
Comment remédier au chaos en Europe ? En cessant d'attiser la russophobie
Par Finian Cunningham, le 23 octobre 2026
Les dirigeants européens doivent trouver la détermination nécessaire pour cesser d'attiser la guerre contre la Russie et s'engager dans une démarche diplomatique avec Moscou.
Il existe un moyen simple de remédier au chaos social qui secoue l'Europe, tout comme à la guerre en Ukraine qui menace d'engloutir le continent. Un moyen tout simple - qui ne consiste pas à truffer le nez de Zelensky de davantage de poudre blanche aux frais du contribuable européen.
Les dirigeants européens doivent trouver la détermination nécessaire pour cesser d'attiser la guerre contre la Russie et s'engager dans une démarche diplomatique avec Moscou pour établir une architecture de sécurité globale (comme la Russie l'a proposé dès décembre 2021). Cela permettrait de sauver les nations européennes d'une dette insoutenable alimentée par le militarisme et la kleptocratie de Kiev, dont le dirigeant fantoche est manifestement en train de sombrer dans la dépendance à la cocaïne.
Partout en Europe, les villes ont l'air de zones de combat : manifestations de masse, tensions publiques, bâtiments en feu, magasins pillés, forces anti-émeutes chargeant la foule à coups de matraque et foules masquées s'en prenant aux autorités. La France est la plus touchée par la violence de rue, mais l'Italie, la Belgique et d'autres le sont également. L'Espagne et le Portugal voient leurs villes se transformer en camps de tentes lors de manifestations contre le manque de logements accessibles.
Dans cette agitation, on perd de vue le problème fondamental.
Des masses de gens souffrent de privations économiques. Pourquoi leurs besoins individuels et sociaux ne peuvent-ils pas être satisfaits de manière efficace et efficiente ? Pourquoi n'y a-t-il apparemment pas d'argent pour redresser des sociétés en déliquescence ?
Des couvre-feux sont décrétés à Paris et dans plusieurs villes de France, tandis que l'Italie s'apprête à déployer des soldats à Milan pour rétablir un semblant d'ordre. Des milliers d'arrestations ont eu lieu ces derniers jours. La révolution est dans l'air, tout comme la sinistre possibilité que des gouvernements soi-disant démocratiques basculent vers des dictatures de type État policier.
Cette situation instable et explosive invite à chercher des boucs émissaires.
Le président français Emmanuel Macron s'est exprimé à la télévision nationale pour dénoncer les "groupes d'ultra-gauche" qui, selon lui, tentent inconsidérément de détruire la France.
Même le président américain Donald Trump s'en mêle pour affirmer qu'une nation autrefois grande (la France) serait "envahie par les immigrés, les djihadistes et les communistes".
On a aussi pu entendre, comme on pouvait le prévoir, des accusations dans les médias occidentaux selon lesquelles la Russie attiserait les troubles à travers l'Europe.
Une autre manœuvre de diversion consiste à faire passer les gouvernements européens pour des administrations à court d'argent, incapables d'apporter des solutions à la crise du coût de la vie et à la détérioration des services publics. Les gouvernements et médias ont tendance à présenter le problème comme une question d'équilibre budgétaire, de dépenses sociales excessives, de vieillissement de la population ou d'autres facteurs démographiques.
Les nations européennes, nous disent les experts, sont lourdement endettées et subissent la pression des marchés obligataires pour renforcer l'austérité en réduisant drastiquement les dépenses publiques. Le défi pour la France et d'autres gouvernements serait qu'ils
"n'ont plus la marge de manœuvre budgétaire nécessaire pour simplement injecter davantage d'argent pour résoudre ces problèmes",
comme l'a formulé un commentateur.
Un autre commentateur a déploré que
"Les gouvernements paralysés semblent n'avoir aucune solution à apporter aux revendications virulentes du public, risquant ainsi d'attiser encore davantage le mécontentement".
En d'autres termes, nous dit-on, "il n'y a pas d'alternative à l'austérité", pour paraphraser la défunte dirigeante britannique Margaret Thatcher.
