormais ce n'était plus l'histoire qui disait sa propre vérité, mais eux-mêmes, dans leur toute-puissance, qui dictait à l'histoire la vérité de l'histoire. On se rappelle de cette citation plusieurs fois répétée par nous, et le  21 décembre 2020, justement sous le titre de "Maturité de la postvérité"

"Nous sommes un empire maintenant et quand nous agissons nous créons notre propre réalité. Et alors que vous étudierez cette réalité, - judicieusement, si vous voulez, - nous agirons de nouveau, créant d'autres nouvelles réalités, que vous pourrez à nouveau étudier, et c'est ainsi que continuerons les choses. Nous sommes [les créateurs] de l'histoire... Et vous, vous tous, il ne vous restera qu'à étudier ce que nous avons [créé]."

Wedgewood a agi dans une atmosphère de totale postvérité, où la vérité n'existe plus parce qu'elle n'a plus aucune importance et que, vu notre force et nos capacités divines à nous espèce huimaine, nous nous passons complètement d'elle. Cette société a agi, dans la plus complète "légalité" que donnent la confiance des commentateurs et le prestige des grands titres de la presse, d'ailleurs tous à l'ère de la postvérité où l'on manie avec enthousiasme simulacres et mensonges... Exactement, l'on peut parler de "légalité" puisque, la vérité n'existant plus, la légalité formelle disparaît avec elle et survit péniblement là où les intérêts des grosses puissances politiques et financières ne sont pas en jeu, ni en nécessité de protection.

Alors, disons que Wedgewood a été "un pont trop loin" (mais hein, c'était une "expérience sociale") dans le simulacre, et surtout qu'il existe une prolifération de sites critiques (on ne parle pas des délateurs officiels de la presseSystème), plutôt indépendants et exigeants, attachés à certaines règles et à quelques débris de vérités, - " vérités-de-situation", si l'on veut, - qui ne ratent pas, enquêtes faites, toutes les cibles possibles renvoyant évidemment à l'entièreté des structures du Système. Dans ce cas, il s'agit de la structure du système électoral dont tout le monde sait qu'il est orienté vers le fonctionnement, y compris les fraudes et les manipulations, des mécanismes du Système reposant sur le "Parti unique", aile démocrate et aile républicaine réunies.

Or, cette possibilité d'attaquer ces structures est un fondement caricaturé et autodestructeur de la dynamique du Système. Cette fois, ce fut "un pont trop loin", et sans doute, et certainement y en aura-t-il d'autres, et de plus en plus, tant la décrépitude du Système est grande. A chaque fois, ce "pont trop loin", celui de Wedgewood dans ce cas, met en évidence les tares du Système, - dans ce cas, la viabilité et la continuité des techniques de sondage avec toutes leurs tares supposées ou réelles, les interférences des intérêts et des partis, les paiements occultes, etc. En effet, Wedgewood va être vilipendé et mis à l'index (est-ce si sûr d'ailleurs ?) mais c'est toute la profession des sondeurs qui va être mise en cause, avec leurs approches biaisées, leur tendances rémunérées à mettre l'accent dans tel sens ou dans tel autre. Tous ceux-là se trouvent sur "un pont avant le pont trop loin" qui va devenir lui-même "un pont trop loin" dans l'esprit des électeurs. Voilà comment la boucle est bouclée pendant que se poursuit la descente du Système dans sa fascination pour son autodestruction.

Pour l'immédiat, imaginez la panique des états-majors politiques à dix jours des élections, la fureur et les plaintes en préparation de ceux qui ont souffert de Wedgewood, - pas nécessairement contre Wedgewood, qui n'est peut-être pas justiciable, mais dans tous les cas contre les résultats du 5 novembre.

En fait, c'est comme s'il y aurait de quoi instaurer un état d'usage en utilisant l'autorité  des PEAD, n'est-ce pas président Trump ?

Mis en ligne le 23 octobre 2026

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