Mais cette prémisse ne présente, de manière trompeuse, qu'une fraction de la réalité. L'élément crucial passé sous silence tient à l'injection inconsidérée de fonds destinés à alimenter la guerre en Ukraine et à renforcer de manière démesurée leurs propres forces armées. Ce gaspillage et cette mauvaise affectation des ressources sont "justifiés" par une diabolisation incessante et aberrante de la Russie, présentée comme une "menace pour l'Europe".
Les médias jouent le rôle d'amplificateurs de cette propagande.Les médias ne remettent pas en question, et encore moins ne dénoncent la façon dont les économies européennes sont épuisées par une stratégie de guerre par procuration contre la Russie, qui les a coupées de l'énergie russe bon marché - véritable poumon de l'industrie - et qui, pour couronner le tout, leur a fait contracter des centaines de milliards de dette en soutenant le régime de Kiev, gangrené par la corruption.
Ce régime est en train de perdre la guerre contre la Russie, à court de conscrits à envoyer au casse-pipe. Pourtant, les gouvernements européens s'obstinent à poursuivre cette guerre insensée en accordant des financements toujours plus généreux au régime de Kiev.
Kaja Kallas, la haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères, a menti cette semaine en affirmant que "l'Ukraine se serait rendue depuis longtemps sans le soutien européen". C'est donc reconnaître tacitement que l'UE et la Grande-Bretagne alimentent la guerre. Elle a également accusé l'administration Trump de contraindre l'Ukraine à capituler. Dans sa vision déshumanisée, la diplomatie et la paix seraient synonymes de capitulation.
Les sociétés européennes sont privées des ressources financières essentielles aux services publics et aux infrastructures vitales, au nom frauduleux de la "défense" de l'Ukraine dans une guerre qui dure depuis près de cinq ans. Aucune issue ne sera trouvée si les dirigeants européens parviennent à leurs fins.
La bureaucratie non élue de l'Union européenne a versé 90 milliards d'euros au régime de Kiev pour les seules années 2026 et 2027, en plus des plus de 200 milliards d'euros déjà alloués. Et cette générosité ne suffit toujours pas. La dictature de Zelensky réclame 70 milliards d'euros supplémentaires, et les élites russophobes de l'UE s'empressent de lui donner satisfaction.
Pas étonnant que les sociétés européennes s'effondrent comme des châteaux de cartes sous le poids du sous-investissement et des difficultés généralisées liées à la flambée du coût de la vie. L'implosion sociale est la conséquence directe d'une politique de militarisme et de guerre, une politique que les élites européennes mènent en toute impunité et sans rendre de comptes.
Quelle que soit la définition, il s'agit bien d'une dictature.
Cette description de gouvernements européens aux moyens financiers limités et impuissants n'est qu'une illusion. Ces restrictions ne sont pas naturelles pour les sociétés. Elles sont la conséquence d'une politique délibérée et criminelle de bellicisme.
Alors épargnez-nous les boucs émissaires et les manœuvres de diversion.
Épargnez-nous les couvre-feux et les appels à l'instauration de pouvoirs d'urgence policiers pour réprimer les "casseurs et les extrémistes". Ces mesures de diversion font le jeu de la classe dirigeante qui s'est elle-même délégitimée en parrainant la guerre en Ukraine, en soutenant l'agression américaine contre l'Iran et le Yémen, et en se rendant complice du génocide israélien à Gaza et au Liban.
Contrairement à ce qu'affirment les politiciens et les experts qui prétendent qu'il n'y a "pas de solution facile" au chaos qui éclate en Europe, si, il y en a une. Les gouvernements européens doivent cesser d'alimenter la guerre en Ukraine et gérer efficacement leurs sociétés conformément aux besoins démocratiques.
Cependant, cette solution rationnelle et réalisable est probablement irréalisable dans le contexte politique actuel. Les élites qui contrôlent le système sont incapables de mener à bien une réforme significative. Elles ne s'engageront pas dans une diplomatie permettant de trouver un règlement pacifique en Ukraine avec la Russie.
Le résultat risque donc d'être soit une consécration de la dictature naissante et la répression des revendications sociales légitimes du peuple, soit une victoire du peuple qui balayera les régimes corrompus se faisant passer pour "démocratiques".
Traduit par Spirit of Free Speech